Le blog high-tech et telecom de Xavier Studer

Société de l'information et multimédia en Suisse.

Le modèle Google vaut mieux qu’une mauvaise politique

avec 16 commentaires

Le service Google AdWords.

Le service Google AdWords.

Google fait beaucoup d’argent sur internet en proposant à tour de bras des produits gratuits, de qualité, mais agrémentés de publicités. Il vient par exemple de réaliser un clip promotionnel « Hello World » pour son excellent service de cartographie Google Maps.

Evidemment, tant de succès suscite beaucoup de jalousie, notamment chez les éditeurs de journaux dont les modèles économiques n’ont pas beaucoup évolué depuis la fin du XIXe siècle. Même les chaînes de TV, pas forcément plus dynamiques, ont peur de Google. C’est dans ce contexte que la presse allemande a obtenu sa Lex Google…

Plutôt déroutant

Une loi qui va permettre aux éditeurs allemands de réclamer de l’argent au premier moteur de recherche mondial pour les articles qu’il référence gratuitement sur la toile. Oui, oui, vous avez bien lu, les éditeurs allemand veulent encaisser une compensation financière parce qu’ils sont référencés sur Google Actualités! Ils évoquent des questions de droits d’auteur.

Pire, cette décision, qui doit encore être validée par le Bundestag, semble faire des émules à travers le monde, notamment en France. Mais qu’en penser parce qu’à première vue, cela semble assez déroutant puisque des entreprises payent parfois très cher des consultants pour que leur site internet soit bien référencé, ce qui amène beaucoup de trafic…

Ces rédactions qui veulent être référencées

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Même les sites de presse d’ailleurs paniquent lorsqu’ils sont moins bien référencés que leurs concurrents sur les moteurs. Je pourrais donner nombre d’exemples en ce sens. J’ai même vu des rédactions prendre contact directement avec Google pour demander à être mieux référencées…

En effet, un groupe de presse qui propose gratuitement des contenus sur son site, a tout intérêt à drainer le public le plus large possible pour empocher ensuite l’argent de la publicité. Et même si le titre en question propose du payant, il a tout de même intérêt à faire référencer un résumé, là aussi pour attirer du trafic.

L’exemple de l’annuaire

Mais peut-être n’ai-je pas été assez clair? Alors prenons un autre exemple. En Suisse, une entreprise qui veut obtenir plus de visibilité doit payer pour figurer en bonne place dans les Pages Jaunes! Or un moteur de recherche, c’est comme un annuaire, mais dans le monde moderne… En fait, Google devrait faire payer pour son service!

Presse ou pages jaunes: autant d’expressions d’une économie qui n’a jamais vraiment su se renouveler. Le véritable problème de la presse réside dans son modèle économique qui peine à se réinventer pour s’adapter au numérique  et dans ses multiples erreurs faites sur internet…

Gare à la pieuvre

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Même si l’on n’aime pas la pieuvre Google, qui rassemble chaque jour un nombre de plus en plus considérable de donnés sur nous, il faut lui laisser cette incroyable capacité qu’elle a eu à trouver son chemin dans l’ère numérique. Google, par exemple, s’est contenté de proposer des publicités très ciblées vendues quelques centimes pour faire sa fortune…

Et la tentaculaire société ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Selon eMarketer, elle domine clairement la publicité sur le mobile. Derrière, Pandora, Twitter, Facebook et Apple ont plus ou moins de succès. L’étude complète qui contient par ailleurs quelques indications assez intéressantes sur Facebook et Twitter.

Xavier Studer

Rédigé par Xavier Studer

10/09/2012 à 06:58

16 réponses

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  1. Ce sont des secteurs où règne le conservatisme. Telle l’entreprise du disque ou du cinéma qui ne veux rien savoir du mp3, vod, et autres formes d’achats légales et innovantes que les gens demandent. Ils vivent sur leur modèle économique depuis des lustres et il est bien plus simple pour eu de rester comme ça à encaisser l’argent plutôt que de chercher de nouveaux modèles, sans parler des honteuses marges qu’ils ne pourraient plus faire.
    Le piratage dans ce cas n’a pas que du mauvais et c’est un moyen pour le peuple de crier son ras-le-bol, et ça marche suffit de voir la VOD sur les box opérateurs et les services genre iTunes qui sont un succès, il a fallu pourtant leur forcer la main. C’est somme toute assez comparable, je n’encourage pas ce genre de pratiques mais Google fait peut-être bien de remuer et pousser un peu ces gens hors de leur terrier.

    DavidL

    10/09/2012 à 07:21

    • Comparaison judicieuse. D’autant plus qu’Apple par exemple, a réussi à vendre ces contenus sur le net…

      Xavier Studer

      10/09/2012 à 07:26

  2. Les éditeurs sont d’une autre époque et voient en l’internet le diable.
    Comment peuvent ils dire que Google leur « vole » du contenu alors qu’il met juste un lien et qui renvoi vers le site de l’éditeur ?
    Google n’a qu’à faire comme en Belgique, les supprimer des résultats des recherches et après, lorsqu’ils verront que leur trafic diminuera fortement, ils comprendront.
    Un lien sur Google actualités qui m’intéressait, je suis toujours allé plus loin pour le lire, donc sur le site de l’éditeur.
    Les entreprises qui n’évoluent pas et qui essayent de chercher l’argent chez les autres au lieu de chercher des solutions innovantes ne méritent plus d’exister.

    Eric

    10/09/2012 à 08:13

    • « Voient en l’internet le diable. »
      J’ai bien ris mais c’est tellement vrai :)

      DavidL

      10/09/2012 à 11:57

  3. Le jour ou un intermédiaire viendra se positionner (sans rien demander à personne, mais avec une énorme base d’utilisateur) entre votre business et votre client final, et que vous serez obligé de passer par eux sans quoi vous perdez votre business, tout au moins une part considérable, et qui en plus vous ponctionnera 30% (!!!) du prix pour leur ‘service’ (exemple: booking – ou en plus vous devez faire vous même les factures pour booking en tant qu’hotelier!!) On verra si vous penserez toujours que c’est super génial et qu’il faut vivre avec son temps …… (d’autres exemples, comme le passeport gourmand ou encore oh box sont dans la même optique, mais aussi les plateformes pour les livres numéqiues, etc…)

    Il est facile de cracher dans la soupe et de dire que les entreprises ne veulent pas évoluer. Beaucoup (mais malheureusement pas assez pour avoir du poids) refusent ces systèmes ou tous les mois un nouvel intermédiaire vient faire office de sangsue !

    grogeek

    10/09/2012 à 10:01

    • Si je prends cette théorie, elle s’applique à toute évolution technologique qui pourrait faire perdre de l’argent à des business: le télégramme qui a fait perdre le marché des messages postaux, le téléphone qui a fait perdre le marché des télégrammes, la machine à laver qui a fait perdre le métier des laveuses, et j’en passe…

      Je crois plutôt qu’il y a eu une rupture technologique avec l’arrivée d’Internet, que beaucoup de métiers doivent se transformer ou disparaître, et que pour le moment, les Majors et les maisons d’éditions veulent conserver l’exclusivité de la fabrication du beurre (et son argent, et la crémière) alors que désormais, tout le monde à une machine à beurre chez soit. C’est clair que l’arrivée d’Internet va mettre au chômage des millions de personnes, faire disparaître des milliers d’entreprises et des pans complets de secteurs d’activités, mais à contrario, va créer des millions d’autres métiers, des places de travail et des opportunités de réinventer de nouveaux business model.

      Alors non, je ne suis pour une fois pas d’accord avec toi, je pense que personne ne crache dans la soupe, il y a une réalité ce certaines entreprises arriérées refusent de voir, et elles en appellent à des moyens inadmissible pour garder des privilèges quasi-royaux. C’est tout! Et à moins de bosser dans un de ces rentiers du moyen-âge, je ne vois pas comment on peut les défendre.

      Alexandre

      10/09/2012 à 13:57

    • Grogeek, votre raisonnement est juste mais c’est justement à cause du refus de changement que l’on laisse une autre entreprise se placer. Souvent même il s’agit d’un intermédiaire déjà existant qui est menacé par un nouveau.
      Le problème c’est que ce sont souvent des cartels bien installés ou les prix ne sont pas forcément justifiés, et un conçurent qui arrive et pratique des tarifs « normaux » n’est pas bon pour leurs affaires. Vous parlez du livre, la situation Suisse est excellente pour figurer ceci.

      Les gens changent, le monde et l’économie aussi. Il faudra aussi changer c’est inévitable, vous y perdrez moins à innover qu’à rester là à attendre la chute, personne n’a dit que c’est facile et le but n’est pas de dire du mal par plaisir.

      DavidL

      10/09/2012 à 13:59

      • Attention mon propos est à mettre à l’échelle de PME. Pour les majors, ces organisations sont plus proches de la mafia de pseudo ayants droits.

        grogeek

        10/09/2012 à 15:04

      • Google produit du virtuel et fait de gros GROS sous avec, je pense qu’il est raisonnable qu’ils commencent à partager un peu leur gros gâteau !

        Christophe

        10/09/2012 à 15:15

    • Justement… Internet tend à éliminer les intermédiaire, ou du moins à les regrouper. Je suis abonné de manière « directe » et électronique à des magazines, sans passer par des « Edipresse » etc. qui ne font que les importer et les rendre accessible (version papier) au marché suisse. A l’ère d’Internet se pose la question des « producteurs » et autres grossistes (ou, au contraires, vendeurs au détail). Tu as raison, il y a tjrs qqun qui va chercher à se rendre indispensable. Mais le propre d’Internet est justement qu’à terme on se détourne ces parasites (cf : le piratage en musique). C’est le principe du ruisseau qui va toujours chercher le chemin le plus direct et le plus simple, même si pendant qq temps des groupes tentent de construire des barrage. (Excusez pour la comparaison kitchissime, mais je crois que c’est un peu ça.)

    • tout dépend si vous êtes obligé ou non passer par ces intérmédiaires et ce qu’il vous aporte. Les hoteliers qui font appel à ces intérmédiaires avaient déja du mal à remplir leur établissement, donc le mal était ailleurs.

      Pour moi qui travaille dans l’édition je me vois mal me passer d’un diffuseur et bien sur des libraires, tout cela à un coût supérieur au 30 % pris par tel ou tel. Donc le jour ou google & co me proposeront une diffusion correcte, je n’hésiterais pas

      stan

      10/09/2012 à 14:58

      • Je suis intéressé par ce domaine de l’édition, et m’intéresserait bien d’échanger à ce propos (au passage).

        Mais au jour d’aujourd’hui, qu’est-ce qu’une librairie diffuse mieux qu’un Google? Et entre l’impression et les différents coûts, est-ce que la marge prise par Google / Amazon / Apple est pas infiniment moindre que celle de la structure actuelle? Et donc offre plus de moyens à la promotion?

        Alexandre

        10/09/2012 à 16:13

  4. Le monde change comme quand sont arrivées les premières voitures.
    Les maréchaux ferrant qui ont senti tourner le vent sont devenus garagistes
    Les autres ont fait fallite.

    jojozuf

    10/09/2012 à 16:59

  5. Je rappelle que les éditeurs qui ne veulent pas être dans Google actualités peuvent faire la demande de ne pas y être !
    Quoi ? On me dit dans l’oreillette qu’ils perdraient trop de visiteurs et donc des pertes publicitaires ^^
    Je dis ça je dis rien, mais les éditeur veulent le beurre (les liens) l’argent du beurre (garder leur pub qu’ils ont grâce aux visiteurs en provenance de Google) et la crémière (faire payer Google)

    Eric

    10/09/2012 à 17:00

  6. Il faut dire aussi et surtout qu’Android contrairement à iOS permet plus de souplesse du fait de sont ouverture.
    Et il est donc du coups plus adapté aux besoins des consommateurs.
    En effet, si tu as besoins d’un mobile avec un stylet, avec un mini-beamer, un mobile étanche, avec un écran 3D, un petit modèle ou un grand écran… il y a un mobile pour cela.
    De plus, il commence à être partout, GPS, téléphones fixe, lecteurs multimedia, montres, radios, appareils de photos…
    Je suis informaticien et j’aime bien « expérimenter », je n’ai jamais eu l’occasion de « maltraiter » un iPhone comme j’ai déjà fait avec mes mobiles Android, donc je ne sais pas ce que l’on peut faire ou pas avec.
    Mais je sais que sur un mobile Android, cela vas très loin.
    Entre les « ROM » alternativent, les « lauchneur »alternatifs, les options et les personnalisations en plus sont impressionnantes.
    Sans compter les applications de sécurités style firewall, sniffer de paquets et autres.
    J’arrête là, car la liste est longue…

    Jean-Paul Laville

    07/10/2012 à 10:18


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