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Livre électronique: premier bilan avec le patron de Payot

Le directeur de Payot: Pascal Vandenberghe.

Le directeur de Payot, Pascal Vandenberghe, estime que les ventes vont continuer de progresser en 2012.

Alors que je viens de commencer le test du Cybook Odyssey de Booken, je me suis dit qu’il était temps de faire un premier bilan sur le lancement du livre électronique en Suisse Romande. Les réponses de Pascal Vandenberghe, patron de Payot.

Quels sont les premiers chiffres de vente?

Les premiers mois ont été plus que faibles avec seulement une centaine de fichiers vendus par mois. Avec l’accroissement de l’offre et un début d’entrée dans les mœurs du numérique, nous connaissons depuis novembre une forte croissance, même si, dans l’absolu, cela reste infime par rapport aux ventes du livre papier. En décembre, par exemple, nous avons écoulé 500 fichiers.


Quelle est l’offre actuelle de livres?

Plusieurs nouveaux fournisseurs de contenus sont désormais en ligne: Hachette avec 17’000 titres, et Immatériel, 10’000 titres, une plateforme regroupant plus de cinquante éditeurs indépendants ne souhaitant pas se mettre entre les mains d’un grand groupe. Nous avons par ailleurs signé un contrat avec Interforum/Editis; il ne manque plus que Flammarion dans les principaux fournisseurs. J’imagine qu’ils seront en ligne ces prochains mois.

Outre les versions numériques des nouveautés, les éditeurs mettent les bouchées doubles dans la numérisation des fonds. Ainsi sur la première quinzaine de janvier, ce sont plus de 3000 nouveaux titres qui se sont ajoutés à l’offre. Nous dépasserons certainement les 100’000 titres disponibles dans le courant de l’année 2012. L’offre sera dès lors acceptable par rapport aux quelque 600’000 titres disponibles sur papier.

Enfin, nous proposons désormais aussi une offre en langues étrangères: actuellement 58’000 titres en anglais et 52’000 en allemand. Ces deux langues vont aussi fortement s’étoffer dans les prochains mois.

Projetez-vous de lancer de nouveaux modèles de tablettes?

Nous avons fait le choix de ne proposer qu’un seul modèle: nous ne sommes pas des marchands d’électronique, et nous n’avons par ailleurs pas la taille suffisante pour créer notre propre liseuse. Nous voulons juste être en mesure de proposer à nos clients un modèle de qualité pour répondre à leurs besoins, dans un système ouvert. Le client peut décider d’acheter des eBooks sur d’autres sites que le nôtre s’il le souhaite (sauf Amazon, évidemment avec le système fermé du Kindle), même si, par défaut, le client arrive automatiquement sur payot.ch.

Proposez-vous la liseuse Cybook Odyssey?

Oui, nous avons remplacé les deux premières liseuses de Cybook commercialisées entre février et novembre par le nouveau modèle de cette marque.

Pensez-vous proposer des applications natives pour les tablettes?

Pour échapper au racket d’Apple, qui veut prélever 30% (c’est-à-dire plus que notre marge!) sur les ventes effectuées dans les applications, nous avons contourné le problème en créant des «mini-sites»: lorsque, avec votre iPhone, ou votre téléphone Android, vous vous connectez à payot.ch, le site identifie depuis quel support vous vous connectez et vous propose automatiquement une version allégée et adaptée de notre site. Les premiers résultats sur iPhone sont encourageants. Nous préparons également une version pour BlackBerry.

Comme ce sont les fournisseurs de contenu qui définissent les formats et les DRM (c’est-à-dire le système de protection contre la copie), pour Apple, par exemple, nous recommandons toujours aux acheteurs d’installer Bluefire pour pouvoir lire les fichiers.

Quelles sont vos attentes pour 2012?

On devrait avoir une progression très forte et probablement doubler ou tripler nos ventes, mais ça restera insignifiant par rapport au papier. Même si on vendait 100’000 fichiers, ce serait dérisoire par rapport aux plus de trois millions de volumes classiques!

Propos recueillis par Xavier Studer

Lire aussi:

Lecture: entre le Kindle, le Cybook Odyssey et l’iPad, mon coeur balance

La section eBooks sur le site de Payot

7 commentaires pour “Livre électronique: premier bilan avec le patron de Payot

  1. Jean-mi
    22/01/2012 à 11:50

    Je me demande si le marché n’est pas par les applications, notamment pour l’ipad…

  2. Plouc
    22/01/2012 à 4:29

    vu les prix pratiquès, je préfère rester au papier.

    • Monbug
      22/01/2012 à 7:11

      tu t’en fous, tu lis pas de toute façon…Concentre-toi sur l’orthographe…

  3. 22/01/2012 à 6:56

    Ce qui compte, c’est le contenu. Le support n’est vraiment important. A terme, c’est sûr, une grande partie du marché va s’orienter sur du virtuel pour profiter du contenu partout et tout le temps.

  4. biowow
    23/01/2012 à 1:16

    il parle de marge de 30% d’Apple, c’est vrai c’est ENORME, mais alors que penser de la marge de 50% que les libraires suisses prennent en comparaison avec les prix en Euro imprimés sur la 4e de couverture ? Qui vol qui ?

    • momo
      23/01/2012 à 8:08

      et si tu connaissais les rouages de l’édition, ca fait peur. Et parler de raquette pour Apple ca fait doucement sourir, quelle hypocrisie

  5. Julio
    23/01/2012 à 9:01

    500 fichiers pour le mois de décembre??? C’est juste ridicule comme résultat. Effectivement, le papier a encore de belles années devant lui, ou alors le modèle commercial de Payot et leur liseuse ne sont pas adapté au marché. Pour contourner la commission ponctionnée par Apple, le Kiosque Relay a trouvé une bonne solution. Il faut passer commande sur leur site, puis récupérer les magasines avec l’application de l’iPad. Pas très pratique pour le consommateur, mais bon…

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