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Création par des machines: lorsque l’intelligence artificielle donne le ton à l’EPFL!

Selon les chercheurs de l’EPFL Florian Colombo et Wulfram Gerstner, le projet est encore à un stade préliminaire puisqu’il ne compose aujourd’hui que pour une seule voix.

Selon les chercheurs de l’EPFL Florian Colombo et Wulfram Gerstner, le projet est encore à un stade préliminaire puisqu’il ne compose aujourd’hui que pour une seule voix.

A notre époque déjà 100% numérique, les chercheurs tirent profit des acquis de la numérisation de ces dernières décennies. A l’EPFL, par exemple, des scientifiques sont parvenus à développer une forme d’intelligence artificielle (IA) capable de composer des mélodies originales! Un exemple loin d’être anecdotique et qui préfigure de profonds changements de notre société…

Ce nouvel «algorithme», appelé «Deep Artificial Composer», est capable de générer des mélodies d’un style de musique choisi. À l’avenir, ce compositeur artificiel pourrait créer de la musique avec des applications possibles aux jeux vidéo ou comme outil d’aide à la création pour les compositeurs, est-il indiqué dans un communiqué de presse.

L’intelligence artificielle, sans intervention humaine

Concrètement, le Deep Artificial Composer, dit «DAC», génère des mélodies inédites dans le style des musiques folkloriques traditionnelles irlandaise ou klezmer d’Europe de l’Est, et ce sans plagiat puisque les mélodies générées sont aussi authentiques que celles d’un compositeur humain. Les résultats du projet ont été présentés en avril cette année lors de la conférence Evostar.

Selon le texte de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPF)L, l’IA est déjà capable aujourd’hui de composer des partitions musicales, en faisant souvent appel à la théorie musicale. L’originalité du DAC réside dans le fait que l’IA apprend à composer des mélodies complètes, du début à la fin, sans notion de théorie musicale, mais en utilisant une grande base de données de musiques existantes. Pas besoin non plus d’intervention humaine en postproduction.

Comprendre le cerveau humain

Les perspectives semblent immenses. Selon le chercheur Wulfram Gerstner: «Le succès du DAC nous permet d’entrevoir comment fonctionne le cerveau humain. Pour pouvoir créer de la musique, il faut des réseaux de neurones avec une mémoire sur plusieurs échelles de temps. Ceci implique que la capacité du cerveau humain à conserver de l’information, même après une longue période de temps, est un aspect clé du processus de composition musicale.»

D’après les chercheurs de l’EPFL, le projet est encore à un stade préliminaire, puisque le DAC se limite par exemple aux compositions à une seule voix. Mais Florian Colombo travaille déjà au développement d’un compositeur virtuel polyphonique, et espère un jour pouvoir générer une partition pour un orchestre entier.

Cet exemple illustre combien les progrès en matière d’IA sont importants. Après le développement de la révolution d’internet et plus globalement du monde numérique, ce genre de progrès va probablement faire basculer l’humanité dans une nouvelle ère où l’informatique accompagnera les êtres humains dans des tâches de plus en plus complexes, c’est-à-dire même créatives…

Xavier Studer

La vidéo explicative de l’EPFL

3 commentaires pour “Création par des machines: lorsque l’intelligence artificielle donne le ton à l’EPFL!

  1. Jean-Luc
    16/07/2017 à 12:58

    si les machines arrivent même remplacer des compositeurs, que resta-t-il aux hommes? l’industrialisation, c’était que la force de travail, mais avec ce volet “cérébral”, où va-t-ton aller?

  2. Philippe
    18/07/2017 à 13:36

    Ce n’est pas nouveau, cela fait très longtemps que des programmes créent de la musique. Mais les programmes, quelque soit leur complexité, ne pourront jamais composer une musique avec une ‘âme’. Evidemment si on est matérialiste, on croit le contraire, mais je ne pense pas que la conscience, les émotions ou l’amour peuvent être le résultat d’un calcul.

  3. Ced
    25/07/2017 à 11:51

    Le Machine Learning va mettre fin au cancer dans un intreval de 10 à 20 ans, les grands de ce monde travaillent déjà dessus à fond les ballons !

    Ne restera plus qu’à inclure la thérapie dans la LaMal 😉

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