Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer

Reportage à l’EPFL: le test de l’interface cerveau-machine!

Mental Work à l'ArtLab de l'EPFL: un décor futuriste.

La dramaturgie de l’exposition «Mental Work» est aussi bien huilée que les machines utilisées par des cobayes volontaires pouvant les animer par la simple pensée! Plongée dans la pénombre de la première démonstration publique des possibilités de l’interface cerveau-machine. L’EPFL permet déjà de s’initier à la prochaine révolution cognitive. Test!

Après avoir pris connaissance des conditions de cette expérimentation, puisque les données anonymisées seront transmises à la communauté scientifique, le «travailleur mental» est amené à signer une décharge. Y aurait-il des risques? Non, rassure le personnel! De toute manière, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a souscrit une assurance pour couvrir cette expérimentation neurologique, déjà présentée ici.

Dix-neuf électrodes sur le crâne

Après vous avoir mesuré le tour de tête, un assistant vous pose un casque composé d’un groupe de 19 électrodes sèches. L’ajustement de cet appareil dure de longues minutes, car il s’agit de faire en sorte que les électrodes touchent au mieux le cuir chevelu entre les cheveux. Deux capteurs (témoins) sont ensuite fixés aux lobes des oreilles.

L’opération effectuée, le contact est assuré par l’humidité de la peau. Le casque envoie alors par Bluetooth ses données à un ordinateur pour que l’électroencéphalogramme puisse commencer. Des courbes multicolores s’affichent alors sur l’écran. Après les derniers ajustements, la phase d’apprentissage peut commencer.

Apprentissage et mise en pratique

Mental Work à l'ArtLab de l'EPFL: dix-neuf électrodes sur le crâne...

Mental Work à l’ArtLab de l’EPFL: dix-neuf électrodes sur le crâne…

On s’assied ensuite devant une tablette tactile, le casque sur la tête. On est invité à imaginer que l’on serre, puis desserre ses mains. Après une dizaine de minutes, l’ordinateur propose d’analyser avec des algorithmes spécifiques les données de certains capteurs. L’analyse terminée, on finalise les réglages en effectuant une dernière série de tests.

Les différentes séries d’expérimentations, censées durer environ une demi-heure, peuvent commencer. Il s’agit cette fois d’associer le fait de penser que l’on ouvre ou ferme sa main pour faire démarrer des machines. Dans un des scénarios, deux «travailleurs» œuvrent même de concert pour optimiser les opérations…

A quoi bon tout cela? Dans quelques années, ce genre de travaux pourrait permettre d’assister certaines personnes handicapées! Dans l’intervalle, l’exposition «Mental Work» est amenée à voyager dans le monde notamment aux Etats-Unis et peut-être en Chine.

La machine contrôlée par la pensée: démo en vidéo

Les impressions d’Aurélien

Pour reconnaître vos pensées, on vous met un casque sur la tête. Ensuite, on va vous demander d’imaginer de fermer vos mains. Par expérience, je peux vous conseiller de fermer les yeux et d’imaginer une main. Certaines personnes sont plus aptes à faire ce travail. Environ 30% de la population en est incapable à cause de son anatomie cérébrale.

Ces premiers «runs» effectués, vous allez procéder à une vérification de ce qu’a appris l’ordinateur. Vous pénétrerez ensuite dans une pièce futuriste avec des machines à l’aspect épuré que vous pourrez contrôler. Pour commencer, on vous demande d’en actionner une en imaginant fermer votre main.

Une jauge de force de vos pensée va alors apparaître sur un écran tactile, une limite personnalisée qu’il faut dépasser pendant trois petites secondes pour actionner la machine. Pour la garder sous tension, il ne faut pas dépasser ce seuil.

Enfin, pour arrêter la machine il faut encore une fois dépasser cette limite de force. Cette première partie de l’exposition est individuelle, mais par la suite une machine doit être animée en duo. Le principe est simple: on doit penser le plus fort possible pour monter la limite le plus haut possible. L’autre devra essayer de relever ce défi. La deuxième partie c’est l’inverse: on doit baisser le plus possible la jauge. J’ai trouvé cette initiation passionnante!

Xavier Studer et Aurélien, de retour de l’EPFL

Inscription obligatoire via le site  www.mentalwork.net pour les visites de l’exposition entre le 27 octobre et le 12 novembre. L’exposition est ouverte jusqu’au 11 février 2018.

Mental Work, ArtLab, EPFL: la galerie photo

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6 commentaires pour “Reportage à l’EPFL: le test de l’interface cerveau-machine!

  1. Tobbias
    29/10/2017 à 10:02

    Bonjour,
    Est-ce que les électrodes font mal? C’est pas trop long de le porter plus d’une heure si j’ai bien compris? Merci, car j’hésite à participer.

    • 29/10/2017 à 10:22

      Non. Elles sont montées sur des ressorts. Il paraît même qu’on oublie le casque après un certain temps.

  2. Georges
    30/10/2017 à 9:41

    Bref, pas prêt de voir ça couplé à mon mac!!! A-t-on une idée des premières applications industrielles?

  3. narglix
    01/11/2017 à 2:24

    Quels sont les horaires pour aller faire les tests ? Peut-on aller à la pause de midi ou bien le soir après le boulot ?

    • 01/11/2017 à 8:14

      Essayez de vous inscrire. Ce doit être possible. Des visites sont organisées toute la journée.

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