Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer

Et si l’avenir des télécoms suisses passait par des coopératives?

Le lucratif marché suisse des télécoms fait toujours abondamment saliver loin à la ronde...

Le lucratif marché suisse des télécoms fait toujours abondamment saliver loin à la ronde…

Les actionnaires de plusieurs géants du marché seront surpris. Mais à voir le succès remporté en Suisse par des entreprises comme Migros et Coop, on peut se demander si une partie des télécoms helvétiques ne devrait pas être transformée en coopératives! Pour le bien des consommateurs. Séquence décalée….

En effet, les actionnaires des opérateurs helvétiques continuent de faire de juteux bénéfices qui ne profitent pas aux consommateurs, frappés par des pannes à répétition, des vols de données ou des facturations hasardeuses. Quand le service à la clientèle n’est simplement pas minable. Le Far West. Parallèlement, des milliards de francs suisses partent en fumée et échappent parfois largement à l’impôt.

Des coopératives pour investir davantage

Dans ce contexte, on peut se demander si certains opérateurs télécoms ne devraient être transformés en coopératives pour maximiser leur potentiel d’investissement et satisfaire une demande toujours plus importante et exigeante des consommateurs. Histoire de doper leur force de frappe!

En effet, si certains services télécoms, comm le mobile, étaient jadis des produits de luxe, cette industrie devient aujourd’hui un ingrédient de base indispensable pour l’homme connecté moderne au même titre que l’eau courante ou l’électricité. A l’heure du numérique, l’économie doit en effet pouvoir s’appuyer sur des réseaux télécoms excellents et avantageux. Un service public?

Qui accepterait ces rendements sur l’eau ou l’électricité?

Quel consommateur accepterait en effet que sa société électrique ou ses services industriels fassent des marges brutes de l’ordre de quelque 40%? Et c’est pourtant ce qui se passe avec les télécoms, même si les besoins en investissements sont constants compte tenu des évolutions technologiques, sans parler des problèmes de sécurité…

Dans ce contexte, certaines entreprises auraient peut-être tout à gagner à suivre la voie tracée par Coop ou Migros qui redistribuent leurs gains dans leurs outils de production, leurs collaborateurs, voire dans des actions d’utilité publique, comme le pour cent culturel… Des entreprises qui semblent par ailleurs plutôt bien résister à la concurrence de certains flambeurs. Ce ne sont ni les hexagonaux de Carrefour ou Casino qui diront le contraire…

Pour gagner définitivement le marché

Stratégiquement, en réinvestissant leurs bénéfices directement dans leurs réseaux ou pour le service de leur clientèle, certaines de ces sociétés domineraient facilement, rapidement et définitivement l’ensemble du marché au grand désespoir des plus redoutables cow-boys du secteur…

De cette manière, les opérateurs helvétiques les plus proches des besoins leurs clientèles contribueraient non seulement de manière exemplaire à leur satisfaction, mais en plus garantiraient une excellente utilisation des bénéfices pour développer la place économique suisse! <r>Fin de la séquence rêve/provoc</r>.

Xavier Studer

15 commentaires pour “Et si l’avenir des télécoms suisses passait par des coopératives?

  1. Tricoline
    20/02/2018 à 7:03

    L’idée est excellente Xavier, hélas la tendance du moment c’est tout le contraire, écoutez le « discourt » de Nicolas Jutzet anti service publique et pro libéral à 100%, c’est ce qui sort de nos soit disant grandes écoles, aie !

    Ces pourfendeurs de l’ultra libéralisme vont précipiter le monde dans l’abime ici quelques décennies, l’humain disparaitra, la planète s’en portera bien mieux après quelques millénaires sans cette sangsue destructrice.

    Trump et sa « Grande Amérique » pro énergies polluantes vont tout droit dans ce sens…

  2. DemLuc
    20/02/2018 à 8:26

    C’est un peu le modèle des petits téléréseaux en mains publiques non? Dommqge qu’ils ne se regroupent pas davantage.

    • Tricoline
      20/02/2018 à 9:23

      En romandie tous les petits téléréseaux sont sous la bannière Netplus sauf le jurassien cablotel.
      En suisse alémanique Quickline regroupe quasi tous les petits, donc ce que vous suggerez est déjà en place.
      Au tessin upc est majoritaire et dans les grisons il n’y a quasiment pas de téléréseaux.
      Des rumeurs font état d’un rachat de Sunrise par upc … à suivre …

      • Pedro
        20/02/2018 à 6:33

        Et ça apporte quoi le petit cablo du coin sous bannière netplus presque au prix de Swisscom. Upc fournit une connexion internet pour chaque prise coax certe faible mais suffisante pour des gens n’utilisant pas beaucoup internet quand netplus fait payer ça a peux d’or. Tout comme sunrise/Swisscom fournisse des chaines TV avec tout abonnement internet.

        • Tricoline
          21/02/2018 à 7:43

          Le petit cablos du coin comme vous écrivez, s’il ne fait rien il fait faillite et disparait, ses clients partent vers Swisscom TV, de nos jours il est indispensable de proposer une box, le replay, la VOD, l’internet rapide, de la téléphonie fixe et mobile, ceci en plus de la TV linéaire de « grand papa ».

          Quand aux prix je ne vois pas le problème, toutes ces entreprises sont dans les mêmes tranches de prix, évidement en cas de radinerie extrème, tout est toujours trop cher…

          • Pedro
            22/02/2018 à 12:32

            Les gens doivent pouvoir choisir ce qu’ils veulent tout simplement au niveau de l’offre ce que font encore certains opérateurs à des prix tres correct.
            La box n’est pas une bonne idée et ne l’a jamais été car bridé à un appareil et non déplacable. L’opérateur choisit l’os et l’interface qui sont souvent moins bien faites que des concurrents open source et libre. La TV de grand papa sur coax qui a autant de bande passante que la fibre sans box s’est ça l’avenir. Pas besoin de box pour le reste, smartphone, tablet, portable et TV font le même job comme tout est relié à internet et permet de lire une vidéo. Ou alors la digicard d’upc qui est juste géniale.

            Et pour le prix non, c’est beaucoup trop cher mais il reste des offres à des prix normaux avec un service normal ou on paye pour ce qu’on veut et ce qu’on utilise vraiment. Et le 1gbs symétrique ne sert a rien à part aux entreprises. C’est une arme du 1gbps pour les prochaines guerres virtuelles mais on va devoir attendre longtemps pour que les gens s’en rendent compte.

  3. Nels_Oleson
    20/02/2018 à 9:03

    Coop et Migros ont beau être des coopératives, il n’en demeure pas moins que leurs marges sont nettement plus élevées que d’autres supermarchés étrangers qui ne sont pas des coopératives et que même ramenés au coût de la vie, leurs prix restent supérieurs à ceux des enseignes françaises. A mon avis, le problème de la Suisse tient au fait que la concurrence ne fonctionne pas (aussi bien dans l’alimentation que dans les télécoms). Les raisons ? Petitesse du marché ? Frilosité des clients à changer de crèmerie ?

    • Pierre Cox
      21/02/2018 à 1:27

      Nels_Oleson, vous avez 100% raison… Sachant que nos 2 ogres oranges (comme dirait l’auteur) dégagent les plus fortes marges d’europe… Oui, la Suisse a des bugs de concurrence. Ultra liberale pour décapiter le petit, ultra protectrice pour les gros !

    • Antoine Lupin
      21/02/2018 à 7:42

      Migros et Coop ne redistribuent pas de bénéfices à des actionnaires. La marge sert à payer correctement les employés, c’est tout!

      • Domlesgaz
        21/02/2018 à 8:57

        Beaucoup de fournisseurs presque exclusifs de la Migros sont bien des SA (Frey, Jowa, Elsa, Bischofszell, Mifa, etc…). C’est peut-être ici que le gros du bénéfice est réalisé, et donc bien distribué aux actionnaires au final. Je ne crois pas que Migros et Coop soient philanthrope.

      • Nels_Oleson
        21/02/2018 à 1:52

        J’en doute. Lisez donc cet article : https://m.24heures.ch/articles/58e6afc4ab5c372098000001

      • Pierre Cox
        23/02/2018 à 12:21

        Pas mieux payés que chez les autres….

  4. Esperluette
    21/02/2018 à 11:53

    L’idée de transformer les grands opérateurs de télécoms suisses en coopératives est une idée aussi sympathique que pas très réaliste hélas. Il aurait été envisageable et sans doute intéressant de créer une coopérative de télécoms il y a fort longtemps, avant que Swisscom et Sunrise ne soient devenus les monstres quasi monopolistiques qu’ils sont aujourd’hui. Pour y parvenir aujourd’hui, il faudrait que les actionnaires de ces groupes acceptent de vendre leurs sociétés… ou que la Confédération les nationalise (et les indemnise?), change leur statuts en sociétés coopératives et distribue des parts de coopérateurs à leurs abonnés. Bonne chance! Quand à créer un nouvel opérateur, c’est un peu comme si vous vouliez créer un nouveau géant de la grande distribution en Suisse face au duopole Migros et Coop aujourd’hui, autant dire mission à haut risque quasi impossible.

    Pour Domlesgaz!
    Les fournisseurs « presque exclusifs » de la Migros tels que Frey,Jowa et bien d’autres appartiennent au groupe M-Industrie, propriété à 100% du groupe Migros et les bénéfices qu’ils font reviennent à une entité juridique du groupe Migros. Voir les site http://www.mindustry.com/fr

    • Domlesgaz
      21/02/2018 à 5:06

      Dont acte ! J’en apprends tous les jours.

  5. 23/02/2018 à 7:19

    Un article très interessant. Saviez-vous qu’en Grande Bretagne il-ya une co-opérative de télécommunications – The Phone Co-op – voir http://www.thephone.coop qui existe déja depuis 1998? Elle a connue un chiffre d’affaires croissante depuis le moment de lancement. J’étais un des fondateurs de cette co-opérative, (le CEO jusqu’à l’année passée), et je suis maintenant engagé, dans le cadre d’une Fondation établie par The Phone Co-op pour soutenir l’établissement et la croissance d’autres co-opératives, a travailler avec un groupe de co-opérateurs en France qui veulent y établir un co-opérative de télécommunications. Si un tel projet se lancerait en Suisse, je serais très heureux d’essayer de vous aider. Amicalement, Vivian Woodell @cooperator1. (Je vous ai suivi sur Twitter)

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