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Une IA suisse identifie des ours d’Alaska malgré leur mue estivale

Une IA suisse identifie des ours d’Alaska malgré leur mue estivale. Photo: B. Rosenberg.
Une IA suisse identifie des ours d’Alaska malgré leur mue estivale. Photo: B. Rosenberg.

La reconnaissance biométrique de masse a parfois des aspects positifs inattendus. En collaboration avec l’Alaska Pacific University, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) vient de développer un système étonnant. PoseSwin permet d’identifier des ours bruns sauvages individuellement, même après leur transformation radicale durant l’été.

En effet, un ours maigre et hirsute au printemps devient un plantigrade dodu et au pelage différent après des mois de pêche au saumon. Cette métamorphose déroute habituellement les systèmes informatiques et même les spécialistes, qui y perdent leur latin!

La forme du museau!

 

Pour s’y retrouver, Alexander Mathis, professeur à l’EPFL, a misé sur les caractéristiques stables de l’animal. La forme du museau, l’angle du front, la position des oreilles et certaines cicatrices changent peu avec les saisons.

L’intelligence artificielle (IA) analyse ces détails sous différents angles, même quand la photo n’est pas idéale. Cette méthode surpasse largement les modèles qui se basent uniquement sur la silhouette, laquelle varie considérablement avec la prise de poids.

Un apprentissage par comparaison d’images

PoseSwin s’appuie sur une architecture similaire aux grands modèles de langage comme ChatGPT, mais spécialisée pour les images. Le système apprend en comparant trois photos: deux du même ours prises à des moments différents, et une troisième d’un individu différent.

L’algorithme positionne ces images dans un espace mathématique où celles d’un même animal se regroupent, tandis que les autres s’éloignent. Chaque ours devient ainsi une constellation unique de points que l’intelligence artificielle reconnait, selon un communiqué de presse.

Des applications au-delà de l’Alaska

La chercheuse Beth Rosenberg a collecté plus de 72’000 images de 109 ours dans le parc de McNeil River entre 2017 et 2022. Des tests dans le parc national de Katmai, situé à 60 kilomètres environ, ont permis de reconnaître plusieurs individus et de cartographier leurs déplacements saisonniers.

Le système devrait aussi fonctionner avec d’autres espèces, comme les macaques. Les chercheurs estiment que l’ours représente le cas le plus complexe, ce qui rend l’outil adaptable facilement à d’autres animaux, comme les souris ou les chimpanzés. Amusant, non?

Xavier Studer

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