
Le futur du MMS n’avance pas! L’intégration du protocole RCS (Rich Communication Services) par Apple à fin 2024 dans iOS 18 était attendue comme le synonyme d’une adoption généralisée de la nouvelle norme de messagerie. Alors que certains pays européens avancent rapidement, rien ne se passe en Suisse. Point de situation
Interrogés sur cette situation, les réponses de Salt, Swisscom et Sunrise ne sont pas rassurantes. Les quelques lignes reçues des trois opérateurs révèlent des situations contrastées, mais confirment toutes la difficulté d’avancer correctement sur un dossier qui traîne depuis trop longtemps.
La Suisse pas prioritaire
«Swisscom travaille en collaboration avec Apple et Google à la mise en œuvre du service RCS, dont le lancement est prévu d’ici mi 2026. Le déploiement final dépend de l’approbation des fabricants d’appareils et Swisscom n’a aucune influence directe à ce sujet. Nous ne pouvons malheureusement pas fournir d’informations concernant les autres fournisseurs», indique la porte-parole Alicia Richon.
Interrogée sur la raison de ce retard par rapport à d’autres pays proches, comme la France, elle répond: «Nous ne pouvons parler que pour Swisscom, mais nous prenons la confidentialité des données* très au sérieux, c’est pourquoi cela prend plus de temps». Un autre observateur du sérail explique que la Suisse n’est pas un pays prioritaire pour les géants américains concernés.
Dépendance à Google et Apple
Du côté de Salt on précise que «notre réseau est compatible avec le protocole RCS pour les échanges entre appareils Android. La mise en œuvre du RCS entre iOS et Andoid dépend en partie de facteurs externes (Google et Apple) qui ont eu un impact sur le calendrier initialement prévu. Le projet est donc toujours en cours et cette situation concerne l’ensemble des opérateurs en Suisse. À ce stade, une mise à disposition est envisagée au plus tôt fin 2026», selon Ana Biljaka PR & Communication Manager.
Enfin, chez Sunrise, anciennement UPC, on abonde dans le même sens que lors de notre précédent questionnement. «Nous ne pouvons vous donner aucune autre réponse sur ce sujet que celle déjà communiquée: nous suivons de près le développement du RCS, mais ne pouvons pas nous prononcer sur les plans concernant la mise en œuvre de ce système, selon Stella Zeco, Media Relations Manager.
Pour les mobinautes, cette situation est assez désagréable. Le RCS est perçu comme le successeur nécessaire des SMS et MMS, capable d’offrir des fonctionnalités modernes (accusés de lecture, indicateurs de frappe, partage de médias de meilleure qualité) sans dépendre d’applications tierces et de leurs écosystèmes propriétaires, comme WhatsApp.
Problèmes de confidentialité
Techniquement, le RCS pose toutefois différents problèmes de sécurité, de confidentialité* et d’interopérabilité entre les opérateurs, Google et Apple. Différentes précisions de la GSMA, l’association des opérateurs, sur cette page internet. Reste aussi le problème de la facturation lorsque la messagerie envoie un SMS/MMS au lieu d’un RCS.
Bref, si l’arrivée du RCS sur iPhone a marqué une étape très attendue, la concrétisation de cette interopérabilité pour les abonnés suisses est repoussée, au mieux, à mi ou fin 2026, en l’état actuel des communications des opérateurs. Le chemin est encore long pour faire du RCS la norme de messagerie universelle en Suisse.
Xavier Studer
*Apple a d’abord activé RCS sur iPhone avec iOS 18 en se limitant au profil Universal Profile 2.4, ce qu’Apple décrit simplement comme «support for RCS Universal Profile» sans chiffrement de bout en bout. Pour une confidentialité garantie, l’étape suivante est l’ajout d’une protection E2EE interopérable via le profil 3.0. Apple a indiqué qu’une future mise à jour d’iOS. Le profil 3.0 permet enfin à deux systèmes différents (iOS et Android) de s’échanger des clés de chiffrement communes…