
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Suisse ne fait pas figure de modèle européen pour l’arrêt définitif du réseau téléphonique en cuivre. Selon le rapport complet Copper Switch-off Tracker 2026 du FTTH Council Europe, la Suisse, en l’occurrence l’historique Swisscom, n’a toujours pas publié de plan détaillé pour l’extinction complète de cette technologie obsolète.
Alors que l’Espagne et la Norvège ont déjà achevé le démantèlement total de leur réseau de cuivre, la Suisse navigue à vue. Le rapport souligne l’absence de données précises pour notre pays: le nombre de lignes actives sur le réseau historique est indiqué comme «information non disponible». Une opacité relative qui tranche avec la transparence affichée par nos voisins européens, puisque Swisscom met à disposition tous les détails sur son réseau.
Swisscom: fin du cuivre après 2035…
Si le géant bleu a annoncé en février 2024 une approche progressive pour l’arrêt du cuivre débutant dès 2025, aucune date butoir ferme n’est fixée pour l’ensemble du territoire. Dans son rapport annuel 2025, l’ancien monopoliste confirme que l’extinction complète du réseau cuivre n’est prévue qu’après 2035. Quant aux concurrents de Swisscom, leur couverture réelle est difficile à évaluer.
Pour revenir à Swisscom, la couverture en fibre optique jusqu’au domicile (FTTH) atteignait 56% des ménages et commerces suisses à la fin de l’année 2025. L’objectif de Swisscom est de porter ce chiffre entre 75% et 80% d’ici 2030. Une progression constante, mais qui laisse encore près de la moitié du pays dépendante de technologies de transition ou du réseau mobile pour le très haut débit.
Des résultats financiers solides pour?
Pour financer ce chantier titanesque, Swisscom peut compter sur une santé financière robuste. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 15 milliards de francs en 2025, gonflé par l’effet de l’acquisition de Vodafone Italia. Il a investi 1,7 milliard de francs sur le sol suisse pour l’extension de son infrastructure et a aussi revu le salaire de son CEO!
Malgré ces moyens, la Suisse reste de manière incompréhensible dans le flou concernant la fin officielle du «vieux» téléphone. Alors que des pays comme la France ou la Suède ont des plans validés par leurs régulateurs respectifs, l’Helvétie se distingue par une approche qui se veut pragmatique, certes, mais qui manque cruellement de visibilité pour le consommateur final et les acteurs du marché.
Xavier Studer
En savoir plus sur Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Je suis surpris que les législateurs n’aient pas forcé l’ouverture du réseau. A la Vallee de Joux, par exemple, c’est le service électrique local qui a déployé la fibre en lieu et place du coaxial. La concurrence ne peut donc pas utiliser ce réseau. Est-ce que deux réseaux de fibre vont devoir exister en parallèle ? Quel gâchis !