
Dans certaines régions du monde, Google propose désormais d’importer vos anciennes conversations et vos préférences depuis d’autres intelligences artificielles (IA) génératives vers sa propre IA. Pas encore proposée en Suisse ou en Europe, cette nouveauté vise à faciliter la transition pour les internautes qui ne veulent pas repartir de zéro.
Concrètement, l’entreprise californienne propose une procédure présentée en détail sur cette page pour transférer votre historique de conversations (prompts et réponses). Cela doit permettre à Google de fournir immédiatement une expérience ultra-personnalisée pour fidéliser l’utilisateur dans son écosystème. Attention, car Google indique noir sur blanc que les données importées dans Gemini peuvent être utilisées pour entraîner ses services et son IA!
Le paradoxe de la personnalisation
Dévoilée dans cette note de blog, cette potentialité met toutefois en lumière un enjeu fondamental de notre époque toujours plus connectée. Plus nous exigeons des réponses personnalisées et pertinentes, plus il faut accepter que ces algorithmes accèdent à nos données intimes. Avec les risques inhérents en matière de protection des données…
Pour offrir des contenus personnalisés, une IA a souvent besoin d’accéder à davantage d’informations personnelles. Sans cet accès privilégié à nos courriels, à nos photos ou à nos recherches, ces assistants numériques perdent une grande partie de leur magie. Ce n’est pas pour rien, par exemple, qu’un Perplexity multiplie les connecteurs (vers Google, Outlook, voire nos dossiers de santé aux Etats-Unis) pour pomper toutes nos données!
Une indispensable hygiène numérique
Pour assurer la confidentialité de ses données face à cette boulimie, il faut donc se montrer des plus prudents. Il peut aussi être salutaire de changer régulièrement d’IA ou de tout réinitialiser de temps en temps, voire d’utiliser des IA derrière des VPN en mode privé… mais sans confier des données personnelles qui ne seraient pas anonymisées! Gare aux informations que l’on cède à ces géants de la technologie.
Bref, le problème de la confiance envers ces puissants groupes reste aujourd’hui une question centrale. Chaque utilisateur doit évaluer en permanence le compromis acceptable entre le confort d’un service sur mesure et la protection absolue de sa sphère privée. Et pourquoi ne pas choisir des solutions telles que Lumo (Proton), Euria (Infomaniak) ou Le Chat (Mistral AI) qui se profilent davantage sur le respect de la vie privée. A vos risques et périls!
Bonne chance!
Xavier Studer