
La Suisse figure parmi les pays européens où l’intelligence artificielle générative est la plus utilisée par le grand public. Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), 47% des 16 à 74 ans en Suisse ont affirmé au printemps 2025 y avoir eu recours, ce qui place le pays au troisième rang en Europe derrière la Norvège et le Danemark.
Ces chiffres doivent toutefois être lus avec un léger recul compte tenu de la dynamique de ce domaine. Ils reflètent en effet l’enquête sur l’utilisation d’internet menée au printemps 2025 et publiée en avril 2026, soit une image de la situation d’il y a environ une année, alors que l’adoption de l’IA a très probablement encore progressé depuis.
Des usages déjà très ancrés
L’étude montre que l’IA générative ne se limite déjà plus à un simple effet de mode. En Suisse, son usage concerne d’abord la sphère privée, mais il est aussi très marqué dans le travail, où le pays se hisse parmi les tout premiers en Europe, ainsi que dans la formation formelle, c’est-à-dire à l’école, en apprentissage ou à l’université.
Autre enseignement important: l’écart se creuse selon l’âge, la formation et les compétences numériques. Les 16 à 24 ans sont de loin les plus nombreux à utiliser ces outils, avec 79% en Suisse, tandis que la moyenne de l’Union européenne atteint 64% dans cette tranche d’âge, selon cette publication, reproduite ci-dessous.
Une fracture numérique qui persiste
L’OFS souligne aussi que l’adoption de l’IA suit les lignes déjà connues de la numérisation. Les personnes les plus formées, les actifs et les professions intellectuelles ou scientifiques recourent nettement davantage à ces outils, alors que les usages restent beaucoup plus faibles dans les professions élémentaires ou chez les retraités.
En Suisse, 43% de la population de 15 à 88 ans déclare avoir utilisé une application d’IA générative au printemps 2025. Le chiffre grimpe à 52% chez les actifs occupés et à 67% dans les professions intellectuelles et scientifiques, ce qui montre à quel point cette technologie s’est déjà installée dans certaines activités quotidiennes et professionnelles. Tous les détails sur le site de l’OFS.
Une situation très dynamique…
Ces résultats passionnants décrivent une situation qui évolue très vite à l’échelle du numérique. L’IA générative s’améliorant en permanence, il est hautement probable que sa diffusion soit aujourd’hui encore plus large, comme le laissent d’ailleurs entrevoir d’autres indicateurs, comme ce coup de sonde de Comparis, même s’il ne repose pas sur la même méthodologie et ne permet pas la même comparabilité.
A l’échelle européenne, d’ailleurs, Eurostat indique encore qu’en 2025, 32,7% des 16 à 74 ans de l’Union européenne utilisaient des outils d’IA générative, principalement à des fins privées, puis professionnelles et de formation. Là encore, il s’agit d’une mesure rétrospective portant sur les trois mois précédant l’enquête, et non d’un baromètre de la situation en 2026.
Xavier Studer