
Ce qui reste de l’une des grandes foires technologiques poursuit sa mutation. Progressivement, les grands noms qui faisaient la renommée de l’IFA disparaissent ou deviennent secondaires. Cette année, c’est Samsung qui ne brille directement plus sur le site même de la grand-messe berlinoise.
Le puissant groupe coréen a préféré n’apparaître que marginalement sur le site historique de la manifestation et à sa périphérie avec une présence au cœur de Berlin au Humboldt Carré (lire le communiqué reproduit ci-dessous). Il suit en partie les traces d’autres grands noms, comme Sony, LG, Panasonic, Lenovo ou Huawei qui ont réduit leur visibilité sur la foire destinée au grand public.
Cette mue n’a rien d’anecdotique et témoigne à la fois de l’évolution du positionnement de certaines de ces marques et d’un profond changement de paradigme. Ce qui relevait autrefois du high-tech, de la radio au smartphone en passant par la télévision, est devenu banal. Le high-tech est désormais intégré dans notre quotidien…
Le high-tech s’est dilué dans le quotidien
Notamment grâce à l’intelligence artificielle (IA), les puces électroniques pilotent désormais une multitude d’objets du quotidien, de l’électroménager aux téléviseurs, en passant par les dispositifs de santé et les aspirateurs autonomes. Samsung est un leader de cette transformation, d’ailleurs.
Certes, des Acer, Asus et Lenovo lanceront cette année encore une pluie de nouveautés à l’occasion de l’IFA 2026, et nous y reviendrons. Une série de produits désormais marqués par l’omniprésence de l’IA jusque chez Ugreen, réputé notamment pour ses accessoires de recharge.
L’ère chinoise du high-tech
Pendant des décennies, Samsung a matérialisé cette migration en dévoilant ses lave-linge et fours connectés qui ont d’ailleurs souvent fait sourire les journalistes présents. Ces derniers ont en effet souvent regretté les grandes annonces faites jadis à Berlin, comme le lancement de la gamme des smartphones Galaxy Note.
Espérons que Samsung ne connaîtra pas la même transformation stratégique que certains grands groupes japonais, tels que Sony, Hitachi ou Fujitsu, dont le positionnement a fortement évolué au fil des décennies. Il est vrai que la concurrence des entreprises chinoises, toujours plus innovantes, est de plus en plus rude, tandis que certaines d’entre elles font l’objet de restrictions sur certains marchés occidentaux. Ce n’est pas Volkswagen qui dira le contraire…
Pour mémoire, l’IFA est l’acronyme d’Internationale Funkausstellung. Historiquement associée au Berliner Funkturm, la manifestation célèbre cette année le centenaire de cette tour berlinoise emblématique. Qui se soucie encore de la radiodiffusion? Les temps changent, mais l’IFA est toujours bien là!
Xavier Studer, Berlin