Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer

#MWC17: 5G, G.fast ou fibre optique pour l’internet au salon?

Avec Sony, Snapdragon lance l'ère du gigabit mobile...

Avec Sony, Snapdragon lance l’ère du gigabit mobile…

En ralentissant drastiquement le déploiement de la fibre optique en Suisse pour miser sur son suranné réseau de cuivre, Swisscom a lancé le débat. Dans quels cas la fibre optique se justifie-t-elle encore aujourd’hui? A Barcelone, lors du MWC 2017, d’autres voix, encore plus catégoriques, préconisent dans certains cas de miser directement sur le mobile et la 5G pour faire l’impasse sur le fixe!

A première vue, ces réflexions résonnent comme des provocations. Les dernières évolutions des technologies mobiles, certes planifiées depuis des années, laissent toutefois songeur. Sony vient par exemple de lancer son Xperia XZ Premium, un smartphone, très haut de gamme, capable théoriquement flirter avec le gigabit internet… (test de son mode vidéo à 960 images par seconde)

En effet, les dernières évolutions de la 4G, commercialisées par les équipementiers sous différents noms, permettront d’ici la fin de l’année, toujours théoriquement, de tutoyer le Gigabit par cellule, un débit toutefois partagé par tous les utilisateurs d’une même localisation. Une nuance non négligeable…

Déjà aujourd’hui Swisscom ne suit pas sur le mobile….

En Suisse, avec Ericsson, Swisscom met régulièrement son réseau mobile à jour vers les normes les plus récentes, mais propose le réseau le plus lent, comme l’ont montré différents tests. Concrètement, on mesure généralement quelque dizaine de Mbits/sec sur le réseau des opérateurs mobiles alors que leurs antennes affichent des capacités beaucoup plus importantes. Des débits qui restent tout de même fort appréciables et largement suffisants aujourd’hui…

Avec la 5G, on va passer du Gigabit (Sunrise le lancera cette année avec Huawei sur la 4G) actuel à des débits multipliés par cinq ou dix… D’où la possibilité d’utiliser des antennes mobiles pour remplacer parfois (sous certaines circonstances) presque totalement le fixe, avec des débits potentiellement plus limités.

Le gigabit généralisé

Dans ce contexte, sur le fixe, le ralentissement de la pose de fibre optique en Suisse pourrait se comprendre. En effet, avec le G.fast, il est possible d’atteindre déjà aujourd’hui le gigabit sur une cinquantaine de mètres, comme avec de la fibre, indique-t-on chez Nokia. Dans les laboratoires américains du géant finlandais, on prépare même des débits dix fois plus élevés sur la même distance. Le vieillissant cuivre, encore une fois ressuscité? Probablement.

Tous les opérateurs ne partagent toutefois pas les réserves très intéressées de Swisscom concernant le fil de verre. Chez l’Hexagonal Orange, par exemple, on continue pour l’instant de fibrer à tout va, notamment en région parisienne… Un des responsables techniques de cet opérateur indique ainsi au MWC de Barcelone que la fibre reste, selon lui, un investissement valable sur le long terme.

Mettre le cap sur l’avenir….

Reste que la 5G risque de changer certaines évidences. Nokia explique ainsi sur son stand qu’il compte relier certains équipements industriels directement en 5G plutôt que par des réseaux traditionnels, y compris de type Wi-Fi; aussi bien pour des raisons de coûts de maintenance, de latence, que de flexibilité.

Au final, si la complémentarité entre ces technologies est inévitable, le besoin en bande passante pour continuer de développer des services désormais tous numériques ne cesse de croître. En passant, dans ce contexte, pour garantir un accès sans limites aux autoroutes de l’information, Swisscom ferait bien de suivre l’exemple de Sunrise dont la philosophie est d’ouvrir les tuyaux!

Xavier Studer, de retour de Barcelone

5 commentaires pour “#MWC17: 5G, G.fast ou fibre optique pour l’internet au salon?

  1. sybux
    02/03/2017 à 08:47

    “Swisscom ferait bien de suivre l’exemple de Sunrise dont la philosophie est d’ouvrir les tuyaux!”. A quoi bon offrir du 100 Gb si derrière de toute façon les équipements de vont pas plus vite que du 100Mb. Pire, si c’est du mutualisé, il reste quoi à l’arrivée, du 10 Mb ? On risque également de se retrouver comme sur le réseau français qui annonce du 50-100 Mb pour tout le monde, mais avec la complexité des routes mises en place pour avoir des coûts très faible, on ne surf pas plus vite que 5-6 Mb (expérience faite sur un raccordement en France, 22 sauts pour atteindre youtube, contre à peine 10 chez Swisscom). Personnellement, je préfère un réseau raisonnablement rapide (actuelement j’utilise InternetBooster de Swisscom à 40Mbits cela suffit) qu’une bande passante très large, mais avec beaucoup de latence et un réseau en panne la moitié du temps. Après chacun se fait son avis.

    • Frjo
      02/03/2017 à 11:00

      Je pense qu’il vaut mieux pour un opérateur que ce que veut télécharger un client soit “livré” le plus vite possible, en résumé “autant déblayer l’autoroute au plus vite”.
      Car si une personne veut télécharger un gros fichier mais est limité en débit, il prendra plus longtemps une bande-passante réduite, alors qu’un autre utilisateur au débit illimité qui commencerait un important téléchargement un peu plus sera lui (un peu) limité par cet “escargot”.
      Le best effort est probablement le plus efficace, mais ce n’est pas le modèle commercial le plus intéressant….

    • Nathalie
      03/03/2017 à 11:27

      Pareil! A chaque fois que je suis allée en France le réseau était déplorable. Même dans les endroits où la 4G était “visible”, il valait encore mieux sélectionner manuellement la 3G pour surfer, tellement la 4G était instable. Et on ne parle même pas des wifi dans les hôtels… 😉 Bref mieux vaut un réseau de moyenne capacité mais stable et performant, qu’un réseau à soi-disant très haut débit… mais qui n’est pas vraiment sous contrôle, et donc qui peut vite être saturé au vu du nombre d’utilisateurs.

  2. Nathalie
    03/03/2017 à 11:04

    Parfois je me demande de quelle façon serait amélioré la vitesse (ou la disponibilité plutôt) des réseaux moyens actuels si il n’y avait pas autant de pubs envahissantes sur la plupart des sites web.

    Car les fichiers de types images, animation et vidéos (même de type flash), comme tout le monde le sait, sont de très grandes tailles. Même avec une bonne connexion il faut toujours attendre plus longtemps pour que tout cette m… de contenu s’affiche que pour accéder au quelques lignes de texte qui nous intéresse! Il y a des jours où je préfèrerais encore un système payant (quelques dixièmes ou centièmes de centimes par sites ou par pages) que de supporter cette pub en permanence. En plus, sans la précision de la souris (avec touchpad, écran tactile, etc.), il faut toujours faire attention à ne pas cliquer par erreur sur ces fenêtres publicitaires affichées à droite de l’écran, en faisant un scroll down, par exemple. Il me semble que de plus en plus de sites utilisent cette technique pour qu’on clique sur la pub par inadvertance.

    @Xavier: votre site n’est pas trop chargé en pubs envahissantes comparé à d’autres, je sais que vous accordez de l’importance à cela. Bravo!