
Swisscom lance son propre assistant gonflé à intelligence artificielle (IA) pour les entreprises. Baptisé Swiss AI Assistant, l’outil promet de traiter les données des sociétés exclusivement dans des centres de calcul suisses, loin des géants américains comme Microsoft, Google ou Amazon, soumis à un contexte législatif pouvant être problématique.
Le principe est simple: les entreprises téléchargent leurs documents internes, configurent leur assistant conversationnel en quelques étapes, et leurs équipes peuvent ensuite interroger, résumer ou rédiger des contenus à partir de ces sources sans aucune connaissance technique préalable. L’outil est conçu aussi bien pour les petites structures que pour les grandes organisations.
Souveraineté numérique, l’argument phare
L’argument central de Swisscom est la protection des données et la conformité réglementaire, notamment pour les secteurs de la finance et de la santé. Les données ne servent pas à entraîner les modèles d’IA sous-jacents, une garantie que les grandes plateformes américaines peinent souvent à offrir avec la même clarté.
Swisscom se positionne ainsi face au Cloud Act américain, une loi fédérale américaine qui contraint les entreprises technologiques des États-Unis à fournir des données stockées à l’étranger aux autorités américaines si elles en font la demande. En hébergeant tout en Suisse, Swisscom échappe à ce «diktat», ce qui est un avantage réel pour les entreprises actives dans des domaines sensibles.
Des limites à ne pas sous-estimer
Il y a cependant un point qui fait tiquer: le modèle de langage utilisé est actuellement le «GPT OSS 120 b» d’OpenAI, un modèle open source utilisé sans modification. En d’autres termes, le moteur de l’IA reste américain — seul l’hébergement est suisse. La souveraineté revendiquée est donc partielle, ce que Swisscom reconnaît implicitement en annonçant l’intégration future d’Apertus, le grand modèle de langage suisse en développement.
Côté tarif, l’offre de base est fixée à 149 francs par mois pour dix utilisateurs au maximum, selon un communiqué. Ce n’est pas anodin pour une petite structure, surtout face à des concurrents internationaux nettement moins chers. Une période d’essai gratuite est proposée, mais l’absence de tarification transparente pour les grandes organisations reste un point d’interrogation.
Un écosystème encore en construction
Swiss AI Assistant s’intègre dans la Swiss AI Platform de Swisscom, un écosystème modulaire qui comprend des ressources de calcul graphique, des interfaces de programmation pour modèles de langage, et un environnement de développement simplifié pour créer des solutions d’intelligence artificielle générative. L’ambition est claire: devenir la référence suisse en matière d’intelligence artificielle pour les entreprises et les administrations publiques.
L’offre mérite d’être suivie de près, mais elle reste encore incomplète. Le vrai test sera l’arrivée d’un modèle de langage véritablement suisse comme Apertus, annoncé comme prochain partenaire — ce jour-là seulement, la promesse de souveraineté numérique sera pleinement tenue.
XS
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