
L’industrie des télécoms est aujourd’hui très préoccupée par la rentabilité de ses réseaux mobiles 5G, selon une vaste étude sectorielle s’appuyant sur les données de l’Association mondiale des opérateurs (GSMA) publiée à l’occasion de l’ouverture lundi du Mobile World Congres 2026 de Barcelone. Le retour sur investissement demeure la préoccupation majeure des acteurs de ce marché face aux coûts massifs des infrastructures.
Pour sauvegarder leurs marges financières, les opérateurs se jettent à corps perdu dans l’intelligence artificielle (IA), considérée comme le nouveau remède miracle de l’industrie. Cette optimisation à tout prix se fait toutefois au détriment de l’environnement, un enjeu devenu presque inexistant dans les priorités des dirigeants, selon cette analyse.
Des offres pour les professionnels…
La vente d’abonnements au grand public se tasse, obligeant l’industrie à se tourner résolument vers les offres dédiées aux entreprises pour garantir ses bénéfices. Les réseaux privés et l’internet des objets connectés apparaissent comme les seules bouées de sauvetage financières imaginées par de nombreux acteurs du secteur.
Dans cette logique purement comptable, les serveurs physiques traditionnels cèdent, par exemple, désormais leur place à l’informatique en nuage pour réduire drastiquement les dépenses courantes. Cette dématérialisation des équipements, une tendance de fond dans le secteur informatique, permet aux opérateurs de payer uniquement pour les ressources informatiques réellement consommées au quotidien.
L’écologie en retrait
L’engouement actuel pour les algorithmes conversationnels et autonomes, propres à l’IA, interpelle; une tendance de surévaluation que le secteur admet lui-même volontiers face à la réalité du terrain. Plutôt que de révolutionner nos usages, ces outils automatisés sont d’abord déployés pour remplacer le service client humain et tailler dans les coûts.
Ce pragmatisme financier implacable relègue les objectifs de développement durable et de neutralité carbone au second plan. L’urgence climatique, pourtant âprement défendue par différentes agences officielles, pèse peu face à la nécessité de rentabiliser coûte que coûte les milliards engloutis dans la technologie. D’un autre côté, tous les efforts d’économie d’énergie auront un impact positif…
Xavier Studer