
L’intelligence artificielle (IA) générative s’immisce toujours plus dans notre quotidien, mais elle ne suscite pas qu’un aveugle enthousiasme. Une étude de l’Université de Zurich révèle d’ailleurs une méfiance palpable au sein de la population suisse.
Selon les données détaillées sur le site de recherche aidentities.ch, 40% des sondés se disent davantage inquiets que ravis par ces nouvelles technologies. Seuls 21% des personnes interrogées affichent un réel optimisme, tandis qu’une très forte proportion reste partagée. Dommage que seuls des Alémaniques et des Romands aient été consultés en ligne…
Fossé générationnel et linguistique
L’âge détermine très fortement l’adoption de ces puissants systèmes informatiques. Alors que six jeunes sur dix les utilisent souvent, plus de la moitié des seniors n’y ont encore jamais touché. Un tel fossé est régulièrement mis en évidence par différentes études, notamment par l’Office fédéral de la statistique (OFS).
Le décalage se marque également de manière prononcée entre les régions linguistiques de notre pays. Les Romands se montrent nettement plus prudents et moins enclins à utiliser ces solutions que leurs compatriotes alémaniques. Là encore, qu’en est-il chez les italophones du pays qui n’ont pas été pris en compte dans ce coup de sonde.
Entendre de véritables craintes sociétales
Les réticences de la population ne relèvent pas de l’ignorance, mais d’une peur compréhensible de perdre tout contrôle. Les citoyens redoutent notamment une surveillance accrue et un appauvrissement de nos capacités intellectuelles.
Face à ces sérieuses inquiétudes, les promesses commerciales des géants technologiques sonnent souvent bien creux de mon point de vue. Il est essentiel d’intégrer ces voix critiques au débat public pour garantir une évolution technologique véritablement respectueuse. Plus que jamais, il convient de garder un regard critique.
Méthodologie et structure de l’étude
Globalement, aidentities.ch comprend différentes enquêtes distinctes touchant au total 4000 participants. Une enquête se focalise sur un panel de 1000 personnes âgées de 15 à 79 ans. Une deuxième enquête sonde d’une part 1000 jeunes de 16 à 17 ans et d’autre part 2000 adultes de 18 à 79 ans, selon le site dédié.
Ce projet est dirigé par une équipe de l’Institut de recherche en communication et médias (IKMZ) de l’Université de Zurich. L’étude bénéficie du soutien de divers partenaires, dont la fondation de l’Université de Zurich, YouMedia, et la Haute école technique de Munich (TUM). Le financement, quant à lui, est assuré par un don de l’entreprise Sunrise, qui s’est fendue d’un communiqué sur ce sujet.
Xavier Studer
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