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La FM joue les prolongations en Suisse, sous contrôle de l’OFCOM

Retour de la FM: la Suisse rate son virage au numérique.
Retour de la FM: la Suisse rate son virage au numérique.

La FM n’est malheureusement pas morte en Suisse. L’OFCOM vient de publier les paquets de fréquences disponibles pour les radios privées, avec un calendrier serré qui confirme surtout une prolongation encadrée d’une technologie que l’on disait condamnée par le DAB+, soit la radio numérique diffusée par voie hertzienne.

En plus de la SSR et des titulaires actuels, les radios intéressées ont jusqu’au 31 juillet pour déposer une demande, avant une attribution prévue à l’automne et une entrée en vigueur en janvier 2027, selon un communiqué. Cette relance partielle de la FM s’inscrit dans des zones qui correspondent globalement aux anciens périmètres de desserte d’avant 2020. Tout ça est la conséquence d’une transition numérique manquée.

Un retour pragmatique

La FM ne redevient toutefois pas toutefois la technologie de base. L’Office fédéral de la communication (OFCOM) précise que les radios doivent déjà émettre en DAB+ dans la zone visée et avec le même programme, ce qui confirme que l’analogique n’est plus pensé comme une technologie autonome, mais comme un complément au réseau numérique.

Autrement dit, la FM survit, mais sous perfusion réglementaire. Cette approche permet de soutenir les diffuseurs encore attachés à la couverture analogique, tout en évitant de détricoter la stratégie fédérale en faveur du DAB+, qui reste théoriquement la base de diffusion terrestre pour la radio en Suisse.

Une procédure payante

Ce dispositif a aussi un prix. L’OFCOM mentionne des frais de procédure d’environ 1500 francs par participant, même sans fréquence obtenue, puis une redevance annuelle d’au minimum 10’000 francs pour les radios non concessionnaires, sans compter des émoluments périodiques calculés selon la population couverte.

En cas de candidatures multiples sur un même paquet, des enchères seront même organisées à l’automne. Cela montre que cette réouverture de la FM ne vise pas à faciliter l’accès au marché, mais plutôt à répartir une ressource rare, avec une logique administrative très encadrée.

Une transition inachevée

Ce dossier illustre encore une fois les limites du passage au numérique en Suisse. Sur le terrain, la FM conserve encore des atouts de simplicité dans de nombreux postes, véhicules et habitudes d’écoute. Le dossier a été politiquement mal mené peut-être en raison d’un accompagnement administratif lacunaire. Le DAB+ aurait probablement dû être « forcé » plus tôt, par exemple sur les véhicules neufs.

La Suisse prolonge la FM maladroitement sans vraiment l’assumer, avec une solution transitoire qui ménage les acteurs en place, tout en rappelant que l’avenir officiel demeure le DAB+ et non un retour durable de l’analogique puisque ces concessions sont valables jusqu’à fin 2034. C’est peut-être une illustration supplémentaire de certaines limites de notre système…

Xavier Studer

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