Salt et Sunrise s’allient sur le mobile pour défier Swisscom

  • Dernière modification de la publication :25/08/2026
  • Commentaires de la publication :17 commentaires
Quelle collaboration entre les concurrents Salt et Sunrise?
Quelle collaboration entre les concurrents Salt et Sunrise?

Le marché suisse des télécoms est ébranlé  par un petit séisme, qui était prévisible…  Salt et Sunrise ont signé une lettre d’intention pour tenter de mutualiser leurs infrastructures mobiles, en particulier dans les régions rurales.

Cette démarche, qui prolonge différentes collaborations, vise à maximiser les investissements nécessaires au déploiement des antennes les moins rentables. L’enjeu est fondamental pour tenter d’affronter Swisscom, qui conserve une position dominante sur le marché. L’opérateur historique multiplie en effet habillement des offres plus accessibles sur des marques bradées, comme Wingo, Coop Mobile ou Migros Mobile.

Partage technique des antennes en région

Concrètement, les deux concurrents prévoient de connecter directement certains émetteurs radio à leurs cœurs de réseau respectifs, selon un modèle de partage d’infrastructure, selon un communiqué conjoint.  Cette mise en commun permettra aux clients d’utiliser les installations de l’autre opérateur dans les zones moins peuplées, là justement où Swisscom est parfois le meilleur…

Les deux opérateurs précisent toutefois qu’ils restent indépendants sur le plan commercial et financier. Théoriquement, chacun conservera ses propres fréquences, ses tarifs, ainsi que ses offres spécifiques pour le grand public et les entreprises. Du moins dans un premier temps… Quand on voit que la digestion de Sunrise par UPC qui devait créer une société d’une taille suffisante pour affronter Swisscom, on ne peut que rester perplexe.

Un contrepoids face au géant bleu

Ce développement montre la difficulté pour deux acteurs privés pour rentabiliser les équipements nécessaires aux régions périphériques, surtout lorsque les actionnaires ne se soucient que peu du métier de base de leur entreprise… L’exemple du poussif déploiement de la fibre optique en Suisse abonde aussi dans ce sens d’ailleurs.

Alors que la Commission fédérale de la communication (Comcom) est informée, ce rapprochement, s’il aboutit, pourrait permettre à ce duo de mieux affronter Swisscom, dont l’intérêt reste toutefois de proposer une infrastructure stratégique solide, indépendante et en mains helvétiques. Dans tous les cas, il faudra attendre les résultats des essais des deux partenaires et concurrents pour réellement esquisser la suite.

Finalement, la vraie question reste de savoir si cette mutualisation de certains coûts se traduira par une réelle pression sur les prix ou par un meilleurs service pour les clients. Trop souvent, les petits Suisses sont considérés comme de simples moutons à tondre, ce qui procure une grande satisfaction à certains actionnaires, parfois très éloignés des intérêts de notre pays.

Xavier Studer


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Cet article a 17 commentaires

  1. julien schroeter

    Je ne comprends rien. Déjà aujourd’hui mon smartphone chez sunrise bascule régulièrement sur des antennes salut. Qqn pour m’expliquer ce qui changera du coup ?

  2. julien schroeter

    Sur des antennes salt pardon (et inversement ma carte prepay sim bascule très régulièrement chez sunrise)

    1. Ce partage n’est pas généralisé aujourd’hui contrairement à ce qu’a raconté le boulevard. Cette annonce en est la preuve! Les deux opérateurs écrivent clairement: « Salt et Sunrise collaborent déjà sur certains sites de téléphonie mobile ». Gare aux généralisations… Par ailleurs, l’idée est de renforcer à l’avenir les zones moins couvertes. Et il y en a!

  3. Bernard

    Ce partage est aujourd’hui déjà largement généralisé. Si vous en doutez, je ne peux que vous encourager à le vérifier par vous-même en installant l’application NetMonster sur Android. Elle permet notamment d’identifier les fréquences utilisées et de déterminer si votre téléphone est connecté à une antenne Salt ou Sunrise.

  4. M Dubois

    Concernant le désintérêt des actionnaires, ceux de swisscom sont encore pire.
    Quant aux prix pour des services identiques, Swisscom est déinitivement trop cher.

  5. Nycko

    Ho ! Mais c’est quoi ça… ? Désolé mais ça devrait être interdit. Deux opérateurs « étrangers » se mettent ensemble pour casser Swisscom ? Faut faire barrage là… La souveraineté vous connaissez pas ?

  6. Eliot

    C’est un véritable scandale et une trahison des citoyens que les réseaux physiques télécoms ne soient pas un monopole. Aurait-on imagine de construire différents réseaux routiers, autoroutiers ou ferroviaires ? Plusieurs lignes électriques concurrentes. C’est un monopole naturel qui n’apporte strictement rien à personne en étant dédoublé. La raréfaction des ressources et de l’énergie rendra dans tous les cas ce genre d’absurdités impossible, mais quel gâchis d’énergie, de temps, d’argent et de matériaux…

  7. ipodac

    Pour moi il est déjà généralisé sans grande entrée en pompe. ça m’est arrivée de découvrir qu’avec ma puce Spusu à un endroit il se connecte à une PCI appartenant à Sunrise déjà depuis quelques mois.

  8. Ludo

    Sunrise est fortement endetté et est actuellement noté Ba3 par Moody’s, ce qui correspond à une note spéculative. Une partie importante de sa dette arrive à échéance à partir de 2029. Moody’s a toutefois relevé la note de Sunrise en mars 2026, ce qui constitue un signal positif.
    .
    Je pense que tous les acteurs du marché cherchent à éviter de reproduire le scénario qui s’est produit avec SFR en France. SFR, ou plus précisément sa maison mère Altice France, était elle aussi fortement endettée. Moody’s note actuellement Altice France Caa1, soit une note très spéculative, reflétant un risque de crédit important.
    .
    Face à cette situation, Altice France a conclu un accord pour vendre SFR à un consortium composé de Bouygues Telecom, Free (Iliad) et Orange, pour 20,35 milliards d’euros, dette comprise. Si l’opération est approuvée, les activités de SFR seront réparties entre les trois opérateurs et le marché français passera de quatre à trois grands opérateurs mobiles.
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    La Suisse a probablement tout intérêt à éviter un scénario similaire. Sunrise est aujourd’hui le principal concurrent de Swisscom et joue donc un rôle important dans la concurrence sur le marché suisse. Une disparition ou une forte fragilisation de Sunrise serait probablement défavorable aux consommateurs, notamment en termes de concurrence, de prix et de choix.
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    Cela dit, Sunrise n’est pas aujourd’hui dans la même situation financière que SFR. Sa notation est sensiblement meilleure et le relèvement de sa note par Moody’s est plutôt rassurant. Le principal point à surveiller reste son niveau d’endettement et sa capacité à le réduire dans les prochaines années.
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    Les taux d’intérêt des banques centrales sont également importants pour ces entreprises très endettées. Lorsque les taux augmentent, le coût de leurs nouveaux emprunts et surtout de leurs refinancements augmente, ce qui peut faire grimper les intérêts à payer sur leur dette. En France, les taux ont fortement augmenté ces dernières années, ce qui a compliqué la situation d’entreprises très endettées comme SFR. En Suisse, les taux sont aujourd’hui beaucoup plus bas, ce qui est plutôt favorable à Sunrise, même si Sunrise emprunte aussi en euros et en dollars et n’est donc pas uniquement dépendant des taux suisses.

  9. Yannick

    My 2 cents, mais ca ne serait pas plus simple d’augmenter la puissance des antennes ? déjà 10 fois plus limitées que celles en france… Je veux dire pas augmenter la puissance dans villes denses, mais typiquement la en pleine campagne avec 200 personnes, une bonne grosse antenne bien puissante et toute la region est couverte ? non ?

  10. julien schroeter

    Le plus probable est qu’on est depuis un bon moment dans une phase test et que maintenant les contrats seront définitivement réglés. Mais oui la pratique est massive. Je passe près de 25% du temps sur l’infrastructure salt avec mon abo sunrise

  11. redge

    En fait ce sont les réseaux de Swisscom et distributeurs Suisses Coop/Migros contre les réseaux cellulaires étrangers Salt/Sunrise et distributeurs Lidl/Aldi.

  12. redge

    Le document pdf n’est pas visible avec ms edge natif sur windows 11 mais visible avec chrome en passant par browser.lol

  13. redge

    Salt et Sunrise ne sont pas fournisseurs universelle en Suisse mais seulement Swisscom, Je les (Salt et Sunrise) vois mal investir dans les zones rurales car lorsqu’il s’agira de payer la facture des frais de location des antennes relais et tour cellulaire… Ces derniers vont changer d’avis ou pas. Tout dépend des réseaux télécom qui alimente en électricité et communications les tours cellulaire et antennes relais de ces derniers.

  14. redge

    Corrigé, le document est lisible par edge avec windows 11.

  15. redge

    En fait, la couverture et partage des antennes devrait être entre les 3 opérateurs partout ou cela n’est pas possible.
    (il arrive que quelque fois, Swisscom n’y soit pas disponible et seul Sunrise ou/et Salt est/sont disponible selon les contrats exclusif ce qui ne devrait plus être le cas.

  16. Frouzard

    Bonne question, mais non — et curieusement, la réglementation n’est pas le principal obstacle.

    Le vrai blocage, c’est la voie montante. Une antenne relais peut émettre des centaines de watts ERP ; ton téléphone plafonne à 0,2 W, et c’est une norme mondiale, pas une lubie suisse. La liaison est donc déjà très asymétrique. Si tu montes la puissance du pylône, tu élargis la zone où le téléphone entend l’antenne, pas celle où l’antenne entend le téléphone. Résultat : 4 barres affichées et rien qui passe. La portée utile est fixée par le maillon faible, et le maillon faible c’est le mobile.

    Ensuite le rendement est mauvais. En espace libre la puissance reçue décroît en 1/d², donc doubler la portée demande ×4. Sur un trajet obstrué (forêt, bâti), l’exposant monte vers 3-4 : ×8 ou ×16 pour le même doublement. Tu brûles des kW pour quelques kilomètres.

    Et surtout, la puissance ne traverse pas une montagne. En Suisse le problème n’est pas tant la distance que le relief : derrière une crête, c’est 30-40 dB de perte par diffraction. Multiplier la puissance par 10 (soit 10 dB) ne te fait quasiment rien gagner.

    Il y a aussi les interférences : une cellule ne vit pas seule. Si tout le monde monte la puissance, chacun devient le bruit du voisin et le rapport signal/bruit ne bouge pas. On a juste chauffé davantage.

    Sur les limites suisses, ton chiffre est juste mais souvent mal interprété : l’ORNI impose 4 à 6 V/m dans les lieux à utilisation sensible, contre 41 à 61 V/m en France. Facteur 10 en champ, donc 100 en puissance. Sauf que ça plafonne le champ chez les riverains, pas la puissance d’émission : un pylône sur une crête à l’écart des habitations peut légalement rayonner plusieurs kW ERP.

    Ce que font réellement les opérateurs, et qui donne bien plus de dB par franc : descendre en fréquence (700/800 MHz portent nettement plus loin que 3,5 GHz), monter le mât, et utiliser des antennes plus directives. Le gain d’antenne, lui, ne coûte rien en électricité.

    Bref, la puissance est le levier le plus cher et le moins efficace. Densifier reste la bonne réponse — la vraie question devenant alors qui finance un site pour 200 habitants, et là c’est un débat politique, pas technique.

    En espérant que ca reste clair et pas trop technique.

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