
Après avoir avalé à vélo les 595 kilomètres reliant Lausanne à la Méditerranée par la mythique route Napoléon, le verdict kilométrique fait consensus sur le guidon. En revanche, le cumul des montées vire au casse-tête numérique, oscillant entre 5100 et 6380 mètres selon les appareils.
Cet écart vertigineux de près de 1300 mètres de dénivelé positif, soit environ 20%, illustre parfaitement les limites des outils connectés actuels. Tandis que la distance horizontale repose sur un positionnement par satellite très mature, l’estimation verticale demeure parfois le parent pauvre de la géolocalisation grand public.
Deux philosophies de calcul irréconciliables
Sur un planificateur d’itinéraires comme Komoot, le calcul s’appuie sur un modèle numérique de terrain issu de relevés cartographiques. En revanche, un compteur pour vélo ou une montre de sport utilisent parfois aussi un capteur barométrique, qui évalue les variations d’altitude en mesurant la pression de l’air.
Cette mesure physique embarquée subit de plein fouet les caprices de la météo et le vent relatif lié à la vitesse du cycliste. Une simple chute de pression atmosphérique au passage d’un orage en montagne peut ainsi faire croire à l’appareil qu’il grimpe, faussant potentiellement le résultat cumulé, évidemment comparé aux données satellitaires.
Des algorithmes qui divergent
L’autre explication majeure réside effectivement dans le traitement numérique des données brutes, sujet particulièrement sensible comme l’explique notamment le fabricant Garmin dans ses pages d’assistance. Chaque constructeur applique ses algorithmes pour comptabiliser ou non les petites variations relevées sur le terrain.
Le logiciel de la Polar Grit X 2 Pro s’avère plus conservateur en ignorant souvent les faux plats, ce qui explique son total plancher de 5100 mètres. A l’inverse, la Pixel Watch 5 de Google (sur laquelle nous reviendrons) et l’ordinateur de bord Garmin Edge Explore 2 intègrent des seuils plus bas, additionnant la moindre bosse d’un parcours alpin particulièrement accidenté. Ces deux modèles affichent respectivement un total de 6380 et 6220 mètres pour une planification de 6180 mètres par Komoot.
Xavier Studer, Nice