
En Suisse, près de 634’000 téléspectateurs contournent les offres payantes officielles pour regarder des programmes télévisés sur internet sans payer les diffuseurs légitimes. Face à ce phénomène qui touche près d’un habitant sur dix, les ligues sportives et les opérateurs tirent la sonnette d’alarme et lancent StreamSafe.
Cette pratique illégale expose par ailleurs les internautes à des risques de vol d’identifiants, d’escroqueries bancaires et d’infections par des programmes espions. Certaines enquêtes européennes ont mis au jour des liens entre des réseaux de piratage audiovisuel et des activités de criminalité organisée, notamment des soupçons de blanchiment d’argent, selon un communiqué.
Manque à gagner pour le sport
Le préjudice économique pour les seules chaînes payantes helvétiques s’élèverait à environ 70 millions de francs par an, selon les estimations de l’Audiovisual Anti-Piracy Alliance. Cette perte financière est susceptible de priver les clubs et la formation des jeunes athlètes de cash, puisque le sport est désormais devenu une activité économique.
Cette opération regroupe notamment des acteurs comme Swisscom, Sunrise, Canal+, DAZN ainsi que les ligues de football et de hockey sur glace. Leur plan de communication prévoit une présence accrue sur les écrans géants des patinoires et des stades, mais aussi dans les salles obscures. Jeudi, des clubs de foot se sont associés à ce mouvement.
Gare à d’éventuels pièges numériques
Derrière ces solutions illégales qui permettent un accès presque gratuit se dissimulent en fait de redoutables pièges numériques. Les spécialistes de la sécurité informatique rappellent qu’il est pour le moins imprudent de confier ses coordonnées bancaires à des filières clandestines, selon le même communiqué diffusé par Sunrise.
Si cette démarche de sensibilisation est compréhensible face à cette criminalité lucrative, ses initiateurs omettent de mentionner la fragmentation extrême des droits de diffusion et des tarifs d’abonnements parfois prohibitifs. Sans une remise en question de leurs modèles tarifaires et de l’expérience utilisateur, les diffuseurs peineront probablement à convaincre les réfractaires de revenir vers le droit chemin.
Xavier Studer