Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer

Les bonnes affaires de nos opérateurs: la preuve par les bénéfices et les dividendes!

Le lucratif marché suisse des télécoms fait saliver loin à la ronde...

Le lucratif marché suisse des télécoms fait saliver loin à la ronde…

Les médias couvrent peu les assemblées des actionnaires des opérateurs télécoms helvétiques, tout comme certains aspects financiers. Il vaut donc la peine de s’arrêter sur certaines données stratégiques publiées à cette occasion, comme les dividendes versés par action, parfois invariables depuis des années, notamment chez Swisscom.

Pour mettre ces chiffres en perspective, commençons par la «valeur absolue» de ces différentes sociétés sur le marché. Selon les données de Google finance, Swisscom pèse actuellement par exemple plus de 22,59 milliards de francs à la Bourse suisse SWX avec une action à 436 francs, dont le cours a baissé d’environ 12% sur une année, mais seulement de 1,8% en dix ans.

La bourse reflète la valeur de nos opérateurs

Sunrise, qui visait une valorisation boursière d’environ 2,7 à 3,2 milliards de francs peut s’estimer satisfait de peser désormais 3,27 milliards pour une action qui se négocie environ 73 francs, en hausse de près de 11% sur une année, mais en recul de 4,28% depuis le 13 février 2015, date de son entrée chez SWX, selon Google Finance.

Enfin, Salt n’étant pas côté à la bourse suisse, on ne peut que se tourner vers la valeur de cette entreprise au moment de sa vente. Fin 2014, le troisième opérateur mobile du pays avait été cédé par la société britannique de participation Apax 2,8 milliards de francs à NJJ Capital, la holding personnelle de l’ancien trublion des télécoms français Xavier Niel. Entre temps, le nombre d’abonnés, le chiffre d’affaires, mais aussi les investissements et surtout les coûts de fonctionnement de l’entreprise basée à Renens ont fondu…

D’autres points utiles de comparaison

Pour se faire une idée plus complète du marché, il peut être intéressant de savoir qu’un groupe comme Mobilezone pèse environ 450 millions de francs à la bourse suisse pour 878 employés et un chiffre d’affaires de 1,08 milliard, selon Google. A titre purement indicatif, avec ses 789 employés, Salt a pour sa part réalisé des ventes de l’ordre de 1,2 milliard en 2016.

Cela nous ramène aux différents indicateurs économiques d’une société en partie présentés dans cette infographie, tels que chiffres d’affaires, revenus, investissements et finalement la notion de dividende versé par action ou mieux le rendement du dividende. Le «dividend yield» constitue ainsi le dividende distribué, exprimé en pourcentage du cours d’une action. Selon Reuters, il est de 5,04 pour Swisscom, de 4,58 pour Sunrise et enfin de 5,13 pour Mobilezone dont la valeur de l’action a augmenté de 806% depuis juin 2003.

Beaucoup d’argent pour les propriétaires…

Evidemment, cette notion est à manier avec précaution, car elle varie au gré de la valorisation boursière d’une entreprise (censée représenter la réalité). Quoi qu’il en soit, on constate que ce «dividend yield» est stable sur les cinq dernières années chez un Swisscom alors qu’il baisse de 13% dans le même domaine d’activité et sur la même période, toujours selon les chiffres de Reuters.

Ces indicateurs montrent que le marché suisse est durablement juteux. Les différentes sociétés d’investissements ne sont pas venues en Suisse pour rien. Idem pour Xavier Niel, qui joue une partie de sa fortune personnelle et qui a ponctionné en 2016 un gros dividende sur Salt, selon L’Agefi. Alors que j’entends déjà nos opérateurs pleurnicher sur le coût de la main-d’œuvre locale et la législation pour justifier certains tarifs (notamment le roaming), on ne peut que constater la rétribution confortable des actionnaires…

Xavier Studer

Lire aussi

Salt recule à moins de deux millions d’abonnés et vise le fixe avec la fibre optique! – 8 avril 2017

Infographie: 2016 une année charnière pour les télécoms en Suisse – 9 avril 2017

Communiqué: assemblée générale de Sunrise: toutes les demandes du Conseil d’administration ont été acceptées; le dividende de CHF 3,33 par action a été approuvé – 11 avril 2017

Communiqué: les actionnaires de Swisscom  approuvent un dividende de CHF 22 par action – 3 avril 2017

 

5 commentaires pour “Les bonnes affaires de nos opérateurs: la preuve par les bénéfices et les dividendes!

  1. Narcisse
    17/04/2017 à 13:52

    bref si tout le monde continue de faire beaucoup d’argent et que les prix restent chers par rapport à l’europe, finalement ça veut dire que la concurrence ne marche pas, non?

    • Ludo
      17/04/2017 à 22:30

      En fait, il y a des abonnements bon marché, mais les clients préfèrent les formules haut de gamme que l’on voit souvent dans les publicités.

      Combien de clients connaissent Wingo (réseau Swisscom non bridé) et son abonnement compris entre 25.- (< 1 Go) et 55.- (illimité) en fonction de sa consommation internet ? Les clients préfèrent l'infinity M à 99.- par mois avec une vitesse bridée (certes très comfortable), même avec une faible consommation internet (<1 Go).

      D'ailleurs, ce comportement n'est pas limité aux télécoms. Combien de locataires contestent leur loyer initial ou demande une baisse de loyer quand le taux hypothécaire diminue ? Combien de gens changent de caisse maladie ou de franchise pour payer une prime plus basse ? Les voitures sont souvent vendues toutes options, avec un très gros moteur et 4 roues motrices alors que le client va rouler le 80% du temps en ville à moins de 50km/h… Il existe des dizaines d'exemple comme ceci.

      Pour moi, la clientèle suisse est largement responsable des tarifs élevés en Suisse et les entreprises n'ont aucun intérêt à diminuer les prix, car les marchés sont faibles ou absents.

      • 18/04/2017 à 15:37

        On notera qu’avec les abonnements iOne Swisscom (dès demain), dès l’offre mobile M la vitesse n’est plus bridée

  2. C. Doublet
    17/04/2017 à 20:15

    Faute de frappe amusante:
    « La bouse reflète la valeur de nos opérateurs »

Laisser un commentaire