Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer

Comment UPC essaie de ridiculiser la douloureuse numérisation de Swisscom!

La téléphonie par IP ou l'expression ultime du numérique synonyme de problèmes, bugs, mise à jour et instabilité... Bref, de l'informatique!

La téléphonie par IP ou l’expression ultime du numérique synonyme de problèmes, bugs, mise à jour et instabilité… Bref, de l’informatique!

Ce doit être une savoureuse revanche pour UPC (Cablecom), qui a jadis été humilié par les fonctionnalités numériques innovantes de l’offre TV de Swisscom. Désormais, UPC, ancien spécialiste de la TV, sort les griffes en soulignant que l’ogre bleu ne numérise sa téléphonie fixe qu’aujourd’hui, alors qu’il bénéficie de treize ans de savoir-faire…

Depuis plusieurs semaines au moins, les visuels reproduits ci-dessus donnent le ton. Le premier câblo-opérateur du pays ne peut s’empêcher d’ironiser sur la situation et rappeler sur son site internet qu’il bénéficie lui de treize ans d’expérience. Un sacré atout en matière de numérique! Mais est-ce vraiment suffisant au moment où Swisscom s’enlise dans de pénibles campagnes de communication?

Numérique = informatique = problèmes

En effet, j’ai vécu chez Swisscom un passage à la téléphonie numérique entaché de bugs symbolisés par des appels coupés, qui n’arrivent pas ou impossibles à passer. Des problèmes certes ponctuels. Toutefois, alors que ma ligne analogique avait parfaitement fonctionné pendant des années, le passage au numérique, c’est-à-dire le recours à des informaticiens et à la téléphonie par IP, s’est traduit par un corollaire inévitable: instabilité, bugs et problèmes…

Actuellement chez Sunrise, dont je salue globalement la qualité des prestations et du service, j’ai soudain aussi rencontré quelques problèmes il y a quelques jours avec ma ligne numérique utilisant le réseau de Swisscom. Après plusieurs expérimentations, on m’a demandé de réinitialiser complètement mon modem pour régler le problème. J’ai donc perdu les identifiants et mots de passe du réseau Wi-Fi et tous les numéros synchronisés avec mes téléphones DECT…

Téléphonie par IP = instabilité = fin de la fiabilité

En son temps, Cablecom, devenu UPC, a aussi été confronté à ce genre de problèmes lorsqu’il s’est lancé sur le marché de la téléphonie. Il s’est d’ailleurs peut-être en partie forgé sa mauvaise réputation en raison de ces maux de jeunesse. Parallèlement, Swisscom rencontrait passablement de ratés avec sa TV numérique, par exemple la mauvaise synchronisation de l’image avec le son…

Outre le fait que ces différents épisodes nous rappellent que la numérisation ne date pas d’aujourd’hui, ils montrent aussi que tout ce qui rime avec numérique est fatalement synonyme de travail bâclé, de mises à jour, car résultant du labeur d’informaticiens. Mon constat est sans appel. Pendant des décennies la téléphonie analogique a fonctionné (presque) sans problème. Le passage au numérique a mis fin à la fiabilité de la téléphonie fixe.

Xavier Studer

11 commentaires pour “Comment UPC essaie de ridiculiser la douloureuse numérisation de Swisscom!

  1. 29/04/2017 à 1:10

    Cher Monsieur Studer,

    je regrette de l’image que vous avez des informaticiens : « tout ce qui rime avec numérique est fatalement synonyme de travail bâclé, de mises à jour, car résultant du labeur d’informaticiens ».

    Dites-moi, comment réagiriez-vous si j’écrivais que toute faute d’orthographe, enquête bâclée, mise en page illisible, dépendances des médias écrits à la finance est un travail bâclé car résultant du labeur des journalistes ? Vous rétorqueriez que je ne connais rien à la presse, et que la mise en page n’est pas le travail du journaliste.

    Pensez-vous vraiment que les informaticiens sont responsables des délais débiles ? de spécifications inexistantes ? de prix discutés avec le client sans en parler à ceux qui vont réaliser le travail ? Si c’est le cas, je vous recommande humblement d’aller suivre un cours de programmation ou de parler aux vrais informaticiens, ceux qui ont suivi une formation scientifique, qui appliquent une méthode analytique et savent synthétiser une solution. Laisser tomber ceux qui ont suivi un cours MS-Excel pour additionner des chiffres et nous faire croire qu’ils ont compris cette matière. Ou ceux qui pensent comprendre l’informatique parce qu’ils arrivent à installer Windows 10.

    Avec mes plus cordiales salutations.
    Ch. Bueche, ingénieur, scientifique, méthodique.

    • 29/04/2017 à 1:18

      Merci pour cette prise de position! Encore une fois, la téléphonie analogique, fruit d’un long labeur d’innombrables techniciens, ingénieurs et scientifiques connaissait nettement moins de problèmes. Je le redis, pour l’utilisateur de solutions grand public, informatique = travail bâclé, donc bugs et inévitablement mises à jour. Personnellement: près de tente ans de souffrance au quotidien! Cela dit, je peux tout à fait comprendre les contraintes auxquelles est soumise cette profession, comme d’autres. Ne le prenez pas personnellement.

      • 29/04/2017 à 1:40

        PS. Pour la petite histoire, je viens de réinstaller une autre version de Photoshop sur un PC de bureau, car la version précédente était instable, selon les sessions. Révélateur. A peine réinstallé, j’ai du procéder à une première mise à jour pour corriger les bugs, etc… Mis à part ça vous avez raison, ce n’est pas la faute des informaticiens, mais peut-être d’une société qui veut en faire toujours plus avec toujours moins de moyens…

  2. Ludo
    29/04/2017 à 2:59

    Pour expliquer le manque de maturité et de qualité dans les produits IT, notamment dans le domaine du logiciel, différentes raisons peuvent être évoquées. Par exemple, lors de mes études HES, nous devions mettre en place des indicateurs de performance pour mesurer la qualité d’un logiciel, avons utilisé des méthodologies reconnues en gestion de projet et avons créé une matrice pour lister les compétences et les faiblesses de chaque étudiant (employé).

    En entreprise, je n’ai jamais vu de matrice qui permettent de connaitre le profil de compétences des employés. Ainsi, beaucoup de personnes travaillent hors de leur champ de compétences (N.D.L.R. lors de la déroute du projet INSIEME, il avait été reproché à la Confédération d’avoir affecté des ingénieurs système comme chef de projet pour le développement du logiciel). En outre, je n’ai également jamais vu de tableaux de bord relatifs à la qualité du développement logiciel (par ex. un « radar chart » qui mesure les bonnes pratiques du génie logiciel). Enfin, le suivi du projet se limite trop souvent à quelques esquisses de « pseudo-indicateurs » sur Excel…. Evidemment, en travaillant de cette manière comme de nombreuses entreprises, y compris des entreprises connues et réputées, il est impossible de livrer des produits de qualité.

    • Alnetix
      29/04/2017 à 7:59

      Les matrices de compétences pour les employés IT existent en entreprise, mais je ne serai dire dans quelle mesure elles sont répandues. Mais il est vrai que dans mon expérience je ne les ai que très (très) rarement vues…

  3. 29/04/2017 à 3:27

    Les informaticiens qui nous pondent des logiciels qui deviennent de plus en plus compliqués quant aux terminologies des actions é effectuer, à l’interface utilisateur de moins en moins intuitive (Apple par exemple avec les dernières moutures), sans compter l’obsolescence programmée, sont un peu comme les architectes qui construisent des habitations mais qui n’y vivent pas. Comme dit Xavier, certainement poussés par des affamés de fric.

  4. Foxband
    29/04/2017 à 3:38

    L’incertitude du monde numérique n’est pas nouvelle, mais de plus en plus affirmée, seulement, peu de monde le réalise.
    La dépendance au téléphone intelligent – qui est censé pouvoir faire de plus en plus de choses – ne va pas dans le bon sens, les gens ne remettent rien en question, ils veulent un objet aux mille fonctions…
    Concernant la plupart des informaticiens, ce sont des employés, leurs compétences et leur rigueur doivent être malléables.

  5. 30/04/2017 à 8:31

    J’ai l’impression que le téléphone fixe est de moins en moins utilisé de toutes façons. Mais sa norme analogique, fiable, autonome en électricité, est quand même un sacré plus, notamment en terme de sécurité (Durant longtemps on nous expliquait que les téléphones IP n’étaient pas fait pour les appels d’urgence). Pourquoi changer absolument? Quelles sont les raisons qui ont poussé à cette numérisation forcée?

  6. merinos
    30/04/2017 à 11:54

    en fait, sur l’épine dorsale, tout le monde fait de la téléphonie sur IP à cause de la fibre optique.
    simplement, dans ce cas, c’est totalement transparent pour le grand public.

    et maintenant, on rapproche le boîtier (transformant la voix en numérique) du téléphone en le faisant entrer directement dans le foyer et certains crient à la révolution technologique. :p

    alors, concernant les raccordements critiques, cogiter comme Swisscom avec ses centraux téléphoniques –> onduleurs.

    @ mirou

    non, le téléphone fixe analogique a bel et bien besoin de courant… simplement, celui-ci est fourni par le central téléphonique ou la borne.

  7. 16/05/2017 à 11:26

    @mirou « Quelles sont les raisons qui ont poussé à cette numérisation forcée? »

    * Coût de maintenance d’un vieux système même fiable.
    Alléger l’infrastructure réseau de communication en réduisant le nombre de type de moyen de transport, système TDM=Time Division Multiplexing, remplacé par IP = Internet Protocol
    * Avantage de l’Internet Protocol, 1 seul protocole pour tous les moyens de transport et tous les services (tv, internet et téléphonie, etc), indépendant du moyen de transport (sans fil par onde hertzienne radio: (cellulaire/wifi/satellite/tnt ou/et avec fil (cable cuivre/cable paire torsadée, cable téléréseau, fibre optique)
    http://www.swisscom.ch/ip

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