Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer

Après la vente d’UPC Autriche, quel avenir pour UPC en Suisse?

L'avenir d'UPC en Suisse passera-t-il par un renforcement local ou des manœuvres plus globales?

L’avenir d’UPC en Suisse passera-t-il par un renforcement local ou des manœuvres plus globales?

Les concentrations dans le monde des télécoms se poursuivent. Liberty Global a annoncé vendredi la vente d’UPC Autriche à Deutsche Telekom pour 1,9 milliard d’euros. Une opération qui permettra à la future entité de proposer une offre globale sur le fixe et le mobile. Cette cession ravive de multiples questions autour de l’avenir d’UPC et Salt en Suisse, notamment…

En effet, la question de l’avenir d’UPC Suisse, qui n’avait cessé de se rapprocher d’UPC Autriche au point de fusionner certaines activités entre les deux territoires, est plus brûlante que jamais. D’autant plus qu’UPC avait lancé un vaste programme pour renforcer son réseau fixe sur les deux marchés, certes assez différents d’un point de vue tarifaire…

UPC seul: des réseaux insuffisants

Concrètement, UPC Suisse continue de perdre des clients sur la TV son métier de base. Pour limiter l’érosion, il s’est associé à Salt pour pouvoir proposer une offre globale aussi bien sur le fixe et le mobile. Une alliance qui fait tout son sens puisque Salt ne propose toujours pas d’offre sur le fixe, bien qu’il ait annoncé son intention de se lancer sur la fibre…

Mais se lancer sur le fixe est des plus compliqués en Suisse. En effet, en raison d’une libéralisation tardive loupée, un Sunrise, par exemple, est très largement dépendant de l’offre de gros de Swisscom, seul opérateur à disposer d’un réseau capable de connecter toutes les chaumières du pays.

Marché du câble toujours fragmenté

En effet, en face, UPC ne couvre qu’une partie seulement des ménages puisque de nombreux téléréseaux sont indépendants ou sont réunis sous d’autres labels comme Netplus en Suisse romande ou Quickline en Suisse alémanique. Le marché du câble reste donc très fragmenté.

Tellement, qu’UPC collabore aujourd’hui avec Swisscom pour proposer, par exemple, une offre en ville de Lausanne. Il est d’ailleurs piquant qu’il ne collabore pas avec le téléréseau local Citycable, propriété de la ville de Lausanne. Pour des raisons techniques, selon certaines informations…

Swisscom incontournable partout

Bref. Si le partenariat UPC-Salt fait tout son sens, il n’est pas suffisant pour affronter Swisscom sur tout le territoire… S’il semblerait souhaitable que le câble s’unisse encore davantage, les fusions dans ce domaine sont complexes, comme l’a montré l’exemple de Naxoo à Genève, dont les citoyens ont refusé la cession totale à UPC et qui vient d’être épinglé par la Comco pour d’anciennes pratiques indélicates.

A ce point de l’analyse, on constate qu’il n’y a qu’un seul gagnant en Suisse: Swisscom. Incontournable, l’ogre bleu assure non seulement le bon fonctionnement de Sunrise, mais aussi le développement du câblo-opérateur UPC! Dans ce contexte, il est difficile d’imaginer raisonnablement un avenir concurrentiel simple sur le fixe… Et la 5G pointe le bout de son nez…

Xavier Studer

Liberty Global vend UPC: communiqué

9 commentaires pour “Après la vente d’UPC Autriche, quel avenir pour UPC en Suisse?

  1. TomTom
    23/12/2017 à 11:14

    une option: salt intégré dans la fusion vodafone+upc? Viable, qu’en pensez-vous?

  2. Marc
    23/12/2017 à 2:26

    Et dire qu’on est toujours plus dépendants de tous ces réseaux…

    • 23/12/2017 à 3:53

      On pourrait remettre nos râteaux sur les toits, ça ferait vintage.

      • ElMalagueno
        23/12/2017 à 5:50

        vintage ou hipster 😉

  3. Tricoline
    23/12/2017 à 6:41

    @Xavier, UPC est en concurrence directe avec les autres cablos de ce pays, mis a part MySport, c’est la « guerre ».

    UPC essaye de s’introduire dans les zones où il n’est pas présent avec son programme Autostrada, quitte à proposer des offres assez limites, du genre on vous raccorde votre PPE gratuitement, mais les clients qui contractent une offre UPC, c’est pour 10 ans, 2 ans de délais pour rompre et transmission au nouveau copropriétaire en cas de vente d’un appartement, bref l’offre à été « poliment » refusée, quelle est l’avantage de pouvoir choisir entre Netplus et UPC ?

  4. 23/12/2017 à 7:19

    T-Mobile sera le nouveau propriétaire de la marque upc suisse et upc autriche pendant 3 ans ou seulement de la marque upc Autriche ?

  5. 27/12/2017 à 3:16

    Bonjour,
    UPC pourrait « arrondir » ses fins de mois en proposant les matchs de hockey suisse à l’achat à n’importe quel quidam qui le souhaite vraiment. Les abonnés Bluewin par exemple parmi tant d’autres. A bon entendeur. Sportivement. François Margot

  6. Tricoline
    27/12/2017 à 6:31

    Liberty Global à vendu UPC Autriche pour 1,9 milliards d’Euro, une simple estimation du prix pour UPC Suisse, c’est entre 3,5 et 4 milliards, je ne sais pas qui va tenter le coup, Xavier Niel avait acheté Orange Suisse pour 2,3 milliards en 2014, un prix jugé trop haut par certains. Pas sur qu’il aie la trésorerie !

    Quand à morceler UPC Suisse, je ne vois pas comment Netplus pourrait acheter la partie romande de UPC, Cependant Netplus c’est une multitude de petits et moyens cablos, donc cela ne joue pas.

    Liberty Global pourrait revendre le boulet Naxoo, les genevois feront-ils encore une fois la fine bouche ?

    Liberty Global devra probablement conserver UPC Suisse dans son business, à contrecoeur ?

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