
Swisscom annonce fièrement conserver la diffusion exclusive de la Ligue des champions jusqu’en 2031. Cette confiscation reste une bien mauvaise nouvelle pour les véritables passionnés qui seront contraints de passer par Blue Sport.
Sur sa plateforme de TV payante, l’opérateur historique continuera de monnayer l’accès à ces rencontres de très haut niveau. Les amateurs devront donc toujours s’acquitter d’abonnements onéreux pour suivre ce spectacle.
Le sport réduit à un simple produit
Il est profondément regrettable que de telles pratiques d’exclusivité puissent encore dicter leur loi aujourd’hui. Ces méthodes sont fondamentalement contradictoires avec ce que devrait être le véritable esprit sportif.
Comme le précise le communiqué officiel de Swisscom, ce nouveau cycle de droits couvrira les saisons 2027 à 2031. Le «sport spectacle» est malheureusement devenu un produit de consommation de masse, de plus en plus éloigné de certaines valeurs humaines, souvent bien présentes chez les sportifs amateurs.
Une offre de plus en plus éclatée
Malgré cette annonce retentissante, le géant bleu perd paradoxalement des plumes sur le marché de la TV numérique, comme Sunrise (anciennement UPC) d’ailleurs, qui mise pour sa part sur le hockey. Grâce à des prix attractifs, c’est Salt qui marque de points.
Pour revenir au commerce du sport, cette fragmentation du marché obligera probablement les consommateurs à multiplier les abonnements pour tout regarder. C’est une illustration parfaite des dérives d’une société aveuglée par la rentabilité financière…
Xavier Studer
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» … C’est une illustration parfaite des dérives d’une société aveuglée par la rentabilité financière… »
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– Après les billets pour assister aux matches du Mondial 2026 (11 juin-19 juillet), les prix exorbitants des tickets de métro pour rallier certains stades aux Etats-Unis font hurler au scandale les supporters. Ces derniers voient leur budget pour la compétition exploser.
A Boston, dans le Massachusetts, la régie locale des transports a annoncé qu’un aller-retour entre la gare et le stade de Foxborough, à 25 km, coûterait 80 dollars (63 francs). C’est près de dix fois plus qu’en temps normal (8,75 dollars) et quatre fois plus que pour un match de NFL ou un concert au Gillette Stadium (20 dollars).
https://www.rts.ch/sport/football/2026/article/mondial-2026-les-prix-des-transports-explosent-et-scandalisent-les-fans-29214049.html
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– Vache à lait ⚽️ 💰
@MMM Je n’évoque même pas les Jeux olympiques. J’avais regardé pour aller voir des compétitions à Paris — c’est à deux pas de la Suisse. Impossible de trouver quoi que ce soit en dessous de 300 euros au moment où j’ai cherché. Et ce n’est pas pour la finale du 100 mètres en athlétisme. On parle de billets standards pour du ping pong, du tir à l’arc ou de la lutte gréco-romaine — des sports dont on ne connaît aucun athlète.
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Pour Milan-Cortina, même constat : des billets à 30 euros existaient, mais uniquement pour les phases préliminaires de hockey féminin. Bref, des matchs sans intérêt. La finale féminine de hockey sur glace, c’est déjà 480 euros — et ce n’est pas la finale masculine avec toutes les stars de la NHL.
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Je me demande comment le CIO parvient à remplir les arènes avec de tels tarifs. 300 à 500 euros, c’est un demi-SMIC français — une somme inaccessible pour beaucoup.
Au vu des salaires totalement stratosphériques des soi-disant stars du football mondial, il faut bien que quelqu’un passe à la caisse.
Et manifestement, la taxe SERAFE ne suffit pas à alimenter cette gigantesque machine à millions.
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La solution la plus simple reste donc encore de ne pas regarder ces millionnaires courir après un ballon pendant 90 minutes… cela permet au passage d’économiser l’abonnement au service, de l’électricité et quelques neurones.
Il sera toujours possible de s’abonner aux chaînes françaises. Canal+ détient l’intégralité des droits de la Ligue des champions en France jusqu’en 2027, mais tous les matchs ne sont pas diffusés sur la chaîne principale : une partie des rencontres est accessible uniquement via myCanal ou les chaînes secondaires du groupe. On trouve régulièrement des offres entre 10 et 15 CHF par mois pour accéder à Canal+ depuis la Suisse.
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Chez Swisscom, Blue Sport coûte 50 CHF par mois, ou 35 CHF avec un abonnement annuel. Cela dit, payer 50 CHF mensuels pour avoir l’intégralité des matchs afin de regarder Copenhague – Kaïrat ou Qarabağ – Frankfurt en Ligue des champions, il faut vraiment être passionné. Il n’y a que les grands matchs qui intéressent les gens.
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Pire encore, Blue Sport détient également les droits de la Super League suisse. Autant dire qu’un Winterthur – Lucerne ou un GC – Thoune ne risque pas de faire exploser les compteurs d’abonnements en Romandie. Le niveau est tellement poussif qu’on se demande parfois si le problème vient du stream… ou des joueurs. On vérifie la connexion, on relance le routeur, et on réalise finalement que non — la fibre optique fonctionne parfaitement, c’est juste la Super League. 😂
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Autre point important : ces droits coûtent cher aux opérateurs et ne sont souvent pas rentables avec les seuls abonnements particuliers. Les détenteurs de droits cherchent donc à revendre le contenu à d’autres chaînes. Il n’est pas impossible qu’on voie une belle affiche par soir sur la RTS. En Suisse alémanique, 3+ (groupe CH Media) diffuse la Ligue des champions, notamment tous les matchs des équipes suisses (YB ou Bâle).
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Dans le domaine du hockey, on notera que Léman Bleu diffuse des matchs depuis plusieurs saisons déjà. À ce propos, c’est une honte que la RTS n’ait pas diffusé le 7e match Davos – Fribourg-Gottéron : c’était le premier titre de l’histoire du club fribourgeois, et le dernier match de Julien Sprunger — cousin des sœurs Sprunger en athlétisme —, qui avait débuté sa carrière à Gottéron en 2002. Pour un match aussi historique, Sunrise (MySports) et la SSR auraient certainement pu trouver un arrangement. Même la chaîne régionale Le Télé Vaud-Fribourg a diffusé le match…
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Diffuser le match en clair sur le service public aurait par ailleurs fait de la publicité au diffuseur payant et incité de nouveaux clients à s’abonner la saison suivante. C’est d’ailleurs la logique qu’ont adoptée Blue Sport et Canal+, qui publient gratuitement sur YouTube des résumés commentés de leurs diffusions en direct pour attirer de nouveaux abonnés.
@MMM C’est le cas pour tous les événements, pas uniquement la Coupe du monde de football. As-tu essayé de réserver un hôtel à Bâle durant l’Eurovision ? Essaie de réserver une chambre d’hôtel ou un appartement de vacances à Crans-Montana l’année prochaine durant les Mondiaux de ski… Tu constateras que les prix sont bien plus élevés qu’à l’ordinaire.
Les billets à 25 CHF avec le trajet en train inclus dans toute la Suisse, comme à l’Euro féminin l’été dernier, c’est une exception. Si c’était aussi bon marché, c’est parce que l’UEFA craignait de disputer des matchs devant des tribunes clairsemées — et pour cause : les matchs de Super League féminine se jouent habituellement devant 200 à 300 personnes. Je suis convaincu que l’initiative d’inviter des classes scolaires pour remplir les stades était déjà dans les cartons si la billetterie ne décollait pas. Le canton de Genève l’a d’ailleurs concrétisé pour les matchs du Servette FC Chênois féminin en Ligue des champions, en invitant jusqu’à 5000 écoliers par rencontre.
Au final, cet Euro féminin a été un immense succès populaire, qui a surpris tout le monde. L’UEFA la première : si elle avait anticipé des stades à guichets fermés, les billets auraient sans aucun doute été proposés à des tarifs bien plus élevés.