
Swisscom a réalisé un bénéfice net en hausse pour le premier semestre 2026, masquant une réalité financière bien plus nuancée. En effet, le chiffre d’affaires global du géant bleu recule de 3% pour s’établir à un peu plus de 7,2 milliards de francs.
Sur le marché helvétique, les revenus liés aux abonnements de téléphonie et d’internet s’érodent inlassablement. L’entreprise compense ces baisses par d’importantes réductions de coûts, privilégiant une rentabilité immédiate au détriment d’une véritable croissance de ses services.
Délocalisation informatique et lenteurs
L’opérateur historique, contrôlé majoritairement par la Confédération, annonce l’ouverture d’un nouveau centre de développement au Portugal. Pour améliorer sa compétitivité, la création de ces emplois à Lisbonne interroge de la part d’une entreprise aussi lucrative.
Sur le front des infrastructures, le déploiement de la fibre optique jusque dans les salons avance à un rythme modeste. Fin juin 2026, seuls 58% des ménages et des commerces pouvaient bénéficier de cette technologie pourtant indispensable pour l’avenir numérique du pays.
Chaises musicales à la direction
Face à ce tassement de ses affaires de base, l’entreprise procède à une vaste réorganisation de sa direction suisse pour 2027. La nomination d’un nouveau directeur des affaires en Suisse permettra au patron du groupe, Christoph Aeschlimann, de se concentrer sur ses activités stratégiques et les affaires à l’étranger.
En Italie, malgré l’intégration de ses récentes acquisitions, les ventes directes des services de télécoms reculent d’ailleurs également, selon ce communiqué de presse. Fastweb + Vodafone tire toutefois son épingle du jeu dans le domaine de la revente de lignes haut débit, en forte progression.
XS

En savoir plus sur Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Avec une progression de tout juste 4 % par an vers la fibre optique, Swisscom risque d’avoir quelque peine à atteindre ses fameux 97 % d’ici à 2035.
Surtout que les grandes villes et les zones les plus densément peuplées — autrement dit les plus simples et rentables à raccorder — ont déjà largement été servies.
.
Il restera donc le morceau le moins glamour : les zones moins denses, plus coûteuses et manifestement moins prioritaires.
Et, pendant ce temps, les équipements reposant sur la bonne vieille paire de cuivre (xDSL et consorts) poursuivront tranquillement leur obsolescence programmée ou non.
Dès 2030, le quart (environ) des raccordements encore dépendants du cuivre pourrait ainsi devenir… légèrement problématique.
.
Mais puisque la rentabilité semble rester le principal moteur chez Swisscom, il faudra sans doute une véritable obligation fédérale pour accélérer la migration.
Sinon, pas d’inquiétude : on pourra toujours attendre 2035, puis 2040, puis peut-être la prochaine génération technologique.