Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer

Prix des télécoms: cette grotesque arlésienne

Les tarifs révolutionnaires de Free Mobile...

Les tarifs révolutionnaires de Free Mobile…

Le prix des télécoms en Suisse fait couler de l’encre depuis des années. Il y a d’ailleurs dans le pays une poignée de spécialistes aigris de ce dossier, souvent peu intéressés par les possibilités offertes par les télécoms, qui égrainent des conseils pour payer moins, alors qu’ils feraient peut-être mieux de raccrocher définitivement pour ne plus rien payer!

Les médias aussi, comme moi-même, suivons aussi ce dossier avec plus ou moins de mauvaise foi ou de dépit… En indiquant qu’en Suisse les prix des télécoms seraient toujours plus chers qu’en Europe, le patron de Swisscom Carsten Schloter a de nouveau suscité un certain émoi. Pourtant…

Pour commencer, on ne peut que lui donner raison. Sur certains coûts, si l’on veut conserver notre niveau de vie, on sera toujours un peu plus cher. Ensuite évidemment tout cela est une question de proportion… Jusqu’où les opérateurs peuvent-ils baisser les tarifs actuels et à quels prix!

Swisscom devra-t-il externaliser ses centres d’appels en Afrique du Nord, comme d’autres grands opérateurs? Ce qui aura indéniablement des conséquences non seulement pour l’emploi, mais aussi peut-être sur la qualité du service…

Une bête question de marché

Quoi qu’il en soit, il y a un autre paramètre qui m’agace depuis des années. Si les opérateurs font effectivement beaucoup d’argent sur le mobile, il ne faut pas oublier qu’ils se font aussi concurrence. En Suisse, par exemple, trois opérateurs de mobile s’aiguillonnent…

Du coup, c’est là que je ne suis plus d’accord avec le discours ambiant. Si les prix sont trop élevés, cela signifie bêtement que la concurrence ne fonctionne pas. Et si elle ne fonctionne pas, ce n’est pas de la faute des opérateurs, mais du marché et de la législation!

Les vrais coupables

Dans quelle mesure l’Office fédéral de la communication (OFCOM), la ComCom et la Commission de la concurrence (Comco) font-ils vraiment bien leur travail? Dans quelle mesure ne se brident-ils pas eux-mêmes sachant que Swisscom est encore majoritairement en mains étatiques?

Pour conclure, on constate que les vrais coupables ne sont pas des sociétés qui font normalement le maximum de bénéfice qu’elles peuvent faire sur un marché (d’ailleurs aussi pour payer leurs employés), mais le monde politique, les fonctionnaires fédéraux… Et peut-être aussi parfois un peu le consommateur suisse qui peine à changer pour économiser si peu…

Xavier Studer

20 commentaires pour “Prix des télécoms: cette grotesque arlésienne

  1. Lucas
    16/03/2012 à 7:33

    Bon, lorsqu’on voit les tarifs de free, on se dit tout de même que…

  2. iPing
    16/03/2012 à 7:50

    Quand même, lorsque on sait que la majorité du support de Swisscom est assuré par des sociétés (genre AVOCIS à Lausanne – anciennement theBEE) et que ceux ci paient leur employés 3800.- pour 45h sans autre avanatage (13eme) alors la oui. Je préfère que Swisscom propose des abo sans support à -60%. Participer à la précarité en suisse (en plus bon nombre viennent de France ou sont d origine étrangère) je préfère des prix plus bas pour les cosonsomateurs suisse.

    • biowow
      16/03/2012 à 3:10

      électeur du MCG ???

  3. 16/03/2012 à 7:56

    Un centre d’appel au Maroc qui parle français ok… mais suisse allemand et italien… je demande à voir.
    C’est aussi une spécificité Suisse, chaque entreprise nationale doit communiquer, vendre et offrir un support en 4 langues (j’ajoute l’anglais), nos amis romanches étant souvent laissé pour compte.
    Vous imaginez le prix par client que ça coûte pour chaque abonnement en Suisse romande, à mettre en rapport avec le même coût en France ? (tiens, je me demande si un support en anglais est proposé chez Free ou Orange France ?)

  4. gioli
    16/03/2012 à 8:11

    Pas d’accord sur une bonne partie des points soulevés dans cet article, mais peu importe…

    Cependant, juste une précision (une fois pour toutes): le régulateur dans le domaine spécifique des télécommunications en Suisse est la Commission fédérale de la communication (ComCom – http://www.comcom.admin.ch) et non pas l’OFCOM (qui n’a pour tâche que de surveiller que la législation soit appliquée et respectée) ou la Commission de la concurrence (ComCo). Merci de prendre note et de corriger.

    Bonne journée.

    • Xavier Studer
      16/03/2012 à 10:23

      J’ai rajouté la ComCom, effectivement.

  5. Phil
    16/03/2012 à 9:15

    Carsten Schloter est son nom… pas Carten Scholter

    • Phil
      16/03/2012 à 9:26

      Décidément, c’est vendredi matin… 😉

      « le patron de Swisscom, Carsten Schloter,… »

      • Patrick
        16/03/2012 à 10:59

        Terrible vendredi matin:
        « Ce qui aira indéniablement »
        « Dans quelle mesure ne se brindent-ils pas » 😉

  6. hyperpat
    16/03/2012 à 10:10

    « Ce qui aira indéniablement des conséquences » > aura
    « Dans quelle mesure ne se brindent-ils pas eux-mêmes » > brident

    😉

  7. Mick_co
    16/03/2012 à 1:20

    Pensez aux prix des lunettes, quand elles n’ont plus été remboursées par l’assurance de base, bingo, le prix a fortement chuté chez les vendeurs, en France Free est arrivé avec les mêmes contraintes que les autres et bingo, chute de prix. Comme disait le patron d’IKEA Suisse sur les prix plus élévés en suisse pour des objets fabriqués à l’étranger: le prix tient compte de l’environnement, c’est dire si tout le monde vend cher, IKEA va vendre un peu moins cher que le moins cher, mais pas au prix réelle, prix réelle = prix achat + transport + frais généraux + frais « suisse » (vendeurs + bâtiment). Pensez au prix des produits Apple, comment font-ils pour avoir 6 mia de bénéfice ? En vendant des objets avec une monstre marge. Donc a part pour le boulanger du quartier, je ne pleure pas pour les grosses sociétés.

  8. carlo
    16/03/2012 à 1:37

    Xavier, le prix des télécommunications baisse contrairement à celui des assurances maladies qui n’a qu’une seule tendance, haussière celle-là.
    Depuis un certain temps, constate que les opérateurs sont votre bête noire. Hors pour pouvoir utiliser son portable, tablette ou smartphone, l’utilisateur nomade a besoin d’un réseau qui fonctionne. Sans des opérateurs qui investissent il ne serait plus possible d’offrir aux consommateurs que nous sommes un accès qui puisse satisfaire la dernière tendance qu’est l’information disponible en continue sur le réseau.
    La seule erreur qu’à commis la Suisse à l’époque de la libéralisation a été d’ouvrir le réseau à la concurrence plutôt que d’obliger tous les opérateurs à investire dans un seul et unique réseau.
    C’est en mettant en commun les infrastructures que l’économie d’échelle aurait pu aporter ses effets. Et c’est en poussant les opérateurs à se préoccuper d’offre innovantes et attrayantes que la concurrence aurait vraiment pris le dessus.
    Finalement qu’on fait les différents opérateurs qui sont arrivés sur le marché à la suite de l’opérateur historique si ce n’est suivre les choix technologiques imposés par des fabricants tel que CISCO, Apple et consorts?
    S’il y a un coupable, c’est surtout le parlement qui a pensé plus avec cupidité (les électriciens avait fait du lobby dans ce sens) et partage des marchés juteux des télécommunications que de bon sens par rapport à un vrai apport pour le commun des mortels.
    On le voit, aujourd’hui il est impossible de faire baisser plus rapidement les prix. Swisscom serait accusé de vouloir tuer la concurrence, Sunrise doit supporter la dette que lui a mis sur le dos son fond d’investissement et chez Orange son nouveau bailleur va presser le jus jusqu’à l’écorce pour en tirer un maximum.
    Finalement je ne vois qu’une chose, le modèle économique choisit au départ n’est pas le bon pour le citoyen.
    Il n’y a qu’une seule chose positive, pour le moment les emplois restent en Suisse. Contrairement à ce qui est dit par IPing, il n’y a pas d’ externalisation des centres d’appel chez Swisscom, ni chez Orange Suisse ou Sunrise car ce serait se mettre un balle dans le pied et ni chez Orange Suisse ou Sunrise. Swisscom est même l’un de ceux qui font appels aux régions périphériques (Le Valais et les Grisons) pour une partie de son support comme Nespresso. Le fédéralisme est sauvé.

    • iPong
      16/03/2012 à 2:40

      Carlo, parle quand se que tu sais. Swisscom fait appelle à des centre d’appel, que cela te plaise ou pas. Biensure que tu ne trouve aucune information et Swisscom ne va pas elle le crier sur les toits. Le centre d’appel aux Grison appartiens à Deep AG (Support Mac Bluewin!). Regarde ici, ceux qui forment les gens ne sont pas de Swisscom http://www.cvwanted.com/anna_rita_sciacca

      Il vous faut ouvrir les yeux. Xavier aller faire un tour au 4ème étage de la rue de Sévelin 46 à Lausanne (un ancien logo Swisscom doit même trainer) Vous verrez tous ces jeunes, demander leur….

    • iPong
      16/03/2012 à 3:10

      Carlo, parle quand se que tu sais. Swisscom fait appelle à des centre d’appel, que cela te plaise ou pas. Bien sure que tu ne trouve aucune information et Swisscom ne va pas elle le crier sur les toits. Le centre d’appel aux Grison appartiens à Deep AG (Support Mac Bluewin!). Regarde ici, ceux qui forment les gens ne sont pas de Swisscom http://www.cvwanted.com/anna_rita_sciacca

      Il vous faut ouvrir les yeux. Xavier allez faire un tour au 4ème étage de la rue de Sévelin 46 à Lausanne (un ancien logo Swisscom doit même trainer) Vous verrez tous ces jeunes, demander leur….

    • Xavier Studer
      16/03/2012 à 5:38

      Je ne suis pas certain que vous ayez bien lu cet article…

  9. iPing
    16/03/2012 à 2:26

    Quand même, lorsque on sait que la majorité du support de Swisscom est assuré par des sociétés (genre AVOCIS à Lausanne – anciennement theBEE) et que ceux ci paient leur employés 3800.- pour 45h sans autre avanatage (13eme) alors la oui. Je préfère que Swisscom propose des abo sans support à -60%. Participer à la précarité en suisse (en plus bon nombre viennent de France ou sont d origine étrangère) je préfère des prix plus bas pour les consomateurs suisse.

    • valoue
      16/03/2012 à 4:02

      c’est faux. une très grande partie des personnes travaillant dans les différents support(administration, technique,conseil commerciaux, etc..) sont interne à swisscom, et travaille effectivement dans différents partie de suisse , et aussi périphérique

  10. iPong
    16/03/2012 à 6:08

    Vu que ces sociétés ont des gens qui font tous les aspects relationnels clients (se que l on appelle « skill » dans les Call center) afin de maximiser non pas l expérience client, car qui fait tout, fait tout mal, mais afin de faire le maximum de minutes au téléphone avec le client. Swisscom fait un peu de support en interne, mais surtout dès le deuxième niveau. En en plus sachez quelle assurent aussi les support PME/SME….

  11. Aldebert Després
    17/03/2012 à 10:27

    Cher Xavier et consort,

    Il serait intéressant de comparer la situation helvétique des natels avec son homologue autrichienne. En effet, cette dernière a une population à peu près la même qu’en Suisse pour un territoire aussi comparable à la Suisse, avec comme principale différence bénéficier quatre opérateurs ! Et des tarifs parait-il nettement moins chers.

    Pourquoi y a-t-il cette situation en Autriche ? Et y a-t-il aussi un opérateur étatique comme en Helvétie, et à combien s’élève sa part de marché ?

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