Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer

De nouveaux contrats de travail font grincer les dents chez Salt…

Un magasin Salt à Zurich sur la Bahnhostrasse.

Un magasin Salt à Zurich sur la Bahnhostrasse.

Salt suscite une nouvelle polémique. Cette fois, ce sont les nouveaux contrats de travail des vendeurs, pour le moins directifs, qui font grincer des dents. Dans une prise de position, la société en mains du Français Xavier Niel se défend de dissimuler des baisses de salaires…

Pour commencer, voici ci-dessous en italique le témoignage anonyme d’un employé prenant position suite à la publication de cet article du Blick:

On a reçu notre contrat-modification juste avant Pâques: nos salaires sont assurés à 4000 francs, peu importe si on vient de commencer dans l’entreprise ou si on a de l’ancienneté.

«Signer ou prendre la porte»

Un vendeur devra faire 1500 francs par mois de chiffre (selon un tableau qui indique quel type de contrat ou d’option rapporte quoi) avant d’espérer gagner plus. On est tous mis dans le même panier, pas d’échelle de chiffre à faire selon l’affluence du magasin. Il y a des magasins qui ont en tout cas 100 clients par jours et d’autres qui en ont parfois que 10. Comment ces magasins vont faire pour dépasser leur 4000 francs de salaire?

Le mot d’ordre de cette lettre, c’est soit signer le contrat jusqu’au 30 avril ou alors prendre la porte le 31 juillet si on n’est pas d’accord.

Voici un extrait de la réponse de Salt:

Depuis des années, Salt dispose d’un système de salaire individuel pour tous les employés de la vente. Une partie du salaire est fixe, le reste étant versé sous forme de commissions de vente liées aux performances dans le cadre du «Sales Incentive Program» (SIP).

Comme certains aspects de notre système précédent étaient déficients, nous avons décidé d’introduire un nouveau système. Plus précisément, nous visions ici deux objectifs:

– Nous souhaitons créer un lien plus direct entre la performance commerciale et la qualité de service, d’une part, et la rémunération variable des salariés, d’autre part
– Nous souhaitons donner plus de liberté entrepreneuriale à nos responsables régionaux et de magasins dans la gestion de leurs équipes

Les changements annoncés:

  • L’enveloppe globale destinée au salaire reste inchangée dans le nouveau système. Il ne s’agit en aucun cas d’une réduction de salaire cachée. Cependant, comme pour tout changement de cette nature, dans certains cas particuliers, l’un ou l’autre employé gagnera éventuellement moins ou plus, avec la même performance qu’auparavant.
  • Avec le nouveau système, nous avons en moyenne une augmentation absolue du salaire garanti pour tous (par exemple, + 33% pour les assistants magasin Salt), qui s’applique également au 13e salaire. De plus, ce système est également appliqué à nos 75 apprentis. Ils bénéficient également du SIP, sans toucher à leur salaire garanti actuel.
  • En outre, le nouveau système permettra aux employés de gagner jusqu’à 25% de plus, puisque les salaires maximums ont également été augmentés

Communication mercredi

Plus loin, l’opérateur précise encore que cette communication a été motivée pour se conformer au droit du travail. Le nouveau système a été annoncé le 17 avril à tous les directeurs de magasins sur les trois plus grands sites de Renens, Bienne et Zurich. L’opérateur indique encore qu’il est conscient que ce changement peut s’accompagner d’incertitudes et d’anxiété.

Mon commentaire? Salt doit motiver ses «vendeurs» pour qu’ils fassent du chiffre afin de garantir les bénéfices des investisseurs. Est-ce vraiment la bonne manière d’agir pour garder un service de qualité? En tant que client, il est toujours détestable de se voir pousser à prendre un contrat plus cher ou un nouveau smartphone par un employé terrorisé à l’idée qu’il aura peut-être de la peine à terminer le mois s’il ne vend pas assez…

Xavier Studer

7 commentaires pour “De nouveaux contrats de travail font grincer les dents chez Salt…

  1. Nycko
    20/04/2019 à 08:58

    C’est un peut du salaire au mérite. Ça peut être intéressant bien sûre, mais beaucoup d’offres sont disponibles via internet et c’est vrai que c’est pratique pour comparer les offres tranquillement sur un écran avec 2 ou 3 opérateurs mis côte à côte.
    Les mags physiques c’est plus trop ça…le conseil,les problèmes techniques, mais il y a bien longtemps que personnellement, tout est fait par internet, et comme je ne suis pas utilisateur des produits phares qui sont pas présents en boutique pour essais malheureusement je n’y passé plus.
    Avec plus de choix comme mobilezone oui, mais maintenant il y a 15 choix et c’est trop peu pour choisir en mag.
    Pour faire du chiffre les employés ong ont du mal…

  2. 20/04/2019 à 09:01

    “En tant que client, il est toujours détestable de se voir pousser à prendre un contrat plus cher ou un nouveau smartphone par un employé terrorisé à l’idée qu’il aura peut-être de la peine à terminer le mois s’il ne vend pas assez…”
    +1.

  3. Oreille
    20/04/2019 à 12:15

    Je trouve que cette règle ne peut effectivement pas s’appliquer de la même manière dans un shop moins fréquenté qu’un autre. Quid aussi des temps partiels, leurs objectifs sont-ils au prorata ?

  4. Tricoline
    20/04/2019 à 13:16

    Est-ce aussi valable pour le employé au bout du fil ?

    Car perso cela fait plus de 10 ans que je concrétise mes abo en ligne et/ou en téléphonant.

    Les abo vendu en boutique cela doit être une minorité !

  5. Eliot
    20/04/2019 à 13:22

    Triste néolibéralisme….

  6. Didier
    21/04/2019 à 12:47

    En voulant toujours des prix abo moins cher, on trouve aussi des salaires moins cher!

    • 21/04/2019 à 12:50

      Le capital ne raporte presque plus rien. De manière générale, pourquoi les dividendes restent inchangés?

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