
Le Conseil fédéral a adopté mercredi une révision de l’ordonnance sur les services de télécommunication qui impose aux opérateurs mobiles d’installer des alimentations de secours sur leurs antennes. Cette décision vise à garantir la continuité des appels d’urgence et des services essentiels en cas de coupure de courant.
Dès 2031, Swisscom, Salt et Sunrise devront assurer le fonctionnement de leurs réseaux mobiles pendant au moins quatre heures lors d’une panne électrique. Cette obligation s’appliquera d’abord aux appels d’urgence, puis s’étendra à l’ensemble des services téléphoniques et internet d’ici 2034, selon ce communiqué.
Services prioritaires maintenus
En cas de coupure de courant, les appels d’urgence, le service téléphonique, les communications pour malentendants et les programmes de radio devront rester accessibles sans restriction. Les applications de télémédecine, les messages des autorités et les services de sécurité publique seront aussi prioritaires.
Pour soulager les réseaux durant ces périodes critiques, les opérateurs pourront en revanche limiter les services gourmands en bande passante, comme la vidéo et les programmes de télévision. Cette hiérarchisation permettra de prioriser les communications vitales tout en maintenant un accès internet de base.
Un compromis négocié avec la branche
Le projet initial du Conseil fédéral prévoyait une autonomie de trois jours pour faire face à des pannes prolongées ou répétées. Face à l’opposition des opérateurs et des associations économiques qui jugeaient ces exigences trop contraignantes, le conseiller fédéral Albert Rösti est parvenu à ce résultat à l’issue d’une table ronde.
Les opérateurs devront présenter un plan de mise en œuvre à l’Office fédéral de la communication (OFCOM) d’ici fin janvier 2027. Ils devront ensuite remettre des rapports annuels jusqu’en 2034. Des contrôles réguliers et des audits pourront être réalisés pour vérifier le respect de ces obligations, selon ce projet d’ordonnance.
Réflexion en cours sur les pannes longues
Le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) examinera dans un deuxième temps comment renforcer davantage les réseaux face à des scénarios plus graves. Cette étude, menée en collaboration avec d’autres départements fédéraux, visera notamment les situations de pénurie électrique ou de coupures durant plusieurs jours.
Une feuille de route devrait être définie d’ici fin 2027 pour préciser les mesures supplémentaires éventuellement nécessaires. Cette approche progressive permet d’équilibrer les impératifs de sécurité publique et les contraintes techniques et financières des opérateurs.
Alignement sur les standards européens
Avec cette révision, la Suisse rejoint les pays européens qui imposent déjà des mesures similaires pour protéger leurs infrastructures télécoms. Les opérateurs devront garantir une couverture d’au moins 99% de leurs clients dans chaque commune durant les pannes, ou maintenir leur couverture habituelle si elle est inférieure.
L’ordonnance modifiée entrera en vigueur le 1er mars 2026, donnant ainsi aux opérateurs près de cinq ans pour déployer les équipements nécessaires aux appels d’urgence. Cette période transitoire permettra d’étaler les investissements tout en assurant une montée en puissance progressive de la résilience du réseau mobile suisse.
XS
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C’est pas beaucoup 4 heures. Une ou deux journées auraient été préférables, non?
4h ?
Mais c’est rien du tout !
Et en cas de catastrophe naturelle “locale” comme celle de Blatten, c’est combien ?
Pour avoir vécu une cat. naturelle (inondations) et le sinistre qui suivit, je peux affirmer que 4h. ce n’est rien du tout…
Pour organiser les secours, ravitailler les survivants, chercher les victimes…
Mais bon… faudrait surtout pas embêter les géants des telecom…
Pauvre Suisse 😢
Mmmh, en 2031, qu’est-ce que les gens choisiront; avoir plus d’heures de réseaux mobiles ou pouvoir utiliser leurs bagnoles électriques ?
Laisser des conseillers fédéraux comme rösti qui passe son temps à crémer les copains donne ce genre de compromis grotesques. 4 heures, le jour ou il y aura une crise, c’est vraiment pas grand chose.
Présenter 4 heures d’autonomie du réseau mobile comme une avancée relève de l’illusion, voir du grotesque.
Une panne sérieuse dépasse très souvent ce délai, et c’est précisément après quelques heures que les communications deviennent vitales.
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Le projet initial parlait de 3 jours (72 heures): on est passé d’une logique de résilience à un compromis dicté par les opérateurs.
Sans électricité, il n’y a ni priorisation, ni appels d’urgence, ni 5G « intelligente ».
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Cette ordonnance n’endurcit pas le réseau mobile suisse, elle officialise sa fragilité.
Quatre heures, ce n’est pas de la sécurité — c’est du minimum réglementaire au rabais.
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Le CF a cédé devant les puissants opérateurs dont deux multinationales étrangères, l’américain Sunrise et le français Salt, pas de doute la dessus.
Je vous suggère d’être attentifs aux stations de base de téléphonie mobile quand vous irez vous promener en campagne. Assurer 4 heures d’autonomie est déjà un défi pour certains emplacements. Ça signifie d’installer des onduleurs et des batteries dans des armoires extérieures où il n’y a souvent pas beaucoup de place. On parle de packs de batterie de l’ordre de 6 kWh par site (pour 4 heures d’autonomie), ce qui n’est pas négligeable : 3 ou 4 unités de hauteur de rack, sans compter le régulateur et l’onduleur, pour une cinquantaine de kilos. A multiplier par le nombre d’oprateurs présents sur le site. Ensuite, il faut maintenir ces équipements et remplacer les batteries tous les 5 ans. Et si on veut passer de 4 heures à 3 jours, je vous laisse faire le calcul ! Ce sont des efforts et des coûts démesurés pour situations dont la probabilité d’occurrence est quasiment nulle. Le concept de Points de Rencontre d’Urgence par commune ou par localité, équipés de radios POLYCOM (réseau beaucoup plus facile à sécuriser) et de génératrices, est nettement plus efficace en cas de catastrophe ou de blackout que de voilor garantir une communication 24/7 à 100% de la population.
… Pour ma part, je propose de remettre en fonction le regretté réseau analogique, indépendant des pannes électriques. Bientôt plus personne ne se souviendra de l’époque où la téléphonie offrait cette grande sécurité, car elle était totalement autonome. Progrès ?? AE
@Fred
L’effort pour les macros cellules est considérable.
Le secteur de la téléphonie mobile est celui parmi peu qui aurait les ressources financières et humaines pour assurer cette lourde tâche.
C’est surtout dans les macro cellules que l’optimisation peut être faite le mieux (Energie solaire, baisse de la puissance d’emission, interruption des bandes MIMO massives et j’en passe.)