Baromètre numérique: la Suisse face aux défis de l’IA et de la souveraineté

  • Dernière modification de la publication :11/06/2026
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La Suisse face à l'IA et à la souveraineté numérique.
La Suisse face à l’IA et à la souveraineté numérique.

La fondation Risiko-Dialog, en partenariat avec la Mobilière et Digitalswitzerland, vient de publier son ambitieux Baromètre numérique 2026 (www.digitalbarometer.ch). Cette nouvelle édition dresse le portrait d’une population helvétique partagée entre l’adoption rapide des nouvelles technologies et une inquiétude croissante face à leurs impacts sociaux.

Fait marquant de cette vaste étude, près de 38% des citoyens manquent de compétences numériques de base, un chiffre en hausse qui s’explique paradoxalement par l’évolution fulgurante de nos pratiques quotidiennes. Parallèlement, l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) générative a explosé.

Une souveraineté numérique qui inquiète

Si l’excellence de nos réseaux télécoms reste une force incontestée, la dépendance technologique de la Suisse est perçue comme la principale faiblesse par 46% des sondés. Face à ce constat, les citoyens accordent une confiance massive à l’État pour le développement de services sensibles comme l’identité électronique, boudant largement les acteurs privés.

L’attrait pour les solutions purement locales se confirme, avec 83% des personnes interrogées qui estiment qu’un label garanti d’origine suisse renforcerait leur confiance. Les fournisseurs de services informatiques ont évidemment tout intérêt à concevoir des offres pour les entreprises hébergées sur des serveurs nationaux plutôt que dans un lointain nuage pour rassurer une clientèle toujours plus exigeante.

Le grand paradoxe de la protection des données

L’étude met également en lumière un décalage saisissant entre les intentions et les actions concrètes des internautes sous nos latitudes. Bien que 76% des utilisateurs affirment privilégier la protection de leurs données personnelles au simple confort d’utilisation, la réalité de leurs comportements en ligne montre trop souvent exactement l’inverse.

Enfin, une claire majorité réclame des règles beaucoup plus strictes contre la désinformation, quitte à limiter certaines libertés d’expression sur les plateformes d’échange. Ce baromètre semble indiquer qu’il est grand temps de bâtir un véritable écosystème numérique national (ou européen) digne de confiance, loin de l’emprise des géants technologiques étrangers.

Xavier Studer


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