High-tech: la fin du monopole de l’App Store est-elle en vue?

  • Post last modified:14/02/2021
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La Coalition for App Fairness aura-t-elle la peau de l'App Store?
La Coalition for App Fairness aura-t-elle la peau de l’App Store?

La polémique est aussi vieille que l’iPhone qui a eu rapidement comme effet la banalisation de l’App Store et de ses deux corolaires: l’obligation pour un développeur de soumettre ses programmes à Apple et de lui reverser 30% pour celles qui seraient payantes… Un texte de loi dans le Dakota du Nord pourrait faire vaciller ces principes, selon différentes coupures de presse…

Disons-le d’emblée, ce modèle ne présente théoriquement pas que des désavantages. Pour commencer, comme les programmeurs doivent soumettre leurs produits à Apple, ils doivent suivre certaines règles en matière d’ergonomie et d’utilisabilité, ce qui garantit en principe une meilleure expérience utilisateur. Ou du moins une certaine homogénéité.

Des questions de sécurité et de responsabilité

Ensuite, ces applications passant dans les mains d’Apple seraient censées être plus sûres, voire vérifiées et moins sujettes à des bugs ou à certains problèmes de compatibilité. La réalité est quelque peu différente. Et comme j’avais pu le constater à l’époque du développement de certaines applications en tant que chef de projet, les retours d’Apple sont parfois difficiles à comprendre.

Dans tous les cas, on peut s’imaginer que ce travail de vérification et l’hébergement de ces programmes nécessitent une certaine rétribution, d’autant plus que les éditeurs de produits gratuits ne paient rien. De là, oser revendiquer un 30%… pourquoi pas si ce travail de vérification était systématique et garantissait quasiment l’existence de problèmes…

L’exemple d’Android?

Du côté d’Android, même si le Play Store reste le vaisseau amiral du système Android, quelques magasins d’applications alternatifs permettent de contourner Google. Il est même parfois possible de télécharger l’«apk» directement auprès de l’éditeur. Ce qui ne va pas forcément sans poser des problèmes de sécurité. D’ailleurs, la possibilité d’installer des applications tierces est systématiquement désactivée sur les appareils.

Alors? Il est plus difficile de trancher qu’il n’y paraît. Cela dit, la politique monopolistique d’Apple semble brider la concurrence, notamment sur les commissions demandées. On peut imaginer que davantage de liberté et la responsabilité du côté des utilisateurs devraient suffire à limiter les problèmes connexes. Dans tous les cas, la Coalition for App Fairness a tranché!

Xavier Studer

Cet article a 13 commentaires

  1. Duck

    Le consommateur moyen veut juste trouver simplement ses app! proposer des magasins alternatifs est inutile et dangereux.

  2. Alexandre P.

    Les utilisateurs d’Apple sont beaucoup trop dociles pour en comprendre les avantages. Ils auront tendance à défendre leur marque (enfin divinité) aveuglement. 😜Plus sérieusement, il est évident que des Appstore alternatifs posent le problème de sécurité et d’autres contrôles. En revanche, je pense que ça ne change strictement rien à l’ergonomie et aux bugs, car de toute façon le marché s’en occupe déjà: une application programmée avec les pieds est vite remisée au fin fond du classement…
    Et même si je n’ai (plus) aucune affinité pour Apple, mais c’est la même chose pour Google, je trouve que soit on considère que ce sont des biens publics, et dans ce cas on change tous les règles, on dédommage les constructeurs concernés et on met ça dans le domaine public, et on pourra régler les fees selon les vrais frais de l’Appstore, soit ça reste des sociétés privées et je trouve normal qu’elles fassent ce qu’elles veulent avec leur magasin. Si ça ne plaît pas, on passe à la concurrence… Tant qu’on est dans un monde capitaliste libéral, c’est ainsi.

  3. Alexandre

    Le droit du Dakota ne fait pas jurisprudence pour le droit dans les autres juridictions du monde ni même dans les autres états US 😉

    Apple n’est pas en position de monopole. Les mots ont un sens et il faut les utiliser à bon escient. C’est un choix qui se fait lors de l’achat d’un téléphone et c’est un aspect qui peut être vu comme un avantage ou inconvénient à ce moment là.

    C’est comme si vous me disiez, j’ai acheté une Tesla mais je voudrais acheter un auto pilot d’une autre société. Tesla ne me permet pas de le faire, elle a une position monopolistique !

    Si le législateur forçait Apple à accepter que des applications soient installées en dehors de son App Store, je ne serais pas étonné qu’Apple ne propose plus de support gratuit sur ses appareils en cas de dysfonctionnement logiciels voir matériels.

    Comme petit exemple, un logiciel mal conçu pourrait entraîner une consommation excessive en énergie et accélérer le remplacement de la batterie. Le ressenti du consommateur est que la qualité des produits Apple n’est plus ce qu’elle était. Qui fera le rapprochement avec les apps installées en dehors de l’App Store ?

    Une bonne partie du support est évité par Apple par cette phase de validation qui est réalisée lors de la soumission des applications à l’App Store.

    Non seulement ça permet une meilleure cohérence de l’éco système, un meilleur taux de satisfaction mais ça leur évite aussi des cas de support.

    Le lobbying qui est réalisé auprès d’Apple c’est surtout pour contourner les redevances Apple.

    La première c’est le compte développeur pour soumettre des applications.

    La distribution de plusieurs applications gratuites coûtera environ 100.- pour un éditeur. Moins de 10.- / mois pour gérer la distribution des apps dans les meilleures conditions avec un référencement dans le catalogue App Store. Je peux vous garantir que c’est une goutte d’eau si on le met en relation du coût du développement.

    Pour 10.- / mois vous êtes à un « touch » de plus d’1 milliard d’utilisateurs, en effet l’App Store est installée par défaut.

    La redevance sur la vente des apps : 15% si < 1 million de revenu, 30% au delà. Ah ceux qui pensent que c’est du vol, je les laisse se lancer dans un service de facturation conforme à la réglementation de tous les pays du monde 🙂

    Pour les souscriptions Apple est plutôt bon joueur. Les utilisateurs ne sont pas obligés de souscrire via Apple. Par contre vous ne pouvez pas faire la promotion de votre offre via l’App Store.

    Ça reviendrait à mette un produit en rayon à la Migros et vous pourriez payer directement le producteur sans passer à la caisse. Je vous laisse le proposer à la Migros ils vont adorer le concept.

    En tant qu’éditeur je peux faire ma propre promotion, vendre une souscription et indiquer que l’application est disponible sur l’App Store. L’éditeur n’a rien a payer à Apple du moment où la promotion du service n’est pas réalisée depuis l’application elle même.

    Si l’éditeur souhaite faire la promotion de son application via l’application distribuée dans l’App Store c’est à ce moment là qu’Apple demande 30% la première année et 15% l’année suivante sur chaque utilisateur converti.

    Enfin ce qui gêne beaucoup les gros éditeurs c’est la commission des in app purchases, très utilisées par nos enfants dans leurs jeux « gratuits ».

    Mais là, rien qu’à l’énoncé on peut légitimement se demander qui est malhonnête…

  4. Grand Lapin

    Pour la très grande majorité des développeurs (les indépendants et petites sociétés réalisant moins d’un million de dollars de ventes annuelles sur l’Apple Store) la commission est en fait de 15 % et non 30 %, soit la moitié des autres plateformes. Même si le modèle est loin d’être parfait (règles un peu floues, beaucoup de scam qui passe la rampe), il est quand même beaucoup plus sûr pour le consommateur qu’un téléchargement libre sans contrôle. Et il reste le web pour contourner la censure un peu moralisatrice et bien pensante d’Apple.

  5. Alexandre

    Plutôt que d’affirmer que certains racontent n’importe quoi, je vous invite à aller sur ce lien : https://developer.apple.com

    Le message en haut de la page vous invite à participer à l’App Store Small Business Program : https://developer.apple.com/app-store/small-business-program/

    “The new App Store Small Business Program is designed to accelerate innovation and help propel your small business forward with the next generation of groundbreaking apps on the App Store. It features a reduced commission rate of 15% on paid apps and in-app purchases, so you can invest more resources into your business to continue building quality apps that customers love.”

    Votre article date du 23 juillet 2020, et l’App Store Small Business Program a été annoncé courant novembre 2020.

    1. Bernard

      On est développeur sur Macos et Ios, mais l’annonce d’Apple pour les small business demande des critères que personne parmi nous et nos partenaires n’ont compris pour être accepté, pourtant ça parait simple à la lecture. En dernière réponse, Apple explique qu’il y a un soucis avec les sociétés Suisses et notre partenaire français n’a non plus pas encore accès car il y a des soucis de lois européennes. L’article mentionné que vous prétendez faux est donc faux dans la théorie, mais vrai dans la pratique. Moi et mon collègue avons quand même l’impression que c’est une annonce pour les journaux et les procès sur le monopole qu’ils se prennent, mais en aucun cas pour les développeurs, qui sont de plus ne plus lachés par Apple malheureusement.

      1. Grand Lapin

        En cas de partenariat ça se complique effectivement car il faut pouvoir prouver que la société recevant les revenus est majoritaire. Ce serait intéressant d’avoir le témoignage d’autres développeurs suisses et européens pour savoir si c’est impossible pour tous de bénéficier des 15 %, ce qui serait un vrai scandale. Je ne doute pas de votre témoignage mais c’est la première fois que je lis ça.

      2. Alexandre

        “We’re pleased to welcome you to the App Store Small Business Program. The commission rate on your paid apps and in-app purchases is now 15%, so you can invest more resources into your business to continue building quality apps that customers love.”

        Compte Apple Developer associé à une société Suisse.

  6. Pedro

    Après 10 ans ça commence à sortir pourtant l’Europe perd toutes ces procès contre Apple… Le model qu’Apple a copié s’appelle les miroirs et c’est utilisé depuis toujours par Linux. Duplicable à l’infini, anonyme et pourtant 100% sûr en tout cas n’importe quel miroir correspond byte par byte à la source. C’est en rien sécuritaire de mettre les utilisateurs en prison bien au contraire. En cas de décision arbitraire, vous n’avez aucun moyen de changer de sources, vous êtes prisonnier de leur décisions. Genre les MMS car ils voulaient vous faire changer de téléphone et il y a sûrement et plein d’autres choses entre deux.

    Vous avez du voir dernièrement ce que ça donne la prison 😀
    Jetez Apple, vous n’avez pas d’alternative pour vous libérez du dictateur.

  7. Crunch

    Attention: Pour une app qui rapporte moins de 1 million par année, c’est 15% et non 30% !

  8. Alexandre

    The North Dakota senate just voted down the bill that would’ve banned Apple and Google from taking a cut of app sales from firms in the state.

    Arizona and Georgia are considering similar bills, which are attracting intense lobbying on all sides.

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