Télécoms: la panne monumentale d’Orange était encore une fois liée à du logiciel…

  • Post last modified:12/06/2021
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Un centre de supervision d'Orange. @orange-NicolasGouhier.
Un centre de supervision d’Orange. @orange-NicolasGouhier.

La galaxie informatique rime trop souvent avec des bugs récurrents et des problèmes liés à des logiciels bâclés par des développeurs un peu trop pressés. En France, Orange en sait quelque chose puisque la grande panne qu’il a vécu la semaine passée était encore une fois liée à un problème logiciel. A méditer à l’heure de la très balbutiante «intelligence artificielle».

Le 2 juin, de 16 h 45 à minuit, les services voix d’Orange ainsi que l’accès à certains services d’urgence ont été perturbés sur le plan national. Pendant cette période, quelque 11’800 appels, soit 11% du total des appels, n’ont pas été acheminés vers les services d’urgence, selon un communiqué du géant français des télécoms qui a suivi l’exemple de Swisscom son homologue suisse historique, victime à une époque de plusieurs pannes d’envergure!

Encore le logiciel

«L’enquête a confirmé qu’il s’agissait bien d’un dysfonctionnement logiciel. Le dysfonctionnement a porté sur l’interconnexion entre les services voix mobiles, voix sur IP d’une part et ceux hébergés sur le réseau commuté (la plupart des numéros d’urgence étant sur cette technologie) d’autre part, suite à une opération de modernisation et d’augmentation capacitaire du réseau, débutée début mai, pour répondre à l’accroissement du trafic», selon le même texte.

«Les équipes d’Orange ont identifié le dysfonctionnement logiciel immédiatement, grâce aux systèmes d’alerte internes, et ont alors engagé les premières opérations techniques, qui n’ont malheureusement pas permis de rétablir immédiatement le service. La complexité de la panne, la variété des technologies et des architectures réseau des services d’urgence ont retardé le diagnostic. Une fois l’analyse établie, la résolution s’est effectuée en quelques heures grâce à la mobilisation d’une centaine d’experts», précise Orange.

Des pannes trop fréquentes?

Que dire? Il est vrai que le monde de l’informatique rime souvent avec un certain laxisme symbolisé par la multiplication des version bêtas, voire un évident je-m’en-foutisme: on publie une version définitive et on verra bien ce qui se passe ensuite! A l’heure où ces mêmes informaticiens nous cassent les oreilles avec leur prétendues avancées en matière d’intelligence artificielle, on réalise encore une fois la fragilité de ces systèmes 100% numériques.

Certes, les logiciels sont désormais partout et pour quelques bugs, combien de lignes de codes impeccables, me rétorqueront d’aucuns. C’est vrai. Mais lorsque ces bugs touchent les appels d’urgence, on rit jaune, surtout lorsqu’on sait les marges confortables dans le monde des télécoms. Évidemment, l’erreur est humaine, mais encore une fois, le numérique n’en sort pas grandi. C’est dire si l’on ne redoute pas un peu la suite…

Xavier Studer

Cet article a 8 commentaires

  1. Reto

    C’est fatigant tous ces problèmes on a souvent l’impression que rien ne marche car un petit problème peut vous prendre des heures et griller tout ce qu’on a gagné grâce à la productivité que nous apporte l’informatique.

  2. JC

    Chez Swisscom aussi.
    Mercredi 09.06.2021, les prepaid de Swisscom étaient bloqués toute la journée. (Swisscom + Coop-mobile + M Budget + les autres revendeurs de Swisscom).

  3. Charles Bueche

    Les informaticiens tant décriés sont en fait dirigés par les comptables. Le problème se situe plutôt à ce niveau-là, d’après mon expérience personnelle.

    1. yxcdewqa

      Exactement. On soutraite, parfois à l’étranger, pression sur le personnel, le savoir-faire s’en va (restructurations), etc….

      1. Un développeur

        Exactement. Les commerciaux qui promettent monts et merveilles pour un coup dérisoire et un délai ridicule (et sans s’être donné la peine de consulter les développeurs sur la faisabilité de la chose), voilà le problème de « l’informatique »

  4. marco

    Ce n’est pas l’IT le souci, mais le département « finances » qui demande de faire toujours plus, toujours plus vite, toujours moins cher avec toujours moins de monde

  5. misenta

    On oublie une chose importante: Le réseau analogique de l’époque, qui faisait beaucoup moins de choses et pour une capacité moindre, avait de nombreuses petites pannes et était donc beaucoup moins fiable, surtout en regard du rapport pannes/minutes de conversation. Mais les réseaux médias n’étaient pas aussi présent pour relayer ces pannes et on était bien moins tributaire du téléphone. ABE

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