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Nouvelle loi sur les télécoms: Swisscom déplore, seul contre tous…

Swisscom seul face au Conseil fédéral, Salt, Sunrise, UPC...

Swisscom seul face au Conseil fédéral, Salt, Sunrise, UPC…

Le Conseil fédéral a adopté mercredi le message sur la révision partielle de la loi sur les télécommunications (LTC). Le dossier passe au Parlement. Dans l’intervalle, Swisscom a dit tout le mal de ce projet alors que les autres ténors du marché, à savoir, Suissedigital, UPC, Sunrise, Salt, Green, Init7, VTX, Swiss Fibre Net et Openaxs saluent la position du gouvernement…

Dans son communiqué, le Conseil fédéral rappelle que ces dernières années, les télécommunications ont connu une évolution extrêmement rapide. Désormais, des services proposés sur internet comme la vidéo téléphonie, la messagerie instantanée et les discussions en ligne remplacent de plus en plus les services de télécommunication traditionnels. La révision de la loi tient compte de ces changements.

Le communiqué du Conseil fédéral

Swisscom fait la sourde oreille (extrait en italique)

Selon Swisscom, une telle révision s’avère inutile et nuisible aujourd’hui. Les conditions générales en vigueur ont intensifié la concurrence entre les centaines de fournisseurs et favorisent les investissements dans les différents réseaux. Or la sécurité des investissements est fondamentale au vu de l’extension du réseau fixe haut débit et des projets d’extension de la cinquième génération de réseaux mobiles.

Le renforcement de la réglementation fausserait le marché et nuirait aux importants projets d’investissement, en particulier dans les régions périphériques. La branche a traité elle-même les sujets comme l’itinérance, la neutralité des réseaux ou encore la protection des consommateurs et de la jeunesse, et n’a guère plus de réclamations clients à déplorer en la matière.

Le communiqué de Swisscom

Les concurrents de l’ogre bleu aux anges (extrait en italique)

Il faut absolument éviter que le monopole du réseau de cuivre ne soit remplacé par un nouveau monopole de réseau combinant la fibre optique et le cuivre (infrastructures à large bande FTTC, FTTB, FTTS basées sur le réseau de cuivre sans concurrence au niveau de l’accès), et c’est pourquoi la LTC doit être réexaminée rapidement.

«Jusqu’à présent, la législation a favorisé la protection de Swisscom au titre du patrimoine. Cela a débouché sur une distorsion du marché au détriment de tous les autres acteurs. Nous saluons qu’en proposant cette révision, le Conseil fédéral entreprend un premier pas vers la suppression de cette inégalité» confirme Eric Tveter, CEO d’UPC.

«Dans les villes et les zones urbaines, les clients ont maintenant le choix entre plusieurs offres à haut débit et différents tarifs attrayants. Les zones rurales devront également avoir cette possibilité à l’avenir. Si l’on veut que les fournisseurs continuent d’investir, le Conseil fédéral doit pouvoir intervernir pour prendre des mesures correctives lorsque la concurrence est entravée», insiste Olaf Swantee, CEO de Sunrise.

«L’économie et la population ne doivent plus être exposées à une nouvelle situation de monopole, même dans les zones rurales. Le monopole du réseau de cuivre ne doit pas faire place à un nouveau monopole de réseau à très haut débit. C’est pourquoi la LTC doit être révisée rapidement comme proposé par le Conseil fédéral», exige Andreas Schönenberger, CEO de Salt.

Le communiqué commun des concurrents de Swisscom

Je laisse le soin à l’internaute de se faire une opinion, même si l’affaire semble assez limpide… Quand on voit ce que paient les Suisses en matière d’itinérance comparativement à nos voisins européens. Autorégulation, c’est cela ?

XS

16 commentaires pour “Nouvelle loi sur les télécoms: Swisscom déplore, seul contre tous…

  1. Yannick
    08/09/2017 à 7:05

    Mais comme c’est mignon… SWISSCOM voit ses petits privilèges gentillement réduit à égalité avec la concurrence et se rend compte ENFIN qu’ils ne sont pas concurrentiels… Le seul truc qui me gêne c’est que ça sera les employés qui vont trinquer pour ce que les grands managers n’ont pas fait…

  2. Marco
    08/09/2017 à 8:45

    « Dans l’intervalle, Swisscom a dit tout les mal de ce projet  »
    tous les maux plutôt, non ?
    Salutations amicales

  3. Tricoline
    08/09/2017 à 8:49

    Swisscom ou le nouveau Calimero !?

    La tondeuse à gazon de notre très « chère » opérateur historique va devoir couper moins raz …

  4. Fred
    08/09/2017 à 10:02

    Le communiqué de Swisscom atteint des sommets de mauvaise foi. Morceaux choisis…

    « D’ici 2021, Swisscom veut raccorder toutes les communes suisses à la fibre optique. »
    Il faut arrêter de parler de fibre optique pour le FTTS. La seule « vraie » fibre optique, c’est le FTTH, que Swisscom a lâchement abandonné à Fribourg notamment.

    « Ainsi, 9 logements et entreprises sur 10 bénéficieront d’un débit compris entre 80 et 1000 Mbit/s. Les communes rurales en profiteront bien davantage. »

    Un débit de 80 Mbit/s est aujourd’hui suffisant pour la majorité des utilisateurs, certes. Mais demain? Et après-demain ? 1 Gb/s en ville, 80 Mb/s à la campagne : le FTTS c’est précipiter une future fracture numérique inéluctable. Le FTTH permet des débits pratiquement illimités, aujourd’hui déjà 1000 Mbit/s en ville ET à la campagne. Pourquoi devrait-il y avoir une différence ? Les besoins des utilisateurs sont les mêmes quel que soit leur lieu de domicile.

    « …affaiblirait Swisscom en sa qualité d’entreprise omniprésente et de concessionnaire du service universel »
    Omniprésente grâce à une infrastructure payée par nos impôts et amortie depuis des décennies. Et le service universel, ce n’est pas de la philanthropie, mais bel et bien rémunéré aussi par nos impôts.

     » cela l’amènerait à investir principalement dans les régions aux rendements certains, à savoir les zones urbaines à forte densité démographique »
    Mais c’est EXACTEMENT ce que Swisscom fait déjà! FTTH en ville, le FTTS sera assez bien pour les zones rurales!

    « … elle entreprendrait moins d’investissements propres pour raccorder de nouvelles régions, mais miserait davantage sur les réseaux existants d’autres exploitants. »
    Et alors? Pratiquement tous les autres opérateurs sont obligés de « miser sur le réseau existant » de leur principal concurrent et de lui reverser au passage une partie substantielle de leurs revenus! N’y aurait-il qu’une et une seule entreprise en Suisse investie de la mission divine de déployer un réseau, tous les autres n’ont qu’à l’utiliser et payer sagement les prix fixés par Swisscom ? Pourquoi pas dans l’autre sens, de temps en temps?

    « Cela finirait par élargir le fossé numérique entre ville et campagne, et nuirait à l’extension globale du réseau haut débit, entravant par là même la numérisation de l’économie et l’attractivité de la place économique suisse. »
    Alors là, c’est le pompon! Il faut un sacré culot pour brandir la menace du fossé numérique, alors que Swisscom en sème les graines à tour de bras! En abandonnant le déploiement du FTTH à la campagne, alors que c’est la seule technologie à même d’éviter cette fracture numérique pour les trois prochaines générations au moins, Swisscom travaille jour après jour à l’élargissement du fossé numérique et prétérite durablement l’attractivité des régions périphériques!

    Le regretté Carsten Schloter était un visionnaire et avait compris beaucoup de choses, qui passent aujourd’hui à des kilomètres au-dessus de la tête de ses successeurs. Il était prêt à favoriser le déploiement du FTTH, certes plus cher à court terme, mais beaucoup moins cher à long terme. FTTS, c’est des dizaines de milliers d’équipements actifs enterrés dans des chambres à câbles, qui consomment de l’électricité, qu’il faut surveiller, maintenir, mettre à jour, réparer quand ça tombe en panne, et qu’il faudra de toute façon remplacer à moyen terme lorsque l’antédiluvien cuivre ne sera plus en mesure d’absorber la croissance des besoins en bande passante. Et surtout, Carsten Schloter avait compris que les coopérations de déploiement FTTH étaient un mal nécessaire, qui aurait permis d’éviter une régulation en défaveur de Swisscom. Regardez ce qu’il se passe aujourd’hui, Messieurs les dirigeants de Swisscom, et méditez sur vos erreurs.

    • chrisge
      11/09/2017 à 12:05

      très bonne analyse et conclusions très justes ! Bravo !

    • misenta
      11/09/2017 à 1:41

      Je crois que vous êtes bercé d’illusions! Si vous désirez du FTTH partout, ce ne serait qu’à des sommes exorbitantes et pas avant 2030. Qui veut se lancer à couvrir toute la Suisse sans garantie de pérenniser ses investissements?
      De plus, il faut aussi des éléments actifs pour faire fonctionner le FTTH (donc aussi susceptible d’être obsolète).

  5. 08/09/2017 à 11:17

    Le conseil fédéral se tire une balle dans le pied, alors qu’il est à 51% actionnaire de swisscom. En réalité il y beaucoup trop d’opérateurs pour 8 millions d’habitants.

    • Ludo
      08/09/2017 à 11:57

      C’est sûr qu’entre le lobbyisme très efficace de Swisscom et la perte potentielle de plusieurs centaines de millions par an (dividendes de Swisscom), je doute que des députés qui ne connaissent rien à ces enjeux acceptent cette révision de la loi.

      • Tricoline
        08/09/2017 à 12:54

        Les lobbyistes de tous les autres opérateurs seront plus nombreux que ceux défendant Swisscom.

  6. Charles
    08/09/2017 à 2:09

    C’est toujours mauvais quand l’Etat s’en mêle.

    Service Universel, seul candidat à sa succession , Swisscom. Pourquoi d’autres opérateurs ne se sont pas présentés?

    Obliger un opérateur même si dominant à ouvrir ses infrastructures non amorties à la concurrence sans contrepartie (l’ouverture devrait être dans les deux sens pour une équité de traitement) équivaux à un traitement différencié.
    Exemple, la 5G ne sera déployée que là où il y aura de l’intérêt et plus sur tout le territoire car quel intérêt de fair l’effort si après on se fait piquer les clients et le réseau?

    Et ça pourrait être même cocasse car qui dit que Swisscom n’attendra pas qu’un autre opérateur ait atteint le 51% de couverture d’une infrastructure donnée du territoire pour demander accès à son réseau au motif que ce dernier est dominant sur la technologie.

    Cette loi ne fait que le jeux des grandes villes alémaniques car même Genève et Lausanne sont considérées par les opérateurs comme des villes périphériques, ne parlons même pas du Jura, Neuchâtel ou du Valais.

    Enfin, où est la sécurité d’approvisionnement s’il n’y a plus qu’un opérateur pour desservir une région. En cas de panne de l’infrastructure ce sera toute la région qui sera touchée, peu importe l’opérateur.

    Cette décision ne va faire qu’aggraver la situation des inégalités villes/campagnes, Suisse romande/Suisse allemande comme on le vit déjà pour les infrastructures ferroviaires où il n’y a pas vraiment de concurrence.

    Comme le dit « Jupiter », ce n’est que de la poudre de perlimpinpin pour faire oublier que malgré une concurrence « féroce » dans les caisses maladie le tout privé n’arrive pas à faire jouer la concurrence et à faire baisser les prix des primes. Mais on le sait, un abo de téléphone c’est 4 à 5 x mois cher que votre assurance maladie et c’est en baisser de 10.- votre forfait qu’on va résoudre vos problèmes d’argent

    CQFD

  7. verlaine
    08/09/2017 à 9:24

    A lire certains commentaires on pourrait croire que les lecteurs de ce blog sont tous des experts et les politiciens suisses des ploucs que se font manipuler par swisscom et autre lobbystes. Vous pensez pas que la réalité est un tout petit peu plus compliquée? Tout le monde aimerait bien avoir de la fibre à domicile avec des débits qui double tout les 18 mois, mais personne ne veut en payer le prix. Je pense que en Suisse, dans l’ensemble, on a quand même pas mal de chance, l’art du compromis fait que les choses avancent lentement, mais dans la finalité, les décisions ne sont pas extrêmes et permettent à tout le monde d’avancer.

  8. 09/09/2017 à 1:49

    Si le conseil fédéral va dans la bonne direction, c’est qu’il y a un interêt aussi !
    La confédération ne va pas se tirer un auto goal et Swisscom, derrière son jeu doit ricaner, y est gagnant aussi malgré son communiqué de presse speudo alarmiste !

    La concurrence a déjà commencé à Lausanne et Yverdon ainsi qu’au Chablais,
    enfin, ya plus qu’à attendre la disponibilité dans les autres cantons !
    Vivement que cela vienne également à Genève, une bonne raclée contre naxoo/upc et en finir avec leur monopole et obtenir d’autres concurrents voir se qu’il valent face à eux.
    Nous aurons enfin le véritable choix de son opérateur en totale indépendante quelque soit le moyen de connexion cuivre/xdsl/ftth, 4G/5G, etc…

    C’est plutôt les petits opérateurs qui vont devoir partager et pleurer et se faire éventuellement bouffer par leur partenaire upc avec MySports et à la fois grand méchant loup comme redoutable concurrent sur le long terme plus tard si ils ne trouvent pas de compromis/solution viable pour survivre face aux géants que sont upc, swisscom et sunrise pour les clients privé/résidentielle.

    Conclusion:
    Je plein bien plus le groupement des téléréseaux sous « suissedigital.ch » que Swisscom et ces partenaires sur ce coup là !
    Ce sont les concurrents qui se tire un auto goal ou un boomerang ! L’arroseur arrosé si la nouvelle loi passe !

    Chacun interprète l’information comme bon lui semble !

  9. Tricoline
    09/09/2017 à 9:39

    Ne t’en fait pas pour swissdigital.ch (ex swisscable.ch) redge 73, c’est juste un groupement de lobbyistes avec un gros dominant qui est UPC, et deux autres « groupements » (consortium, …) que sont Quickline et Netplus, le reste ce sont des mini téléréseaux qui seront mangés tout cru par un des trois ci-dessus.

    Dans quelques années Swissdigital.ch aura disparu, car ils vont se « chamailler », Netplus et Quickline vont s’associer, et nous aurons un duopole côté cablos et un autre duopole cotés telcos avec Swisscom et Sunrise avec toutefois une différence majeure, Sunrise n’a pas de réseau fixe, il dépend à 100% de Swisscom pour le « last mile », les cablos ont leur propres réseaux et louent (loueront) à Swisscom là où ne sont pas présent avec du HFC (Hybrid Fibre Coax).

    Les outsiders que sont VTX, … ect, présents sur le fixe ce sont des nains, quand à Salt sur le fixe cela sera un fiasco vu la mauvaise réputation dans le mobile.

    Sinon je crains très fortement que la Suisse passe à coté du FTTH, le nombre de ménages actuellement en FFTH ne va pas plus augmenter, voir un tout petit peu, Swisscom ayant rangé aux oubliettes le FTTH sauf gros cartiers neufs et des collaborations, assez peu et pas de nouvelles surtout, en Romandie: Lausanne, Yverdon, Gland, Montreux, Genève (en rade), sinon rien de chez rien.

    Swisscom va donc pérenniser son vieux réseaux de cuivre avec du g.fast pour améliorer ce qui peut l’être, sur des anciennes lignes cela sera parfois la galère pour les clients avec des instabilités.

    Les Cablos vont tout miser sur le DOCSIS 3.1, une évolution du DOCSIS 3.0 qui leur permettra d’offrir des débits de 500 MBit/s symétrique, ceci sans trop de soucis, les câbles coax sont très robustes aux perturbations, la fibre s’arrêtera aux amplis de quartiers ou de gros immeubles.

    Ma conclusion:
    La situation ne va pas aller en s’améliorant, et la Suisse va rater le virage du FTTH, la faute aux politiques et aux lobbystes pro cablos et pro telcos.
    Pour le mobile, les prix continueront à être élevés, le déploiement de la 5G sera très couteux (et compliqué par les oppositions) dans notre pays montagneux, et le roaming restera ruineux, nos voisins européens se moquent bien de la petite suisse…

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