Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer

Fibre optique: des parlementaires s’attaquent à Fribourg au manque de vision de Swisscom

La carte du déploiement de la fibre optique dans le canton de Fribourg.

La carte du déploiement de la fibre optique dans le canton de Fribourg.

Le torchon brûle à Fribourg entre Swisscom et le monde politique. Des parlementaires ont déposé un mandat pour demander au Conseil d’Etat de concrétiser la vision «Fribourg 4.0». En clair, ils réclament de se passer partout où c’est possible des services de Swisscom, pour favoriser une vision plus à long terme et plus stratégique en soutenant les entreprises télécoms locales, qui misent sur la fibre optique!

Rappelons que Swisscom avait provoqué un choc en annonçant la fin de sa collaboration avec les entreprises électriques fribourgeoises à fin 2016, en vue de «fibrer» tout le canton, jusqu’au sommet du Moléson! Un projet jadis exemplaire et réellement visionnaire lancé en grande pompe en mars 2009.

De subtiles manœuvres de Swisscom?

En coulisse, certains observateurs estiment que ce retrait avait été motivé par Swisscom pour renégocier les termes d’un contrat qui n’aurait pas suffisamment été en faveur des intérêts de l’ogre bleu. Quoi qu’il en soit, la lutte s’organise pour tenter de résister à l’incessant lobbyisme de Swisscom. Cela pourrait peut-être même inspirer d’autres mouvements en Suisse au moment où Salt commercialise des offres sans concurrence

Les cosignataires s’en prennent directement à Swisscom, visiblement devenu «indésirable» dans le canton. «Il est indispensable, pour garantir l’économicité du système, de fidélise de nouveaux clients. Pour cela, l’Etat de Fribourg et les entreprises semi-étatiques doivent faire preuve d’exemplarité envers les citoyens en utilisant prioritairement les services des entreprises fribourgeoises partenaires de FTTH FR», écrivaient-ils en mars.

Presque un appel au boycott!

Cette petite histoire est loin d’être anecdotique et illustre une certaine lassitude envers Swisscom, son arrogance, ses tarifs stratosphériques et certains de ses agissements parfois pour le moins indélicats. Ce qui est presque un appel au boycott de ses anciens partenaires sur la fibre optique devrait le faire réfléchir…

Par ailleurs, fondamentalement, alors que le déploiement de la 5G en Suisse est compromis, malgré certains messages rassurants des commissions compétentes du Parlement, on ne devrait peut-être pas oublier que rien ne pourra remplacer la fibre en matière de fiabilité et de développement économique durable. Carsten Schlotter l’avait compris, mais visiblement pas son successeur, obnubilé par une gestion sans vision et à très court terme.

Xavier Studer

17 commentaires pour “Fibre optique: des parlementaires s’attaquent à Fribourg au manque de vision de Swisscom

  1. Anjoco
    19/04/2018 à 6:52

    Après s’être retiré de FTTH FR, Swisscom a tenté d’enfumer les Fribourgeois avec leurs technologies à fibre optique alternatives :

    https://www.swisscom.ch/fr/about/medien/infos-et-faits/20170201-fc-ftth-freiburg.html

    Sur le site de Swisscom la page G.Fast qui nous promettait monts et merveilles a bizarrement disparue et le miroir aux alouettes s’appelle maintenant NG.Fast :

    https://www.swisscom.ch/fr/about/medien/infos-et-faits/20171019-ng-fast.html

    Des tests en laboratoire, mais sur le terrain rien de concret et plus personne en parle.  » Demain on rasera gratis ! « 

    • 19/04/2018 à 7:25

      Certains observateurs estiment que Swisscom ralentit le déploiement de la fibre pour tenter de garder entièrement la main sur le réseau fixe jusqu’au domicile du particulier…

      • Tricoline
        19/04/2018 à 7:37

        C’est exactement cela !

        Il est temps de dénoncer les mensonges de Swisscom qui annonce qu’il va fibrer tous les villages de Suisse pour 2020, alors qu’il va simplement relier les armoires de distributions des villages aux fibres de son réseau interne, mais en aucun cas la fibre arrivera dans les salons.

        G.Fast ou NG.Fast, ce sont des technologies pointues qui montent en fréquence, c’est incompatible avec des simples linges de cuivres non blindées, et bonjour les problèmes de diaphonie entre les paires adjacentes dans les conduites.

        Swisscom nous fait de l’enfumage technologique depuis qu’il a décidé de ranger au placard le remplacement du cuivre par la fibre pour le last mile.

        Il n’y a aucune vision à moyen et longe terme.

        • misenta
          19/04/2018 à 2:19

          Je vous trouve bien dur avec Swisscom et pas trop à même de juger sur le retour sur investissement de la FFTH.
          Quand Swisscom a décidé de fibrer la Suisse en FTTH, il n’y avait pas d’autre solution pour augmenter considérablement le débit, maintenant on peut atteindre des très hauts débits avec le cuivre (la fibre est quand tirée près des bâtiments) et ceci, dans un délai convenable (2021 au lieu de 2030 avec la FTTH pour équiper l’essentiel de la Suisse). Si jamais, en France il revienne en arrière à équiper le pays entier en fibre!
          Je pense que vous serez surpris dans quelques années dans les comparateurs internationaux, la Suisse sera très bien placée.
          @Xavier, peut-être il faudrait préciser que Salt utilise principalement la fibre posée par Swisscom et leurs partenaires. Salt n’a pas tirer de FTTH!
          Je pense que la décision des politiques de ne pas ouvrir le réseau des cablo-opérateurs mais ouvrir celui de Swisscom a aussi aidé à changer sa position sur le FTTH.

  2. Anjoco
    19/04/2018 à 7:11

    Un exemple de moquerie de la part de Swisscom :

    Kerzers (Chiètres) est une localité fribourgeoise de 5000 habitants où Swisscom n’est pas en mesure d’assurer plus que ça :

    Vitesse de connexion Internet :

    Débit descendant: 18 Mbit/s au max.
    Débit ascendant: 1 Mbit/s au max.

    Ni fibre, ni G.Fast ! Pour vous calmer on vous propose ‭l’Internet-Booster susceptible d’atteindre un débit jusqu’à 78 Mbit/s, mais quand tout le monde pompe sur la même cellule mobile il n’est pas difficile de comprendre que ce débit n’est qu’une vague promesse.

    • 19/04/2018 à 7:31

      Swisscom bricole son cuivre pour tenter de faire du gigabit dans un sens en négligeant l’upload, qui reste minable. Chez Salt, c’est déjà demain: 10 Gigabit en symétrique… De quoi banaliser la vie numérique moderne avec, par exemple, des backups rapides sur la toile ou de la visioconférence 4K…

      • Tricoline
        19/04/2018 à 7:44

        Un « bricolage » qui concerne tout de même 75% des raccordements du pays !

        Des articles du journal « Le Temps » mentionne 35% de FTTH en Suisse, c’est un chiffre exagéré qui inclus les raccordements fibre des cablos, hélas non ouvert à la concurrence.

        Dans quelques années la Suisse se retrouvera mal classée à l’international pour le taux de pénétration de la fibre optique dans les ménages, la faute au lobbyisme de Swisscom et à nos parlementaires en manque de visions.

      • Yannick
        19/04/2018 à 7:53

        Hier dans l’émission de la RTS On en parle, il y a eu un débat intéressant sur le débit promis vs réel, l’utilité du gigabit ect…

        Un point mentionné c’est que SALT avec ses 10Gb ne serait pas « point à point », clients central (point à point), mais que plusieurs clients peuvent se partager les « 10Gb » (point to multipoints) donc aucunement avoir 10Gb pour chaque client, c’est comme le retour sur le coaxial où les utilisateurs se partagent un débit.

        Est-ce vraiement vrai ?

        • 19/04/2018 à 7:54

          Selon Salt, ce ne serait pas le cas en Suisse puisque, sauf exception sur certains réseaux.

    • DemLuc
      19/04/2018 à 8:16

      Comment faire confiance à un opérateur qui ne répond déjà pas aujourd’hui à la demande…

    • 19/04/2018 à 8:56

      C’est assez intéressant… car parfois j’ai des limitations avec cet internet booster suivant le trafic.

      Sans compter que je compare avec mon mobile (même cellule), j’arrive au maximum avec mon mobile, mais j’ai à peine quelques MO avec mon internet. (L’antenne est à vu d’oiseau ~1km de chez moi)

      Et l’internet booster ne semble pas toujours très stable (surtout quand on télécharge une version de linux en bittorrent 😉 ).

      Bref c’est cool de la part de Swisscom d’offrir l’internet booster! Mais il y a encore beaucoup de limitations et de problèmes.

      • 19/04/2018 à 9:29

        Je l’avais et je l’ai désactivé, car il changeait l’adresse IP publique vue par mes appareils. Mon NAS (qui a un service DDNS activé) voyait l’adresse IP publique de l’Internet Booster, tandis que mon routeur Swisscom en avait une autre… Et l’adresse IP publique qu’il me faut pour DDNS est celle du routeur… Maintenant l’Internet Booster est débranché et prend la poussière.

    • Tricoline
      19/04/2018 à 9:24

      Encore pire que Chiètres, la petite commune de 1329 Bretonnières, max download 8 Mbit/s upload 0,5 Mbit/s
      Et aucune annonce d’amélioration sur le site de Swisscom, ça c’est de la double fracture numérique ☹️

  3. Ludo
    19/04/2018 à 9:29

    Swisscom a un atout de taille. Il est disponible dans tout le pays, contrairement à ses principaux concurrents.

    Ensuite, quel est l’intérêt de Swisscom à aller investir de la fibre dans les villages non rentables où ils ont le monopole ? Swiccom va investir où il y a de la concurrence, notamment UPC ou Salt.

    En clair, si les communes n’investissement pas dans le réseau, elle n’auront jamais de fibre. Comme les autorités politiques n’ont en général aucune connaissance, ni vision dans ce domaine, le risque de statu-quo (aucun investissement dans le fibre par les collectivités publiques) est très grand. Pour moi, une solution serait que le canton engage un ingénieur conseil et le mette à disposition des communes… Le canton peut aussi jouer su le levier financier pour inciter les communes à investir dans la fibre.

    En conclusion, un opérateur comme Net Plus dont les services industriels de plusieurs communes sont les actionnaires, un ingénieur-conseil mis à disposition par le canton, des incitations financières et l’encouragement aux fusions de communes constituent les bons éléments pour le développement de la fibre. En d’autres termes, il faut être proactif. Or, les communes ont tendance à être passives et à compter uniquement sur Swisscom.

    • Steven
      20/04/2018 à 9:10

      Mouais Swisscom a « investi » à Vevey il y’a 2 ans maintenant en mettant du FTTS et FTTB au rabais pour contrer UPC et don 500 Méga. Les immeubles en FTTB dont le mien est équipé de Micro-CAN en Vectoring, alors qu’on parlait déjà G.Fast. Donc je doute que d’ici 2021 ils nous changent le micro-can par du G.Fast ou mieux NG.Fast

  4. Joe
    19/04/2018 à 5:08

    Il me semble que on oublie volontiers le pourquoi du comment dans cette problématique.
    Swisscom est une entreprise qui par ses actionnaires, la confédération en particulier, est obligé à faire des bénéfices. Si le grand chef de Swisscom n’obéit pas aux directives imposées par les actionnaires on lui montrera gentiment la porte. C’est donc en premier lieu la confédération, donc nos politiciens, qui dictent et obligent le géant bleu à réduire ses couts en sacrifiant des places de travail en Suisse et l’obligent à tondre ses clients pour pouvoir garantir un dividende de 22 chf par action chaque année. La conséquence est que vu qu’il y a maintenant des alternatives plus intéressantes économiquement Swisscom a laisser tomber la fibre. Ceci est logique, pourquoi elle devrait investir a perte pour d’autres. Donc les méchant sont les (mêmes) politiciens qui maintenait s’offusque à Fribourg, mais que quand ils sont sous la coupole ordonnent a Swisscom de tondre les utilisateurs et l’obligent a maximiser les bénéfices au profit des actionnaires. Classique serpent qui se mord laque…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :