Le blog high-tech & telecom de Xavier Studer

Blocage de la 5G: les opérateurs tirent la sonnette d’alarme!

Avec la 5G, la révolution est en marche...

Avec la 5G, la révolution est en marche…

L’introduction en Suisse de la 5G, l’ultime génération de téléphonie mobile, s’embourbe. Les opérateurs sont tantôt victimes de conspirationnistes, d’autorités peu respectueuses des lois démocratiques en vigueur ou d’un vide législatif assourdissant… Ils alertent l’opinion.

Pour tenter d’illustrer ce qui risque de tourner en véritable Bérézina technologique, l’Asut, c’est-à-dire le lobby des opérateurs, rappelle que l’arrivée de la 4G s’est matérialisée par l’installation de plus de 10’000 antennes en quelques années. Pour comparaison, sur le front de la 5G, presque plus rien ne bouge depuis des mois.

Des manques criants et des obstacles de «barons» locaux

«L’absence d’aides à l’exécution de la Confédération, des directives plus strictes des cantons et des communes ainsi que des procédures d’autorisation de plus en plus retardées bloquent des investissements importants représentant, chaque année, un demi-milliard à un milliard de francs et le déploiement nécessaire de cette infrastructure de base», souligne l’association dans un communiqué.

«L’Association suisse des télécommunications (Asut) enjoint les politiques et les autorités de soutenir le renouvellement nécessaire des réseaux de téléphonie mobile et de mettre fin au blocage du déploiement et des investissements. Selon une étude de l’Union internationale des télécommunications (UIT), des pays comme la Suisse sont menacés par le fait que d’ici quelques années, ils ne seront plus en mesure de gérer plus de 60% du trafic de données mobiles», selon le même texte.

Des conditions stupéfiantes

«Les délais d’obtention d’un permis de construire en première instance pour les nouvelles installations ou les transformations nécessitant un permis ont ainsi augmenté de 37% depuis 2018 et s’étalent désormais sur plus de sept mois. Les recours jusqu’au Tribunal fédéral peuvent ensuite retarder encore la construction ou la transformation d’une installation de plusieurs années», martèle l’Asut.

Ces conditions stupéfiantes ne frappent pas tous les pays de la même manière. «Alors que la plupart des pays ont adopté les directives RF-EMF scientifiquement fondées, un petit groupe de pays, de régions ou même de villes d’un même pays, en particulier en Europe (par exemple, la Pologne, la Russie, l’Italie, la Suisse, la ville de Paris et certaines régions de Belgique), utilisent des limites qui sont 10 à 100 fois inférieures», écrit l’UIT dans ce rapport.

Un débat faussé depuis toujours

A l’heure de la mondialisation, ces différences sont surprenantes. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’en préoccuperait. «Parce que les disparités des normes dans le monde entier ont provoqué une anxiété croissante du public face à l’exposition due à l’introduction de nouvelles technologies, l’OMS a entamé un processus d’harmonisation des normes relatives aux champs électromagnétiques dans le monde entier», selon le même document de l’UIT.

Mon commentaire? Avant même ses débuts, la 5G a suscité des attentes folles chez les opérateurs qui se sont probablement trop laissé aller dans des campagnes de marketing primitives, à des années lumières d’une communication éclairée. Les telcos n’ont pas maîtrisé leur langage. Reste qu’un véritable débat d’a pas eu lieu dans l’opinion publique, notamment en raison de prises de position parfois ésotériques largement propagées.

Notre dossier complet sur la 5G

Xavier Studer

Mettre fin au blocage du déploiement et des investissements pour la 5G

8 commentaires pour “Blocage de la 5G: les opérateurs tirent la sonnette d’alarme!

  1. Alex
    13/06/2020 à 07:43

    Je trouve marrant , certains habitants des petits communes , qui crient au scandale, quand un opérateur demande une autorisation pour installer des antennes, mais ils oublient que pendant des années, ils on étaient aspergés par des produits chimiques ,et ça continue… s’ils feraient des analyses de sang , ils seraient étonnés do nombre incalculables de produits chimiques qui circule dans le sang , bc sont cancérigènes, perturbateurs endocriniens, etc,,,,alors là 5G ….
    Voici un reportage assez intéressant, je vous invite à regarder jusqu’à à la fin ,
    Merci Xavier, désolé pour le français

    https://youtu.be/5yKjD7BfnOE

  2. Albert
    13/06/2020 à 09:21

    Bonjour,

    Pour quelle raison la Suisse ne sera plus en mesure de gérer plus de 60% du trafic des données mobile dans quelques années ?

    Est-ce que l’utilisation du réseau pour faire du télétravail ou regarder des flux streamer (en particulier ces denières semaines) n’a pas démontré que le réseau 4G est encore assez robuste ?

    • 13/06/2020 à 15:48

      Remarque pertinente, mais le trafic ne cesse de se développer, notamment en raison de la consommation parfois irraisonnée de vidéo.

  3. 13/06/2020 à 09:29

    Bonjour M. Studer. Vous écrivez que les autorités sont «peu respectueuses des lois démocratiques». J’ai un point de vue différent. Il y a un an et demi, les conclusions des études NTP et Ramazzini ont trouvé des preuves — solides selon leurs auteurs — que le rayonnement de la téléphonie actuelle entraîne un risque pour l’ADN, que l’on soit utilisateur ou non. Cela ferait de la téléphonie mobile un agent génotoxique.

    Un agent génotoxique est un toxique sans seuil. Avec un toxique sans seuil, la relation dose-effet a pour conséquence une répartition aléatoire des cas de cancer, c’est-à-dire qu’avec l’augmentation des doses, ce n’est pas la gravité de la maladie qui s’accentue comme c’est le cas pour les lésions précoces, mais plutôt la probabilité d’être atteint. Cela implique aussi les environ 7000 maladies rares génétiques; 7,2% de Suisses sont touchés.

    Considérant les diverses études récentes, les autorités considèrent que «le facteur de sécurité pouvait, dans certaines situations, être plus faible que ce qui était supposé jusqu’à présent». Il semble assez cohérent que le déploiement de la téléphonie mobile soit quelque peu ralenti actuellement.

    En étudiant la cancérogénicité du benzène dans les années 1980, le NTP et l’Institut Ramazzini avaient obtenu des tumeurs très rares. La probabilité de trouver les mêmes tumeurs rares par hasard reste très faible. Le benzène a été classé cancérigène connu.

    Prenez soin de vous.

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