La 5G pour une agriculture durable en Suisse. Vraiment?

  • Post last modified:30/03/2021
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Traitement très localisé.
Traitement très localisé.

Les opérateurs télécoms mettent les bouchées doubles en matière de communication sur la 5G. Dernier épisode: «cinq partenaires associent leurs compétences en faveur d’un avenir agricole durable en Suisse»…

«Fenaco, Agroscope, la Haute École spécialisée de la Suisse orientale (OST), Sunrise UPC et Huawei unissent leurs forces pour faire avancer les technologies intelligentes dans l’agriculture suisse au moyen de la 5G. Ensemble, ils mettent en œuvre un projet pour lutter contre les adventices (mauvaises herbes) grâce à des drones et robots agricoles», écrivent les cosignataires dans un communiqué de presse commun.

Que de technologies…

«Combinée à la 5G, les technologies intelligentes telles que le cloud, le big data, l’intelligence artificielle, la reconnaissance d’images, les capteurs, les drones, la robotique et les véhicules autonomes ouvrent des possibilités d’application permettant de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires provoquée par les produits phytosanitaires», selon le même texte.

«À terme, cela conduirait à une exploitation plus respectueuse des ressources naturelles, à une amélioration du bien-être animal et à un rendement plus élevé, accompagné d’une réduction des coûts pour les agriculteurs», selon la même présentation. On a presque l’impression d’avoir trouvé le Graal!

Petite question…

«Selon la définition donnée dans le rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations unies, dit rapport Brundtland, où cette expression est apparue pour la première fois en 1987, “le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs”», écrit Wikipédia.

Et c’est là que je m’interroge. Est-ce que la montagne de matières premières nécessaires à la fabrication et au bon fonctionnement de tous ces appareils connectés au cloud très énergivore peut être considérée comme durable? Sans parler de la consommation énergétique de tous ces réseaux… tentaculaires… Parfois les équipementiers et les opérateurs télécoms devaient savoir se taire. Le silence est parfois la communication la plus agile.

Xavier Studer

5G et agriculture. présentation.

Cet article a 9 commentaires

  1. Dany

    Bah, ça remplace pas le bio…

  2. Pedro

    On s’est foutu de ma gueule ici quand j’ai parlé des vaches connectées. 🙂

    Il n’y a pas de mauvaise herbes, c’est juste un ecosystème dont les agriculteurs doivent réapprendre à cultiver sans produit chimique cela enlèvera aussi le besoin des appareils connectés triple gain. Terre saine, aliment sain et tout ça sans électronique.

    Miraculeux non ?

  3. Tricoline

    Evidement Xavier, les opérateurs et équipementiers devraient rester sur la retenue et se faire discret.
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    Cependant ce n’est pas du tout ce qu’on appris et reçu comme directives les employés de ces entreprises, leur dirigeants leurs donnent des objectifs de ventes et de développements très incisifs, la passivité n’est pas de mise, c’est un motif de licenciement, si vous n’avez pas atteint vos objectifs, c’est direction la porte de sortie.
    .
    Tant que nos entreprises fonctionneront sur les modèles et principes de la course au profit par tous les moyens possibles, rien ne changera, et dans 20 à 50 ans, la planète « explosera ».
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    La consommation des ressources tel que conçue actuellement nous propulse contre un mur à très vive allure, le freinage n’est bientôt plus possible.
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    Quand à ceux qui s’imaginent que la technologie nous sauvera du désastre ils se trompent…

  4. Rolgui

    Le mur n’a jamais été aussi proche.

    1. Je ne pense pas non. Je n’ai d’ailleurs pas dit qu’il ne fallait pas utiliser la 5G à de telles fins. Je m’interroge sur le terme “durable”, malheureusement utilisé souvent de manière inappropriée.

      De toute manière, vous citez des réactionnaires, souvent complotistes, voire obscurantistes qui sont dangereux.

      Le problème n’est en aucun cas la technologie, mais l’usage qu’on en fait. La manière de l’utiliser. Un exemple intéressant. https://www.sauvetage-faons-vaud.ch/

      PS.
      Ce blog est TOTALEMENT indépendant. Il n’est ni pour ou contre quoi que ce soit. Seule une approche scientifique de notre monde est concevable. Je constate simplement actuellement aujourd’hui des campagnes de désinformation, sans argumentation factuelle, que le grand boulevard élève au plus haut niveau de guignolerie! Pathétique.

  5. On peut certes imaginer qu’un robot puisse remplacer l’humain dans la tâche bien évidemment pénible d’ôter les mauvaises herbes. Mais pourquoi vouloir à tout prix déporter l’intelligence dans le cloud, systématiquement ? Ca demande énormément de trafic de données, alors qu’une intelligence embarquée pourrait prendre 99% des décisions. Et pour le 1% restant, le réseau actuel LTE suffirait (il a été prévu pour être évolutif !). Ou alors, si vraiment certaines utilisations demandaient davantage, on pourrait équiper juste cette zone agricole en réseau rapide 5G. De fait, il y a un problème lié à la construction de ces robots car ça consomme des ressources précieuses et c’est bien là le problème, sans compter son recyclage futur. Mais un tel robot va coûter cher, et il serait raisonnable d’avoir un système de location, un peu comme ça se passe avec les grosses machines genre moissonneuses-batteuses.

  6. Jean-François Rolaz

    Bonjour Monsieur Studer.

    Je trouve votre article intéressant et il met en lumière des problématiques que les opérateurs et équipementiers ne pourront pas ignorer.

    Ces questions environnementales ne peuvent pas être dissociées des bénéfices apportés par les nouvelles technologies.

    C’est d’ailleurs toute la difficulté de faire un bilan « développement durable » sur beaucoup de thématiques.

    Il est essentiel de bien mettre à plat toute la chaîne de production, de l’extraction des matières premières au recyclage et l’élimination des différents composants. Les composantes humaines et environnementales sont donc des critères qui devront dicter nos choix à l’avenir. Les équipementiers auront principalement la responsabilité liée à la production et les opérateurs devront attacher de l’importance à la gestion des ressources nécessaires aux besoins des réseaux. Ils pourront également être des acteurs importants dans la chaine du recyclage.

    Il restera néanmoins au consommateur la responsabilité de choisir les éléments « essentiels » en tentant d’éliminer les gadgets inutiles (choix pas toujours facile et possible).

    Notre société et les réseaux sociaux cherchent souvent un coupable sans avoir le courage (et probablement le temps et les connaissances) de développer un sujet de manière complète.

    Cela dit, dans l’objet de votre article, on retrouve à peu près les mêmes problèmes entre la comparaison voiture thermique et voiture électrique.

    Cette comparaison a été très bien illustrée dans le magnifique film documentaire « A contresens » de Jonas Schneiter, journaliste à la RTS et Marc Muller, ingénieur.

    En quelques mots, si la voiture électrique a également un impact écologique non négligeable, il est déjà notablement plus bas que celui de la voiture thermique. Cette mobilité électrique va encore fortement évoluer mais elle dispose déjà d’atouts majeurs: un rendement très élevé et la possible production locale d’énergie renouvelable.

    Et contrairement aux idées reçues, les accumulateurs qui sont la cible d’attaques récurrentes, sont relativement facilement recyclables et ne contiennent pas de terres rares.

    Pour revenir à l’objet de votre article, il m’aurait semblé judicieux de mettre en relation l’utilisation et l’entretien d’un tracteur et sa consommation horaire, l’épandage de traitement à l’hectare aux mêmes éléments d’un robot électrique avec en plus sa consommation de données sur le réseau.

    Petite parenthèse: le dimensionnement des infrastructures de télécommunication ne va être impacté que d’une manière infime par les applications du domaine agricole.

    Alors oui, vous avez raison, il faut absolument avoir la vision du développement durable pour tous les sujets sociétaux car à ce jour, nous avons la connaissance du problème et ne pouvons plus ignorer les conséquences de nos actes.

    Pour ma part, je perçois dans ces nouvelles technologies et notre récente prise de conscience, une nouvelle ère passionnante et à terme, une diminution non négligeable de l’impact écologique par habitant.

    Jean-François Rolaz

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