
Les agents d’intelligence artificielle (IA) capables de traiter les documents d’un écosystème, comme le nouvel agent de Google, se multiplient. Désormais, que ce soit Perplexity Computer, Claude Cowork ou Google Gemini, ces systèmes sont capables de traiter une grande partie de nos données personnelles sur nos ordinateurs. Une fatalité?
Cette intrusion au cœur de notre intimité, c’est-à-dire dans nos répertoires, courriels et documents, pose la question centrale de la confidentialité de nos informations numériques. Devons-nous accepter de livrer tous nos fichiers à ces géants technologiques? Cette situation n’est-elle pas une fatalité?
Le danger de l’informatique en nuage
Le problème majeur réside dans le transfert systématique de nos fichiers vers le nuage, c’est-à-dire les serveurs distants de ces multinationales. Comme le rappellent souvent les différentes autorités nationales en charge de la protection des données, confier ses informations sensibles à des tiers expose l’utilisateur à des risques majeurs.
Les grandes entreprises promettent des chiffrements robustes, mais les fuites de documents confidentiels continuent de se multiplier. Accepter de livrer l’intégralité de sa vie numérique ou les secrets d’une offre pour les entreprises à ces plateformes semble donc une option particulièrement risquée. Le risque d’espionnage ou de fichage à large échelle sont bien réels.
La solution du code source ouvert
Face à cette menace, les intelligences artificielles à code source ouvert offrent une alternative crédible, à l’image du projet OpenClaw. Ce type de système démontre qu’il est possible de traiter les requêtes directement sur la machine de l’utilisateur, de manière totalement locale, pour autant qu’on fasse ce choix.
En conservant les calculs sur le propre appareil de l’internaute, aucune information ne voyage sur le réseau mondial. Si les Européens Mistral AI, Lumo de Proton ou Euria d’Infomaniak ne proposent pas forcément directement d’agent grand public, ils fournissent des services d’IA théoriquement plus respectueux de la vie privée.
Une adoption probablement inévitable
Faire fonctionner ces algorithmes localement exige cependant des composants informatiques de pointe, ce qui limite encore leur démocratisation. À l’inverse, les assistants intégrés dans le nuage par les géants d’internet promettent une simplicité d’utilisation déconcertante et des résultats immédiats.
C’est là que le bât blesse, car une fois que ces agents auront démontré leur totale fiabilité, le gain de temps sera tel que leur utilisation deviendra une véritable fatalité. La commodité d’usage finira probablement par l’emporter sur la prudence, au grand dam de la protection de notre sphère privée…
Xavier Studer
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