Sunrise, Swisscom et Infomaniak: la bataille de l’IA suisse

  • Dernière modification de la publication :11/05/2026
  • Commentaires de la publication :3 commentaires
La guerre de l'IA fait rage en Suisse.
La guerre de l’IA fait rage en Suisse.

L’intelligence artificielle (IA) devient une infrastructure hautement stratégique pour les sociétés helvétiques. Sunrise et Phoeniqs viennent de signer un partenariat pour proposer une intelligence artificielle souveraine destinée aux offres pour les entreprises.

Cette solution est entièrement développée, hébergée et exploitée en Suisse, sans aucun transfert de données vers l’étranger. Elle s’adresse particulièrement aux secteurs très réglementés, comme la santé ou la finance, où la protection des informations est une priorité absolue, selon leur communiqué de presse.

Swisscom et son assistant virtuel

L’opérateur historique Swisscom propose des solutions similaires avec son propre assistant virtuel, comme l’indique sa communication. Les données de cette plateforme sont également stockées et traitées directement dans les centres de calcul de l’entreprise sur le territoire national.

Le géant bleu déploie une approche modulaire permettant aux sociétés de choisir différents outils d’analyse de texte selon leurs besoins spécifiques. Cette souplesse vise à garantir un contrôle total des informations sensibles, tout en s’appuyant sur des technologies éprouvées du marché.

Infomaniak joue la carte des modèles ouverts

De son côté, l’hébergeur genevois Infomaniak propose depuis un certain temps sa propre solution dans son nuage informatique, comme annoncé ici. Intégrée à ses outils, elle garantit un traitement local des requêtes sans aucun enregistrement de l’historique des utilisateurs.

Infomaniak se démarque aussi en misant fortement sur des modèles ouverts, c’est-à-dire des logiciels dont le code de programmation peut être vérifié librement par tous. Le Genevois se distingue ainsi par une approche transparente qui renforce la confiance des clients soucieux d’une totale indépendance, tout en faisant de grands efforts pour l’environnement.

Xavier Studer


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Cet article a 3 commentaires

  1. Ludo

    Merci pour cet article qui soulève un enjeu stratégique majeur. Une couche d’analyse mérite cependant d’être ajoutée : héberger en Suisse ne suffit pas à garantir une vraie souveraineté numérique.

    Le point aveugle de toutes ces solutions — Infomaniak, Swisscom, Sunrise — c’est que les GPU qui font tourner ces IA viennent quasi exclusivement de Nvidia, entreprise américaine soumise aux lois d’export de Washington. Ce levier existe et a déjà été utilisé contre la Chine. La Suisse n’est pas structurellement à l’abri d’une telle pression — surtout quand la politique commerciale américaine se décide désormais à coup de tweets à 3h du matin par un animateur de téléréalité aux cheveux improbables, dont la prévisibilité rivalise avec celle de la météo en montagne.

    Même chose pour les modèles : Llama vient de Meta (Zuckerberg), Qwen d’Alibaba. Open source, certes — donc pas de relation contractuelle directe — mais auditer des milliards de paramètres pour détecter des backdoors reste quasi impossible en pratique.

    Dans ce contexte géopolitique pour le moins instable, présenter ces solutions comme pleinement souveraines relève davantage du marketing que de la réalité technique.

    La vraie question stratégique — que Marc Oehler lui-même soulève — c’est : quand l’Europe, et la Suisse en particulier, investira-t-elle sérieusement dans l’entraînement de ses propres modèles fondateurs ? Le projet Apertus des EPF est un début prometteur, mais restons lucides : coller un drapeau suisse sur un GPU qui fait tourner du Llama, c’est de la souveraineté numérique de façade.

  2. Nico

    Dommage, vous ne parlez pas de Lumo (Proton).

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