
Après une mise en marche plutôt positive de Google Health, soit Google santé en français, j’ai poursuivi mes expérimentations. Après avoir eu pour la première fois l’impression d’avoir affaire à un véritable coach sportif avec le redoutable Google Fitbit Air, voici le test multimédia d’un service qui pose de bonnes bases…
Pour commencer, il faut souligner que j’ai eu le privilège de tester la version Premium (payante) : on a une intelligence artificielle (IA) qui «analyse» notre activité en continu, presque en temps réel. Tout cela en fonction de différents facteurs, notamment la météo ou les activités sportives ou non effectuées la veille. Attention, l’abonnement revient ensuite à environ neuf francs par mois.
Une application réussie
Avant d’aller plus loin, passons en revue l’application qui s’articule autour de quatre onglets: «aujourd’hui», «forme», «sommeil» et «santé». C’est dans le premier onglet avec la version premium que l’on obtient des analyses de son activité et de son sommeil. Généralement, ces analyses sont plutôt convaincantes. Et en cas de doute, on peut dialoguer avec un «coach virtuel».
Dans «forme», on retrouve des enregistrements automatiques de ses différentes activités, notamment celles observées par le Fitbit Air. Et là, il faut souvent corriger ces entrées. Il suffit de faire une pause un peu longue et sa séance de vélo est coupée en deux. De même, certaines séances de natation (brasse) sont perçues comme des entraînements sur rameur.
Un suivi très précis du sommeil
L’onglet sur le sommeil propose les informations qui me semblent les plus réussies. Google est capable de proposer des graphiques et des analyses qui généralement correspondent bien au ressenti avec des conseils, notamment pour réussir la journée qu’on a devant soi. Parfois, il donne des indications pertinentes sur la manière de gérer ses efforts.
Enfin, l’onglet «santé» fourmille d’informations très intéressantes. Par défaut, on trouve la fréquence cardiaque du moment mesurée par son Fitbit Air, mais aussi l’historique jour par jour de la variation de ses pulsations. Il est aussi possible de trouver sa charge cardiaque, sa fréquence au repos et des informations plus techniques, comme le SpO2.
Il est même possible d’obtenir une estimation de son VO2 max, c’est-à-dire, en gros, la quantité maximale d’oxygène que le cœur, les poumons et les muscles sont capables d’absorber, de transporter et d’utiliser en une minute lors d’un effort physique intense. Comme chez Polar, ces estimations semblent un peu flatteuses.Dans mon cas, les estimations se sont révélées supérieures d’environ 10 % aux mesures obtenues en laboratoire.
Un vrai coach?
Revenons au clou du spectacle: le «coach virtuel» intégré dans cette application. Cette IA interprète chacune de vos activités pendant les différents moments de la journée, notamment le matin. Elle donne des conseils en fonction des données auxquelles elle a accès, notamment la qualité du sommeil de la nuit précédente ou l’intensité de son exercice. Mais que valent vraiment ces indications?
D’autant plus qu’il est même possible de poser des questions à ce coach pour obtenir des conseils personnalisés. Comme je l’ai déjà écrit, il faut toujours avoir un œil critique sur des informations ainsi générées, même si certains conseils, notamment par rapport à son volume d’entraînement ou son sommeil, sont pertinents.
Un vrai problème de données…
Malheureusement, j’ai trop souvent observé des interprétations erronées. Par exemple, ce coach m’a indiqué que la fin de ma marche digestive du soir avait été plus dure, puisque mon rythme cardiaque s’était élevé. Je lui ai simplement fait observer que j’ai terminé ma petite marche par une petite montée… Il a pris acte…
Dans la même veine, il est possible de recevoir des notifications si son cœur bat trop vite ou trop lentement. A la fin d’une nuit, ce coach m’a signalé une valeur inférieure à 50 pulsations, pensant que j’étais en activité (j’ai fait un bref passage aux toilettes) alors que je venais de me recoucher, ce qui expliquait cette valeur…

Des informations mal utilisées
De manière générale, obtenir beaucoup de données, c’est bien, mais faut-il encore savoir les interpréter… Bien que Google ait accès à mes informations de localisation, par exemple, Google Health m’a d’abord félicité samedi pour un exercice en vélo d’appartement, alors que dans Maps, mon petit parcours en extérieur a été correctement enregistré…
Bien que Google ait aussi accès à mes parcours à vélo grâce aux enregistrements Polar, il ne sait pas les utiliser. Lorsqu’on lui demande de corriger, il le fait imparfaitement. Il faut donc s’y reprendre à plusieurs reprises pour que l’IA Gemini corrige les interprétations de ce coach qui donne l’illusion d’être un vrai interlocuteur…
Les limites des meilleures IA
Ces exemples le démontrent encore une fois. Avec Gemini, Google propose une des meilleures IA du moment. Mais même avec ses capacités de calcul, la quantité de données dont le géant dispose, le constat est sans appel: ce coach n’est que virtuel et n’est pas un vrai coach. En fait, le vrai coach est l’utilisateur qui doit prendre ces indications avec toute la distance nécessaire.
Enfin, pour terminer, je le redis. Il faut une confiance certaine en Google pour lui confier l’enregistrement de nos pulsations cardiaques 24 heures sur 24. Et on ne parle pas des autres paramètres de santé qu’on peut lui céder; jusqu’à son dossier médical complet, une fonctionnalité limitée aux Etats-Unis actuellement. Et on ne parle pas de nos déplacements, de nos courriels et de nos documents.
Cela dit, je n’ai jamais eu à m’en plaindre jusqu’ici. Au final, précisons encore que Google Health est une application particulièrement bien pensée, même si elle souffre de quelques maux de jeunesse. A suivre avec la plus grande attention!
Xavier Studer

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Intéressant, mais cher pour des informations fausses, non?