Les pannes à répétition de Swisscom illustrent notre dépendance aux télécoms…

  • Post last modified:20/02/2020
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Swisscom encore en panne? Le mythe a du plomb dans l'aile...
Swisscom encore en panne? Le mythe a du plomb dans l’aile…

Chacun y va de son petit commentaire assassin suite aux multiples pannes de Swisscom. De nombreux commentateurs estiment impardonnable la paralysie des services d’urgences et le politique veut faire toute la lumière… En fait, ces dysfonctionnements soulignent le caractère stratégique des télécoms dans notre société et notre immense dépendance aux réseaux…

Sans fixe ou sans mobile, on est vite perdu… Pas d’accès à l’information, pas d’accès aux secours, pas d’accès à de multiples services, dont ceux du commerce en ligne. A l’heure où d’aucuns mettent en cause les réseaux 5G, force est de constater combien nous avons besoin des opérateurs télécoms…

L’image de Swisscom se dégrade lentement, mais sûrement

Des opérateurs qui parfois souffrent d’une mauvaise image ou sont presque idolâtrés comme Swisscom. Alors on s’indigne: Swisscom en panne? Quel scandale! Inamissible. On touche presque aux valeurs nationales alors que pendant ce temps, Twint, vous débite votre compte bancaire sans votre assentimentQuand il fonctionne. Moins grave? Sur la toile, on s’interroge…

Sans les réseaux de Swisscom, Sunrise, UPC ou Salt, notre société de l’information s’écroule. Notre quotidien s’effondre et nous sommes rapidement amenés à faire du sur-place, à l’image de ce qui se produit quand les services informatiques d’une entreprise dysfonctionnent… Sans télécoms, pas de société de l’information…

Une dépendance stratégique…

Cette dépendance est telle, qu’Urs Schaeppi, patron de Swisscom, n’a pas hésité à qualifier ces épisodes d’inamissibles et se mettre en cause lui-même. En effet, jamais nous n’avons profité d’autant de technologies, mais peut-être jamais n’avons-nous autant été exposés à de tels risques en raison probablement d’une certaine fragilité du numérique par rapport à l’analogique… Pensez à ces vénérables téléphones noirs…

Dans ce contexte, la réaction du patron de Swisscom a été une bonne chose. Le géant bleu veut montrer qu’il prend toute la mesure de ces pannes et veut faire le nécessaire pour qu’elles ne se reproduisent pas; c’est bien. En pleine guerre de l’information, pensez au match Trump-Huawei, on peut toutefois se demander où sont nos limites…

Xavier Studer

Cet article a 16 commentaires

  1. Roberto

    Quand on voit les tarifs de Swisscom, ces pannes sont inadmissibles!

  2. J’économise Fr. 130.00 par mois en passant chez Salt Fiber et n’ai pas subit de panne.

  3. Anjoco

    Quand on veut économiser sur les têtes de spécialistes qualifiés et compétents pour engraisser la direction et le conseil d’administration avec la bénédiction du Conseil fédéral il ne faut s’étonner de plus rien concernant les pannes à répétitions de Swisscom.
    Pareil aux CFF, plus la direction s’enrichît et plus le personnel souffre et plus de trains sont supprimés ou en retard.

  4. Ludo

    Le fait que les services de secours soient inatteignables est inadmissible et dangereux. A St-Gall, ils ont été capables de migrer sur le réseau de Sunrise pour rester atteignable. Preuve que certains sont mieux organisés que d’autres…

    Quant aux paroles du CEO de Swisscom, ça me fait bien rire. Swisscom est une entreprise qui fait d’énormes bénéfices, mais n’hésitent pas à licencier pour conserver ses énormes bénéfices et payer grassement les actionnaires (au lieu d’investir cette somme dans l’entreprise). On voit le résultat de cette politique.

  5. julmo

    Je trouve que ça illustre aussi le fait que on s’apprête à être forcé à acheter des nouveaux avions de combat alors que on a même pas un système d’urgence avec un backup alors je propose qu’on n’oublie l’achat des avions et qu’on investisse un peu plus dans les télécoms et dans la sécurité informatique

  6. yxcdewqa

    J’ai sourtout trouvé innacceptable que Swisscom me refuse un dédommagement pour le dérangement de mardi de la semaine passée. J’étais en plein travail, j’étais coincé, je ne pouvais rien faire… Au téléphone, ils m’ont dit “Le dérangement n’était que d’une heure alors cela représente que quelques centimes au pro rata”… Sérieux!? C’est vraiment du fourage de gueule, client services internet-tv depuis 10 ans et c’est juste “ferme ta gueule et paie”.. J’ai demandé une offre de prolongation 6 mois à moitié prix, refusé également

    1. Joe

      Bon ça s’est normal. Vous avez le libre choix du operateur, vous n’êtes pas obligé de rester chez Swisscom. Seul bemol, vous trouverez aucun operateur qui va vous garantir des dédommagement. Mais vous pouvez toujours fonder une société telecom et proposer des dédommagement a vos client en cas de panne. Bonne chance.

  7. Nathalie

    Merci pour cet article Xavier,

    J’espère que ces pannes ne deviendront pas monnaie courante, car on peut sentir que le réseau des télécoms est actuellement poussé dans ses limites, car toujours plus sollicité. En un sens, cela me fait penser au réseau CFF. La 5G aidera-t-elle? Peut-être. Du moins jusqu’à qu’elle soit elle-même saturée.

    Mais lorsque les numéros d’urgence sont également affectés, on peut effectivement se poser la question si le fait de tout baser sur le numérique a été le bon choix dans nos sociétés modernes (ceci est aussi valable pour les autres pays). Ne serait-ce que pour la sécurité de nos aînés, ou en cas de cyber-attaque de large ampleur. Conserver l’analogique pour faire face aux situations d’urgence ou de sécurité nationale était-il un si grand luxe financièrement?

    Au-delà du problème des numéros d’urgence, le fait qu’on se sente presque totalement désemparés (ou très agacés) sans connexion durant quelques heures, amène une réflexion de l’ordre philosophique.

    Il y a quelques semaines, j’ai fait quelques tris et rangements chez moi. Et après mure réflexion, j’ai gardé tous les bouquins, romans, guides et diverses encyclopédies, certains datant de plus de 20 ans (et c’était avant les pannes de Swisscom que j’ai fait ce tri!), en me disant que dans le cas d’une panne généralisée qui se prolonge sur plusieurs jours (voire plus), on serait bien contents de les avoir pour passer nos longues soirées au coin du feu.

    Ceci dit avec un peu d’humour, certes. Mais on n’est pas à l’abri. Sommes nous encore capables de survivre sans Internet? Le web est une source d’information et d’échange plus que fantastique! Je ne voudrais pas y renoncer! Mais faut-il vraiment absolument tout baser là-dessus?

    Cela fait des années que la plupart d’entre nous ne sommes pas allés au guichet d’une banque ou de la Poste. Bien ou pas bien?

    Heureusement qu’on s’efforce encore de conserver la presse au format papier (mais pourrait-on encore imprimer un journal si internet est down sur plusieurs jours?)

    Bonne lecture et belle journée ensoleillée à tous 🙂

  8. Jerome

    Les produits télécom (en tant que connectivité) sont devenus une commodité, le même service partout avec des différences de prix minimes… et donc des marges très réduites.
    Les meilleures marges se retrouvent dans les services à valeur ajoutée, chez les fournisseurs de contenus, etc. qui ont tous besoin d’une connectivité de base – cette fameuse dépendance – pour fournir leurs services (cf. Netflix, services Cloud). De nombreux opérateurs s’orientent vers ces produits.
    Le problème n’est pas donc forcément que cette dépendance existe, car si un service est vital pour vous, doublez-le, mettez des redondances, prévoyez un réseau de secours. Mais si le nombre de fournisseurs de ces services de base diminue, comme c’est le cas actuellement, ça limite énormément les possibilités d’atténuer la dépendance à un acteur ou un service.

    1. Nathalie

      Merci pour votre réponse Jerome,

      Pour vous dire la vérité, j’ai deux FAI chez moi. Swisscom (TV, Tél, Internet) et aussi la fibre optique de VO-énergies. C’est une vieille histoire: suite à un déménagement à Yverdon, les 12Mbps du DSL de Swisscom ne me suffisaient pas dans le cadre de télétravail par VPN. Et le VPN plantait à mon nouveau domicile, alors qu’avant avec UPC et aussi depuis chez une collègue à Sion, pourtant aussi chez Swisscom, aucuns problèmes! J’ai fait un IP-tracert, et on voyait que ça plantait sur un serveur vers Bâle. Swisscom n’a rien voulu savoir malgré la documentation que je leur ai envoyée, captures d’écran à l’appui, etc. Mais mon poste de travail était en jeu. J’ai contacté le service des énergies à Yverdon, et impossible d’avoir UPC à mon adresse (centre de la vieille ville). Par contre ils m’ont proposé de me connecter au réseau de fibre optique de la ville, en principe réservé aux administrations et entreprises. C’est un réseau totalement indépendant, et seulement pour internet (pas de pack tout inclus Tél./TV).

      Maintenant la situation est différente, d’une part je n’ai plus ce job et d’autre part Swisscom a installé la fibre optique à mon adresse. Toute la ville d’Yverdon a été installée avec la fibre ces dernières années, plusieurs opérateurs sont disponibles sur ce réseau, mais c’est Swisscom qui l’a déployé physiquement et qui le gère, comme le fameux last mile à l’époque (ils ont les infrastructures pour ce faire, contrairement à la plupart des autres opérateurs, ils faut dire ce qui est…). Et j’ai maintenant une super connection de 1 Gbps! Et je suis très contente de cette fibre de Swisscom.

      Je pourrais donc résilier maintenant la connexion VO-énergies. Mais j’hésite franchement. Car en cas de panne Swisscom, en principe VO-énergie n’est pas affecté. Par contre j’ai entendu que de toute façon ce réseau assez spécifique allait être démantelé à terme.

      Mais moi, ce qui me fait peur, c’est plutôt une giga-panne touchant plusieurs pays, voire mondiale. Et touchant tous les opérateurs. En raison de catastrophes naturelles, ou de cyber-attaques, etc.

      Comme vous le laissez entendre, il ne faudrait pas mettre tout ses œufs dans le même panier, mais c’est pourtant ce qu’on fait au niveau du protocol IP. Tous les différents acteurs, à tous les niveaux, en dépendent. A part les trucs genre ondes radios. Mais une station radio peut-elle encore émettre si une partie de ses outils de gestion dépendent d’une connexion internet?!

      1. Cédric

        Pas besoin d’avoir peur d’une panne à l’échelle mondial, car internet à été conçus justement pour faire face à ce genre de problème.
        Internet est en ensemble de réseau décentralisé.
        Le problème c’est que swisscom c’est d’avoir tout mis sur un même réseau c’est la convergence.

        Après le problème n’est peut être pas internet, mais ce qu’on en fait à tout centraliser (google avec gmail, map … Facebook, Whatsapp, telegram signal …) si une de ces compagnies tombe en panne ben voilà, tandis que le bon vieux email fonctionnera toujours (si gmail tombe ça m’impactera pas forcément, je pourrai toujours lire mes email, même si mon serveur principal d’email tombe je pourrai toujours en recevoir en allant les chercher sur mon backup mx).

  9. misenta

    D’après ce qui a été dit, les numéros d’urgence ont une redondance mais qui n’a pas fonctionné!
    Donc, vouloir tout externaliser pour rester compétitif (concurrentiel) et faire confiance à des entreprises externes (souvent étrangère) pour numériser le réseau et espérer qu’elles ont une culture du service…L’important pour ces entreprises est de vendre un maximum de produits, le reste…

  10. afterburner

    Ce qui me rend dubitatif, c’est de penser que le réseau internet est sensé résister aux attaques nucléaires, car il repose sur une structure en toile d’arraignée (Worl Wide Web). Je veux bien que des pannes locales soient admissibles (encore que si on accepte la responsabilité des services d’urgences on doit réfléchir à la résilience des structures locales également) mais là on ne peut plus parler de pannes locales. Si il faut se mettre d’accord sur ce qu’on appel ‘local’ je dirai que c’est une cellule de la toile d’araignée. Et il semble bien que le problèmes soit là: A vouloir économiser pour se mettre le plus de marge possible en poche (et dieux sait si ces marges sont indécentes en Suisse) on crée des cellules si grande qu’on a l’impression qu’on en a, disons, trois pour tout le pays. Et ainsi notre grande régie a réussi à détruire le coeur du système internet par avarice et incompétence calculée

  11. Pedro

    Internet bien utilisé est la nouvelle bibliothèque d’Alexandrie donc ce serait vraiment dommage de s’en passer ou de la couper. Et comme la bibliothèque disparue, on perdrait énormément de connaissances si Internet venait à disparaître en perdant des années d’évolution. La machine à vapeur avait été inventé bien avant qu’elle soit réellement utilisée mais oubliée.

    Ce qui est juste dommage, c’est qu’Internet est souvent mal utilisé tant par certains utilisateurs que par certaines entreprises et la population ne se rend pas compte de tout ce qu’on y trouve. On peut avoir autant même plus de connaissances qu’en passant des années à l’école.

    Il faut penser aux personnes âgés pour les guichets et à nous quand on sera aussi âgés 🙂
    Les guichets doivent rester et l’argent papier/plastique aussi car il y a trop d’argent en jeu sur l’argent numérique malheureusement. Allez voir l’évolution du prix de l’action de Mastercard et Visa vous comprendrez ce dont je parle 🙂

    Pour la presse papier, le numérique n’est pas si mal car moins d’arbres abattus, pas d’encre toxique utilisé et moins de coût en transport par contre l’appareil qui permet de le lire devrait rester durable.

    1. Nathalie

      Merci pour ce très bon commentaire Pedro, oui le web est une source d’information absolument exceptionnelle, on peut y apprendre pratiquement tout ce que l’on souhaite.

      C’est pour ça qu’il faut veiller sur ce bien précieux, faire attention qu’il soit suffisamment sécurisé. Et en gardant tout de même un minimum d’infrastructures “classiques” en parallèle, au cas où (…), et pour nos aînés aussi. Et comme vous le dîtes si bien, pour nous aussi quand on sera vieux. Car on perd nos moyens. Mon père qui a bientôt 80 ans était un pionner de l’informatique avant que Microsoft n’existe, à l’époque où les ordinateurs était plus grands qu’un congélateurs! Il a maintenant de gros problèmes de santé et de mémoire, et il ne touche plus le puck comme on dit. C’est moi qui m’occupe de son pc, ses e-mails, de sa connexion internet, etc. Alors qu’il avait fait l’école supérieure d’informatique de gestion et écrit les premiers programmes pour faire tourner une cimenterie! C’est bien triste.

      Et cela démontre que ce n’est pas parce que les générations actuelles sont nées avec le web et les smartphones qu’elles ne seront pas dépassées en étant âgées. C’est pourquoi il faut s’efforcer de garder les choses simples et fonctionnelles, même si on se dirige vers le tout connecté.

      Il m’arrive d’ailleurs parfois de me demander à quoi ressemblera la technologie dans 30 ans, au vu du développement qu’on a connu ces dernières décennies! 🙂

  12. Estève A.

    ..La téléphonie analogique était indépendante du courant électrique et ne tombait jamais en panne!

    En cas de crash généralisé on ne s’en sortira (peut-être) qu’avec des signaux de fumée… A.

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