Malgré son échec stratégique, Sunrise a signé une bonne année 2019

  • Post last modified:28/02/2020
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Le marketing de Sunrise: mégalo, il repeint la Suisse à son image. Trompeur, il efface les voies de communication… Prudence.
Le marketing de Sunrise: mégalo, il repeint la Suisse à son image. Trompeur, il efface les voies de communication… Prudence.

La lecture de l’exercice 2019 de Sunrise est fortement complexifiée par l’abandon de l’absorption d’UPC et de ses conséquences financières. Encore une fois, il semble plus pertinent de se concentrer sur la lecture des résultats opérationnels les plus basiques pour tenter d’y voir clair…

On laissera donc de côté les délétères conséquences de l’échec UPC sur le bénéfice du challenger suisse des télécoms pour constater que le chiffre d’affaires progresse globalement entre 0,5 et 3,3% entre fin 2018 et fin 2019, selon la grille de lecture proposée. Plutôt une belle performance dans le marché actuel assez concurrentiel, marqué par les assauts de Salt, notamment…

Une bonne dynamique

D’ailleurs, il est symptomatique de constater que Sunrise gagne des clients sur tous les segments. L’opérateur engrange par exemple 95’000 cartes SIM supplémentaires (prépayées ou non) sur 12 mois, 34’000 raccordements fixes, 29’000 sur internet et 35’000 abonnements TV. Une sacrée dynamique qui doit laisser songeur UPC, grand perdant de 2019

En y regardant de plus près, on constate que même en passant de nombreux clients du prépayé à des formules sur abonnements et en gagnant près de 100’000 sésames, Sunrise ne parvient pas à gonfler son chiffre d’affaires sur ce segment en raison de la pression sur les prix actuelle. Sur les services de téléphonie fixe, ses ventes reculent même de 5,7%, mais progressent de 10% sur l’internet fixe, selon les résultats publiés sur internet. Pas mal!

L’effet négatif de Federer

«Notre solide performance pendant l’exercice 2019 confirme notre stratégie en tant que challenger de qualité: Sunrise a donné le ton, gagné des parts de marché, remporté des distinctions pour sa qualité. Nous avons maintenu nos excellentes performances malgré un environnement compétitif et poursuivrons notre croissance durant l’exercice 2020», estime le CEO André Krause. Vraiment?

Espérons pour Sunrise qu’il ne s’agisse pas d’une victoire à la Pyrrhus. En effet, son réseau reste très perfectible en Valais ou le Jura, par exemple. Et son service client, lorsqu’il est ouvert (…), ne brille pas lorsque les cas sont légèrement plus complexes. Enfin, avec Federer, Sunrise se soucie trop de son image et de ses résultats financiers pour pouvoir se concentrer pleinement sur son cœur de métier: fournir des services télécoms de qualité.

Vous ne me croyez pas? Comment peut-on augmenter le dividende par action de 5% alors que le bénéfice net recule de 48%, certes en raison d’éléments exceptionnels, mais grandement évitables… En effet, cette chute est à mettre sur l’incompétence du couple Conseil d’administration-direction visiblement incapables de s’entendre… avec le principal actionnaire… Etonnant, non?

Xavier Studer

Tableau complémentaire aux résultats de l’exercice 2019

 

Chiffre d’affaires (en millions de CHF)

2018

Hors IFRS 16

2019

Y compris IFRS 16

2019

Hors IFRS 16*

En glissement annuel

Y compris IFRS 16

En glissement annuel

Hors IFRS 16

Services mobiles

1271

1271

0,0%

Services de téléphonie fixe

325

307

(5,7%)

Internet fixe

280

309

10,2%

Chiffre d’affaires total

1876

1887

0,5%

Chiffre d’affaires des services (total, hors hubbing et matériel)

1501

1551

3,3%

Marge brute

1219

1252

1252

2,7%

2,7%

EBITDA

602

588

544

(2,4%)

(9,7%)

EBITDA ajusté

601

668

624

11,2%

3,9%

Résultat net

107

56

59

(48,0%)

(44,9%)

Flux de trésorerie disponible sur fonds propres

149

(22)

(114,8%)

* IFRS 16 n’influence pas le chiffre d’affaires

 

Cet article a 4 commentaires

  1. Jean-Marc Badertscher

    Le marketing de Sunrise, c’est zéro pointé, mais bon ce n’est pas un cas isolé, tout comme Aldi qui utilise une photo de vignoble du Lavaux pour faire de la promo de vins … italiens.

    1. Georges Bassdino

      Ecsusez moi, mais je ne vois pas le rapport entre une transaction qui n’a pas abouti et du Marketing. En dehors d’une perte de 124 millions que Liberty Glibal va encaisser, les stratégies Sunrise portent leurs fruits et Sunrise reste stable, en dehors de son échec avec le rachat UPC, il n’y a vraiment pas à remettre en cause Sunrise.

  2. Polo

    Apparement ce cher Jean-Marc Badertscher n’a rien compris, et il devrait relire l’article à la place de balancer des âneries !

  3. prisca

    Je vous apprécie bien Polo. Vous m’avez fait sourire. Bonne soirée (un ancienne de Sunrise)

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